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Par Hassina AMROUNI, mar 2013.

Ils ont présidé l’Algérie depuis l’an 215 av. J.-C.

Histoire d’Algérie

L’Algérie millénaire a vu se succéder à sa tête des hommes qui ont été les premiers artisans de cet Etat-nation algérien moderne. Tous ces dirigeants symbolisent à eux seuls les événements passés et représentent, aujourd’hui, une source documentaire incontournable vu le rôle qu’ils ont joué tout au long de l’histoire de ce pays.

La datation a commencé à partir du roi Madghassen, roi numide dont la réputation a traversé les âges. Malheureusement, peu d’informations autour de ce roi nous sont parvenues, excepté le fait qu’il ait été (selon Ibn Khaldoun) ancêtre des Zénètes et donc indirectement celui de la Kahina, célèbre reine berbère.
Le roi Syphax, lui, montera sur le trône entre 215 av. J.-C. et 220 av. J.-C. Cinq années de règne durant lesquelles il s’allie aux Romains, s’oppose à Gaïa et à son fils Massinissa, alliés des Carthaginois, annexe le territoire du roi numide à la mort de ce dernier, épouse Sophonisbe – promise à Massinissa – provoquant un retournement total des alliances. A sa disparition, c’est son fils Vermina qui lui succède. Ce sera le dernier roi massaesyles avant l’unification de la Numidie par Massinissa.
C’est le roi Zelalsen qui inaugure le règne des Massyles. Autour de sa décennie à la tête du royaume, les historiens ne rapportent rien de bien notable. Contrairement à son successeur, le roi Gaïa qui n’est autre que son fils. Avant la réunification de la Numidie, d’autres rois massyles présideront aux destinées de ce pays dont les rois Capusa ou Lacumazes. Le dernier, Massinissa, fils de Gaïa, unifiera la Numidie et en sera le premier souverain.
Grand roi, guerrier courageux mais aussi homme raffiné, Massinissa encouragera la littérature et les arts, recevant dans sa cour de nombreux écrivains et artistes étrangers et envoyant ses enfants étudier en Grèce. C’est son fils Micipsa qui lui succède, régnant pendant une trentaine d’années. Gulussa, Adherbal, Hiempsal règneront après lui jusqu’à l’arrivée sur le trône de Jughurta, neveu de Micipsa qu’il finira néanmoins par adopter. Ce dernier est connu pour s’être opposé pendant sept longues années à la puissance romaine. Il meurt à Rome, après avoir été capturé par son beau-père Bocchus, roi de Maurétanie. Ce dernier le livre à Rome et c’est dans l’une de ses prisons qu’il meurt sans doute étranglé.
Après le roi Gauda, c’est Hiempsal II qui accède au pouvoir. Fils de Gauda, demi-frère de Jugurtha et père de Juba II, Hiempsal II règne pendant 28 ans, avant de céder sa place au roi Juba Ier. Dernier roi de la Numidie orientale, il règnera pendant quatorze années. Il meurt en se donnant la mort et son royaume est transformé en province romaine : l’Africa Nova.
C’est son fils Juba II qui reprend le flambeau. Il règne sur la Maurétanie qui est la partie occidentale de la Berbérie, à partir de l’actuel Maroc, en passant par tout le nord de l’Afrique, jusqu’aux frontières de la Tunisie actuelle. Il règne à partir de sa capitale Caeserea (Cherchell), mais son royaume est sous tutelle romaine. Sa femme, Cléopâtre Séléné, fille de Cléopâtre et de Marc Antoine est enterrée à Tipasa (tombeau de la Chrétienne). C’est le roi Ptolémée de Maurétanie qui clos la liste des rois numides après dix-sept ans de souveraineté.

L’Algérie sous dominations romaine, vandale puis byzantine

A l’instar de tous les autres Etats d’Afrique du Nord, l’Algérie numide est conquise par Rome dont elle devient une province. C’est l’Empereur Auguste qui en prend les rênes en premier. Petit-neveu et fils adoptif de Jules César, Auguste réforme l’armée et l’administration. La période de son règne sera une période faste pour la littérature et les arts. Il se vante par ailleurs, par une formule célèbre, celle d’avoir « trouvé une Rome de briques, et laissé une Rome de marbre ». D’autres souverains lui succèdent, parmi lesquels Tibère qui engage une résistance féroce au roi berbère Tacfarinas, Caligula, Néron, Vespasien, Titus, Hadrien, Marc Aurèle, Septime Sévère, Macrin –issu de Cherchell –, Maximien Hercule ou Honorius jusqu’à l’empereur Valentinien III qui, lui, perd le pouvoir lors de l’invasion vandale en 439.
Le roi vandale Genséric règne pendant quarante-sept ans (430-477). Durant cette période, il parvient à faire d’une tribu germanique insignifiante, sans cesse assaillie par les Huns et Goths, les maîtres d’une Carthage nouvelle. Le royaume vandale décline rapidement après sa mort et les autres rois qui lui succèdent (Hunéric, Hildéric…) n’y pourront rien. Il s’effondre lors de la reconquête byzantine.
Justinien, premier empereur byzantin à régner sur le pays, reste sur le trône pendant trente-cinq ans, il œuvre à l’expansion des frontières de l’empire byzantin. Il accomplit un travail remarquable sur le plan du régime législatif ou de la politique religieuse. C’est aussi sous son règne que l’art byzantin connaît son épanouissement. Il sera relayé par d’autres empereurs – huit au total –, entre autres Tibère II, Héraclius et Constant II qui, après six ans de règne, capitule face à l’arrivée des califes omeyyades.
Succédant aux quatre califes dit El Rashidûn, le calife Muawiya 1er est le fondateur du califat omeyyade. S’appuyant sur ses alliés, il parviendra à étendre son empire sur une partie de l’Afrique du nord et de l’Asie centrale. Après neuf ans de règne, il est remplacé, à sa mort, par son fils Yazid 1er. C’est durant le règne de ce dernier que le petit-fils du prophète Mohammed (QSSSL) est tué lors de la bataille de Kerbala. C’est également sous son règne que les Omeyyades essuient plusieurs revers en Afrique du nord. Lui succèdent ensuite Muawiya II, Marwan 1er puis Abd el Malik. C’est alors qu’il est au pouvoir que la Kahena est vaincue, il reçoit sa tête en guise de trophée. Hisham Ibn Abd el Malik sera le dernier calife à régner. Ce dixième calife omeyyade gouverne pendant dix-neuf ans. Il meurt en 743 et cette même année, l’Afrique du nord s’enflamme.
Abou Qurra, chef de tribu des BanouIfren conduit la révolte contre l’impôt et le rite des Omeyyades. Ces derniers essuient une défaite à Chlef, Tlemcen et dans le Constantinois. Abou Qurra règne pendant trente-cinq années, au cours desquelles il fonde Agadir (l’actuelle Tlemcen), qui devient la capitale des Berbères.
Dernier roi, Abu Yazid se fait prendre le pouvoir par les Fatimides. Ce sont pourtant les Roustemides qui investissent le pays. Neuf rois se relayeront sur le trône, présidant ainsi aux destinées du peuple. Abderrahmane Ibn Roustoum sera le premier roi roustemide à gouverner dans le Maghreb central, le dernier roi sera Yakzan Ibn Mohamed. Cette dynastie prendra fin en 909, après la destruction de sa capitale par les Kutamas conduits par un missionnaire fatimide.
C’est sous Ubayd Allah al-Mahdi que les armées berbères Kutamas de basse Kabylie fondent la dynastie fatimide. Mettant fin à la dynastie Rostemide, les Kutamas conquièrent l’Ifriqiya mais lorsqu’ils transfèrent leur cour en Egypte, ils nomment à leur place la dynastie Ziride.
Le premier roi ziride à régner après le départ des Fatimides, c’est Ziri Ibn Menad. Père de Bologhine, il règne pendant trente-huit ans sur une partie du Maghreb. En accédant au pouvoir son fils Bologhine Ibn Ziri bâtit la ville d’Alger sur les ruines de l’ancienne Icosium en 960 ainsi que Médéa et Miliana. Il fait aussi reconstruire les villages détruits par les multiples révoltes.
Son fils Al-Mansur Ibn Bologhine reprend le flambeau en 983. D’autres rois se succèderont jusqu’en 1148.
La dynastie hammadite, vassale des Fatimides puis des Abbassides s’allie aux Hilaliens. Son premier souverain, Hammad Ibn Bologhine, fils de Bologhine Ibn Ziri, va fonder la dynastie Hammadite. C’est à lui que l’on doit la qalaâ de BeniHammad en 1007 dans les montagnes du Hodna. Lui succèdent huit rois, le dernier étant Yahya Ibn Abd al-Aziz. Mou et efféminé, c’est ainsi que l’on décrit le dernier roi hammadite. Les différentes incursions des Hilaliens, envoyés par les Fatimides, finissent par affaiblir la dynastie jusqu’à sa chute avec l’arrivée des Almohades.
Détruisant les dynasties Zénètes du Maghreb, les Almoravides règnent entre 1061 et 1147, période durant laquelle se succèdent cinq rois, le premier étant Youssef Ibn Tachfin, fondateur de la dynastie Almoravide. C’est à lui que l’on doit la grande mosquée d’Alger, l’un des fleurons architecturaux de cette période, érigée en 1097. Viendront ensuite Tachfin Ben Ali, Ibrahim Ben Tachfin et enfin Ishaq Ben Ali. Dernier émir de la dynastie berbère des Almoravides, il est tué lors de la prise de Marrakech par les Almohades en 1147.

La dynastie Almohade réunit le Maghreb

Le calife Abd al-Mumin, disciple d’Ibn Toumert, fondateur de la dynastie Almohade, règne pendant dix-huit ans. Huit autres rois prendront sa succession. Abu al-Hasan as-Said al-Mutadid parvient à récupérer une partie de l’ouest de l’Algérie, annexé par les Hafsides. Ces derniers finissent par étendre leur occupation, après la mort dans une embuscade du souverain almohade.
C’est Yahya 1er qui inaugure la longue liste – vingt-cinq – des souverains hafsides qui gouvernent l’Ifriqya depuis 1207. Ils restent au pouvoir jusqu’à l’annexion de la Tunisie par l’empire ottoman.
Fondée par Yaghmoracen Ibn Zian, la dynastie Zianide également appelée Abdalwadide, gouverne le Maghreb central dont l’Algérie depuis Tlemcen sur une période s’étendant de 1235 à 1556. Un Etat prospère mais qui, néanmoins, tombe souvent sous la domination des Mérinides, leurs éternels rivaux.
Les Zianides qui sont nommés gouverneurs de Tlemcen par les Almohades conduisent à la chute de ces derniers. Installé à la tête du pouvoir, Yaghmoracen profite de la révolte de Tlemcen contre le calife de Marrakech pour prendre le pouvoir. Il cesse alors de reconnaître le califat almohade et se donne comme titre d’émir des musulmans. A la suite de sa victoire sur le calife almohade al-Sa’id, en 1248, il se retrouve à la tête d’un Etat puissant.
Après Yaghmoracen, vingt souverains prendront en main le destin du pays, parmi lesquels Abou Hamou Moussa II, Abou Malek, El Moutawakel, Abou Zakaria et Abou Abdallah Mohamed II qui sera le dernier souverain zianide. C’est lui qui traite avec les Espagnols qui contrôlent d’Alger, Béjaïa, Ténès,Mers-el-Kébir et Oran. A la suite de quoi, les Algériens sollicitent les Ottomans pour les aider à chasser les Espagnols.

El Djazaïr sous la domination ottomane

Ayant déjà établi sa force hégémonique sur les places fortes du Maghreb central, Aroudj Barberousse reçoit un appel à l’aide venant des notables de Tlemcen dont les habitants subissent la dictature du prince zianide. Aroudj n’hésitera pas devant cette demande alléchante qui lui donne l’occasion d’étendre ainsi son autorité à tout le Maghreb. Il mène alors une guerre sans merci aux Chrétiens et à tous leurs alliés. Il meurt décapité en 1518, laissant le pouvoir à son frère Kheir-Eddine Barberousse qui est tout de suite proclamé bey d’Alger par les troupes de soldats et les corsaires. Cependant, ce dernier par crainte d’une attaque espagnole, fera allégeance à l’Empire ottoman dont il reçoit par l’entremise du sultan Sélim 1er, 2000 janissaires et 4000 fantassins pour renforcer son armée.
Kheir-Eddine est considéré comme le véritable fondateur de la Régence d’Alger. Son courage, sa fermeté lui ont permis de faire face à tous ses ennemis mais aussi à bénéficier de la confiance du sultan ottoman.
Renégat d’origine Sarde, Hassan Agha est capturé enfant par Kheir-Eddine Barberousse. Il en fait son majordome puis lui confie le commandement d’Alger en le nommant amiral de la flotte ottomane d’Alger.
Hassan Agha s’avère un redoutable guerrier, il parvient même à faire fléchir l’empereur Charles Quint en 1541.
Depuis Aroudj Barberousse, 88 souverains se succéderont à la tête de la Régence d’El Djazaïr. Cette période étant plus récente, les ouvrages d’histoire relatant le règne de Hassan Pacha, Salah Raïs, Caid Ramdan, El Euldj Ali, Hassan Veneziano, Suleymane, Ramdan, Hadj Mohamed, Dely Brahim, Baba Ali Bou Sbaa, Dey Mustapha, Omar Agha, ou Hussein-Dey, le dernier souverain ottoman sont nombreux et peuvent permettre une approche et une connaissance exhaustive de cette tranche de l’Histoire de l’Algérie.
Il en de même pour la période française dont plusieurs gouverneurs ont pris les rênes de l’Algérie depuis Charles X jusqu’à de Gaulle, en passant par le général Cavaignac, Louis, Léon Bonaparte, Patrice de Mac-Mahon, Marie Français, Sadi Carnot, Charles Dupuy, Gaston Doumergue, Léon Blum, Vincent Auriol, René Coty.
Tout au long de leur prise de pouvoir, ils ont contribué à la déchéance du peuple algérien, en le spoliant de ses droits, en l’expropriant de ses biens et en lui faisant subir les pires atrocités.

Les présidents algériens

C’est Abderrahmane Farès qui inaugure la liste des présidents algériens. Président de l’Assemblée algérienne en 1953, il est d’avril à septembre 1962, président de l’Exécutif provisoire algérien chargé de la gestion du territoire.
Premier président du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) de1958 à 1961, Ferhat Abbas est élu en 1962, président de l’Assemblée nationale constituante et devient ainsi le premier chef d’État de la République algérienne démocratique et populaire.
C’est Ahmed Ben Bella, l’un des neuf chefs historiques accède à la présidence de la République le 15 septembre 1963 jusqu’au 19 juin 1965 où Houari Boumediene le remplace à la présidence (19 juin 1965-27 décembre 1978).  Suivront Rabah Bitat (du 27 décembre 1978 au 9 février 1979), Chadli Bendjedid (9 février 1979-11 janvier 1992), le Haut Comité d’Etat (11 janvier 1992-14 janvier 1992), Mohamed Boudiaf (14 janvier 1992-29 juin 1992),
le Haut Comité d’Etat (29 juin 1992-2 juillet 1992), Ali Kafi (2 juillet 1992-31 janvier 1994), Liamine Zeroual (31 janvier 1994-27 avril 1999) et Abdelaziz Bouteflika, l’actuel président de la République, depuis  le 27 avril 1999.  

Hassina Amrouni

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