Les résolutions du congrès de la Soummam
20 Août 1956

Par Boualem TOUARIGT
Publié le 30 jui 2013
1- Lakhdar Bentobal. 2- Kaci Hachaï. 3- Ben Aouda Ben Mostefa. 4- Amar Ouamrane. 5- Hocine Rouibah. 6- Amirouche Aït Hamouda. 7- Malika Gaïd
De g.à dr. : Ben Aouda Ben Mostefa, Lakhdar Bentobal, Larbi Ben M'hidi et Zighoud Youcef
De  g. à dr. : Youcef Zighoud, Abane Ramdane, Larbi Ben M'hidi, Krim Belkacem et Amar Ouamrane
1-Slimane Dehiles dit Si Sadek. 2- Larbi Ben M'hidi
De g. à dr. : Ahmed Ben Bella- Hocine Aït Ahmed-Mohamed Khider-Larbi Ben M'hidi-Mohamed Boudiaf-Rabah Bitat-Krim Belkacem-Mostefa Benboulaïd
De g. à dr.: Larbi Ben M'hidi-Krim Belkacem-Abane Ramdane-Benyoucef Benkhedda-Saâd Dahlab
18 mars 1962 à Evian, au bord du lac Léman, les représentants du GPRA à l'hôtel du Parc
Membres de la délégation française à Evian : de g. à dr.: Robert Buron, Louis Joxe et Jean de Broglie
 De g. à dr.: Ahmed Boumendjel, Ahmed Francis et Saâd Dahlab
Jacques Soustelle à gauche de la photo
7 avril 1962, au Rocher Noir à Boumerdès, debout au milieu, Abderrahmane Farès, président de l’exécutif provisoire à côté des représentants du gouvernement français
1er Novembre 1954 : carte représentant toutes les actions armées l'ALN
Combattants de  l'ALN

Le congrès de la Soummam a eu une importance capitale pour la conduite de la Révolution et son succès. Il a organisé les instruments politiques et militaires de la guerre de libération nationale. Les différentes zones de la Révolution (qui deviennent des wilayate) ont été délimitées territorialement. L’Armée de Libération Nationale est devenue une armée quasi régulière avec une hiérarchie, des grades, des commandements aux compétences bien définies. Le congrès de la Soummam a voulu faire des groupes de moudjahidine des combattants disciplinés, organisés obéissant à une tactique militaire adaptée au terrain et à la nature du combat à mener.
La grande force des résolutions du congrès de la Soummam réside dans le fait qu’elles ont clairement défini les buts politiques de la guerre de libération nationale. La stratégie militaire adoptée soumet les actions du combat armé à un objectif politique principal : forcer le gouvernement français à reconnaître le droit à l’indépendance du peuple algérien. Tout est soumis à cet objectif : la nature du combat, les tactiques de guerre, les unions et les alliances. Le congrès a défini une stratégie d’union du peuple algérien, toutes catégories confondues autour d’un objectif stratégiqaue principal : l’indépendance nationale. Il a fait de la Révolution algérienne un grand mouvement populaire armé, doté des structures et des formes d’organisation les plus adaptées à la lutte, suivant une stratégie de large union au-delà des divergences idéologiques, des contradictions sociales et des différences religieuses. L’objectif principal de la guerre de libération nationale affirmé dans la déclaration du 1er novembre 1954 a été clarifié et explicité et le congrès a posé le cadre d’une négociation avec le gouvernement français en affirmant les conditions essentielles (indépendance totale dans l’unité du territoire et du peuple dans toutes ses composantes), et en offrant les garanties pour la minorité européenne et en ouvrant la porte à une coopération économique et culturelle d’une Algérie indépendante avec la France. La grande dimension humaniste de la Révolution s’est exprimée dans les textes affirmant le droit à la coexistence pacifique des populations de confessions différentes dans le respect des droits et devoirs égaux pour tous.

L’organisation de l’ALN

Le congrès de la Soummam met en place une organisation minutieuse des structures de l’ALN. L’Algérie est divisée en six wilayas, remplaçant les anciennes zones. Chaque wilaya est, elle-même, divisée en zones (mintaka) et chaque zone en secteur (kism). Le congrès institue un commandement militaire collégial où tâches militaires e tâches politiques sont fortement liées entre elles. La wilaya est dirigée par un conseil de wilaya sous l’autorité d’un colonel, chef politico-militaire, assisté de trois adjoints avec le grade de commandant, chargés des différentes missions : militaire, politique, renseignements et liaisons. La zone est dirigée par un capitaine assisté de trois lieutenants, prenant chacun en charge les différentes missions. La même organisation est appliquée au secteur dont le commandant est un adjudant assisté de trois sergents chefs. Les territoires de chacune des wilayas, zones et secteurs sont découpés et les limites définitivement tracées. Alger et ses proches banlieues constituent une zone autonome.
Sur le plan purement militaire, le congrès définit les unités de combat. La plus importante unité de combat est la compagnie (katiba) composée de 110 combattants. Elle est divisée en sections (ferka) qui peut réunir 35 hommes elle-même divisée en plusieurs groupes (fawdj) avec 11 hommes. Cette organisation n’est pas rigide. Les officiers de l’ALN disposent de la latitude d’adapter leur organisation en fonction des impératifs de la lutte sur le terrain qui peuvent varier selon les régions et les tactiques imposées par l’ennemi. Les combattants pourront mener des opérations concertées qui réuniront plusieurs katibas pour mener ponctuellement des opérations communes. Dans d’autres circonstances, ils éclateront leurs forces en petits groupes qui se fonderont dans la nature pour échapper aux opérations de ratissage et mener des actions de harcèlement rapides et répétées pour éclater et disperser les forces ennemies. Le congrès fit de la mission de renseignements et liaisons une tâche essentielle de l’action armée où la réussite de toute opération militaire exigeait une bonne connaissance des forces ennemies et une grande capacité de mouvement.
Les objectifs de la Révolution sont politiques
La direction du FLN ne concevait pas de lutte armée sans travail politique. La formation des combattants était indispensable et régulièrement menée par les commissaires politiques à tous les échelons.  Le travail politique en direction des populations était aussi indispensable. On l’a vu dès le déclenchement de la Révolution où les combattants évitèrent les coups d’éclat, s’attachant à préparer les populations par un long et patient travail d’explication. L’adhésion des populations était assimilée comme condition du succès de la Révolution.  
Le congrès de la Soummam instaure dans les zones rurales des Assemblées du peuple de cinq membres, élues par les populations et chargées de l’administration générale : état civil, affaires judiciaires, questions économiques. La Révolution est dotée d’organes de délibération et d’organisation. Un Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA) est institué, composé de 34 membres dont 17 titulaires et 17 suppléants. Il est l’organe dirigeant de la révolution, seul habilité à ordonner un cessez-le-feu et à négocier l’indépendance. Il désigne un organe de direction de cinq membres, le Comité de coordination et d’exécution (CCE) qui siège à Alger.
Le congrès de la Soummam réaffirme les objectifs de la guerre de libération. Celle-ci s’est enracinée dans le milieu rural et les populations paysannes supportent le choc des premiers combats et tiennent bon. Le FLN donne un sens politique à son combat. Il capitalise les expériences du mouvement national. L’objectif n’est pas principalement militaire. La guerre de libération ne sera pas un soulèvement, ni une simple révolte paysanne ni une insurrection spontanée.
« La preuve est faite que la Révolution algérienne n’est pas une révolte de caractère anarchique, localisée, sans coordination, sans direction politique, vouée à l’échec.  La preuve est faite qu’il s’agit au contraire d’une véritable révolution organisée, nationale et populaire, centralisée, guidée par un état-major capable de la conduire jusqu’à la victoire finale. »
La plate-forme de la Soummam considère la guerre de libération nationale comme une lutte ayant avant tout des objectifs politiques et qui demande un long travail d’éducation politique, un encadrement de la population, une stratégie d’union de toutes les forces anticolonialistes. Le congrès de la Soummam définit les buts de guerre :
«  Il ressort que, vu notre situation, nos buts de guerre sont politico-militaires :
L’affaiblissement total de l’armée française, pour lui rendre impossible une victoire par les armes.
La détérioration sur une grande échelle de l’économie colonialiste par le sabotage, pou rendre impossible l’administration normale du pays.
La perturbation au maximum de la situation en France sur le plan économique et social pour rendre impossible la continuation de la guerre
L’isolement politique de la France en Algérie et dans le monde. »
La direction du FLN est consciente du rapport de forces strictement militaire. Elle vise par l’action armée à créer un climat d’insécurité généralisée. Elle cherche à entraîner le pouvoir colonialiste dans une guerre d’usure qui l’obligera à se disperser et à épuiser ses forces. La continuité des opérations militaires exigera un effort financier matériel et militaire impossible à tenir qui épuisera les moyens du gouvernement français. Le but ultime de l’action armée est d’amener ce gouvernement à négocier une issue politique : « La preuve est faite que le gouvernement français, convaincu de l’impossibilité d’une solution militaire, est obligé de rechercher une solution politique. »
 

Forcer le gouvernement français à la négociation

Le FLN s’est déclaré le 1e novembre 1954 prêt à négocier une issue à la guerre de libération. Le congrès de la Soummam réaffirme cette position et en fixe le cadre :
« Conditions d’un cessez-le-feu :
- Reconnaissance de la Nation algérienne indivisible
- Reconnaissance de l’indépendance de l’Algérie et de sa souveraineté dans tous les domaines, jusques et y compris la défense nationale et la diplomatie .»
Le congrès fixe un cadre général de discussion qui sera plus tard repris lors des négociations d’Evian. En effet, il précisa ce qu’il était prêt à aborder, une fois reconnu le droit à l’indépendance du peuple algérien :
«  Négociations pour la paix, les points de discussion :
- Limites du territoire algérien (limites actuelles y compris le Sahara algérien)   
- Minorité française (sur la base de l’option entre citoyenneté algérienne ou étrangère –pas de régime préférentiel – pas de double citoyenneté algérienne et française).
- Biens français
- Transfert des compétences
- Formes d’assistance et de coopérations françaises dans les domaines économique, monétaire, social, culturel, etc. »
Le congrès de la Soummam avait une vision claire des divergences à aplanir avec l’autorité coloniale pour aboutir à l’indépendance définitive. Il fixa les conditions minimales d’une négociation avec le gouvernement français : unité du peuple algérien (pas de droits particuliers selon les confessions et une citoyenneté algérienne unique), unité du territoire qui devait inclure les régions sahariennes, indépendance totale avec souveraineté entière y compris sur la défense nationale et la diplomatie. Le FLN confirmait ainsi son refus de la large autonomie ou de l’indépendance limitée que le gouvernement français appliquera dans certaines de ses ex-colonies africaines, gardant le contrôle de la défense nationale. Pour autant, le congrès de la Soummam ne ferma pas la porte à des négociations entre Etats souverains dans les domaines économique, monétaire et culturel. Le compromis proposé sera finalement accepté par le gouvernement français, après plusieurs années de luttes. La coopération envisagée dès le mois d’août 1956 prit forme dans les accords d’Evian qui reprenaient des propositions avancées par le congrès de la Soummam et en fait annoncées dans la proclamation du 1er novembre 1954. Celle-ci affirmait :
« Nous avançons une plate-forme honorable de discussion aux autorités françaises si ces dernières sont animées de bonne foi et reconnaissent une fois pour toutes aux peuples qu’elles subjuguent le droit de disposer d’eux-mêmes :
La reconnaissance de la nationalité algérienne…
L’ouverture de négociations avec les porte-parole autorisés du peuple algérien sur les bases de la reconnaissance de la souveraineté algérienne, unie et indivisible.  »   

Regrouper tous les Algériens

Le FLN se voulait le continuateur du mouvement de libération nationale, le creuset de la volonté d’indépendance de toutes les catégories d’Algériens, le seul interlocuteur légitime du gouvernement français dans une éventuelle négociation pour l’indépendance. L’appel du 1er novembre 1954 considérait que le FLN était un mouvement de rénovation « se dégageant de toutes les compromissions possibles et offrant la possibilité à tous les patriotes algériens de toutes les couches sociales de tous les partis et mouvements purement algériens, de s’intégrer dans la lutte de libération sans aucune autre considération. »
Le congrès de la Soummam fixa le cadre politique de cette union sacrée. Il définit les couches sociales qui appuient cette lutte et lui donneront son contenu social, ses revendications spécifiques : « La participation massive de la population des fellahs, khammès et ouvriers agricoles à la Révolution, la proportion dominante qu’elle représente dans les moudjahidine et les moussebiline de l’Armée de libération nationale ont profondément marqué le caractère populaire de la Résistance algérienne. »
La plate-forme du congrès souligne l’apport du mouvement ouvrier qui est décisif malgré la faiblesse numérique de la classe ouvrière : « La classe ouvrière peut et doit apporter une contribution plus dynamique pouvant conditionner l’évolution rapide de la Révolution, sa puissance et son succès final… Le FLN ne doit pas négliger le rôle politique qu’il peut jouer pour aider et compléter l’action syndicale indépendante de l’UGTA en vue de sa consolidation et de son renforcement. »
Le congrès reconnaît aussi l’importance du rôle joué par les commerçants et artisans et de l’apport décisif des étudiants et des intellectuels. En fait, au moment où se tient le congrès, le FLN avait accueilli les militants nationalistes issus du mouvement national et qui n’avaient pas participé au déclenchement de la révolution. La stratégie d’union des forces nationales entamée dans les années 1930 avec le Congrès musulman, accentuée par la constitution du mouvement des Amis du Manifeste de la Liberté pendant la Seconde Guerre mondiale est renforcée. Le FLN recueille les effets de la radicalisation des différentes forces politiques après mai 1945 qui se rapprochent progressivement. Le déclenchement de la lutte armée amène un important contingent de militants de ces forces politiques à rejoindre le FLN. Le congrès de la Soummam concrétise cette union nationale, cette nouvelle configuration du mouvement national en admettant dans les organes dirigeants des militants qui se joignent aux radicaux ayant déclenché la lutte armée. Deux anciens membres du comité central du MTLD sont au CCE (Ben Khedda et Dahlab), six autres siègent au CNRA (Aïssat Idir, Benyahia, Louanchi, Mehri, Temmam, Yazid) où entrent Ferhat Abbas et Ahmed Francis ayant fait partie de l’élite politique modérée du mouvement national et Tewfik el Madani, membre de l’Association des oulémas.
Dans cette alliance sacrée autour de l’indépendance nationale, le congrès de la Soummam affirme le contenu social de la révolution qui prendra en charge les revendications des catégories les plus pauvres de la population, notamment les paysans. La recherche de l’union l’amène à isoler l’ennemi
principal qui est la colonisation et ses suppôts directs. Il condamne explicitement les agissements de Messali et du mouvement qu’il dirigeait, le MNA qu’il accusait de constituer en Algérie des groupes armés en vue de « …créer des opérations de provocation et de saboter par le défaitisme, le désordre et l’assassinat, la Révolution algérienne et ses dirigeants militaires et politiques.». Il considère que ce mouvement s’est manifesté comme « une secte contre-révolutionnaire dans des opérations de diversion, de gangstérisme, de confusion et de mensonges », confirmant même que « Messali représente, en raison de son orgueil et de son manque de scrupules, l’instrument parfait pour la politique impérialiste », relevant que le gouverneur général Jacques Soustelle affirmait en novembre 1955 que Messali était sa dernière carte..

Convaincre les modérés et les amener à la Révolution

Le congrès de la Soummam recommande une attitude extrêmement souple envers les élus algériens présents dans les institutions colonialistes. Il les incite à s’en retirer en essayant de les convaincre d’apporter leur appui au mot d’ordre d’indépendance. La démarche du FLN avait déjà porté lorsque le 26 septembre 1955, le député Bendjelloul de Constantine, jusque-là docile et servant fidèlement l’administration coloniale, réussit à faire adopter par des élus algériens (députés, sénateurs, conseillers) une motion qui dénonce « la répression aveugle et constate que la politique dite d’intégration, qui n’a jamais été sincèrement appliquée est actuellement dépassée. » C’est la motion dite des 61. Soustelle désigne les agitateurs qu’il rend responsables de cette révolte, des élus algériens modérés acquis dans un premier temps à la lutte politique légale puis gagnée à l’indépendance et que le FLN fera se rallier à lui : Bendjelloul, Tamzali, Mesbah, Ould Aoudia, Benchenouf, Francis, Sator…Les ténors médiatiquement connus comme Sayah et Farès rejoignent le mouvement. Le congrès de la Soummam avait prévu de la tactique colonialiste qui sera appliquée par le gouvernement français même après l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle : trouver une troisième force, une élite politique acquise à une domination néocoloniale. Le FLN la combattra par la persuasion, par l’adhésion au FLN des éléments modérés : « Convaincre avec patience et persévérance les éléments retardataires, encourager les hésitants, les faibles, les modérés, éclairer les inconscients ».   

C’est une marche en avant dans le sens historique de l’humanité

C’est dans son attitude vis-à-vis de la minorité européenne que le congrès adopte des positions très modernes et audacieuses, pleines de sens politique. Il donne à la Révolution algérienne sa dimension humaniste et tolérante. On peut citer bien des passages des textes adoptés :
« C’est une révolution organisée et non une révolte anarchique… C’est une lutte nationale pour détruire la colonisation et non une guerre religieuse... C’est une marche en avant dans le sens historique de l’humanité et non un retour vers le féodalisme.
La Révolution algérienne n’a pas pour but de « jeter à la mer » les Algériens d’origine européenne, mais de détruire le joug colonial inhumain. La Révolution algérienne n’est pas une guerre civile ni une guerre de religion. La Révolution algérienne veut conquérir l’indépendance nationale pour installer une république démocratique et sociale garantissant une véritable égalité entre tous les citoyens d’une même patrie, sans discrimination. »
« La ligne de démarcation de la Révolution ne passe pas entre les communautés religieuses qui peuplent l’Algérie, mais entre, d’une part, les partisans de la liberté, de la justice, de la dignité humaine et d’autre part, les colonialistes et leurs soutiens, quelle que soit leur religion ou leur condition sociale. »          
Le congrès de la Soummam reprend les positions adoptées précédemment par le mouvement national, aussi bien par le MTLD que par l’Association des oulémas et continue le message porté par la proclamation du 1er novembre 1954.
En affirmant la primauté du politique sur le militaire, le congrès de la Soummam signifiait que son action militaire avait pour but de forcer le gouvernement français à accepter l’indépendance de l’Algérie et qu’il n’y avait pas d’objectifs exclusivement militaires. Il signifiait que toute action entreprise devait se mesurer à ses conséquences politiques : élever le moral de la population et renforcer sa cohésion, ramener les indécis et les modérés à l’idée d’indépendance, barrer la route aux alliés de la colonisation, susciter le soutien et la sympathie auprès des populations françaises et sur la scène internationale. Le congrès de la Soummam n’effaça pas les contradictions qui existaient objectivement dans la population algérienne. Il se contenta d’affirmer un contenu social fort qui allait marquer le cheminement de la révolution algérienne et les politiques de l’Algérie indépendante. Son objectif principal était l’union de tous les Algériens pour l’indépendance, toutes conditions sociales confondues et quelles que furent les confessions. Cette ligne coupa les ponts à la politique du général de Gaulle qui chercha en vain à dégager une troisième force, composée
d’Algériens opposées à l’indépendance, puis d’Algériens voulant l’indépendance mais sans le FLN et sous la protection de la France. Contrairement à certaines interprétations, le FLN ne s’est pas divisé entre partisans et adversaires de la négociation. Celle-ci était présente comme objectif principal de la Révolution dès le 1er novembre 1954, longuement explicitée dans les résolutions du congrès de la Soummam et par la suite appuyée massivement par les combattants de l’ALN.

Boualem Touarigt

GUERRE DE LIBERATION

Repère et Symbole

Le 1er novembre 1954

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UNE VILLE, UNE HISTOIRE
CONTRIBUTION

Syphax et la rencontre de Siga

Ain Temouchent (206) AV J.C