El-bendou, une tradition ancestrale
Patrimoine immatériel d’Arris

Par Hassina AMROUNI
Publié le 07 oct 2019
Chaque région se veut particulière dans sa célébration des différentes fêtes traditionnelles, religieuses ou familiales. A Arris, la célébration de la circoncision revêt un cachet particulier. Une tradition jalousement préservée par les habitants de la région qui, en en transmettant les secrets rituels de génération en génération, préservent ainsi un pan du patrimoine immatériel de la région.

Signifiant dans le dialecte local « cadeau du circoncis », el-bendou est le nom donné dans la région d’Arris à la fête de la circoncision. Ce cadeau consiste, en fait, en un rameau de frêne (houzal, en chaoui), sur lequel on accroche toutes sortes de fruits disponibles dans la saison comme des grenades, des dattes, des abricots, des figues, des amendes, etc. Ce rameau est ensuite accroché à un récipient en alfa (akdih), rempli de blé et déposé à côté de l’enfant circoncis. Tout ce rituel est accompagné de chants aux rythmes du bendir et de gasba, de danses de femmes élégamment vêtues de mlahfa, de salves de baroud et de youyous joyeux.
Il faut savoir que dans la tradition arrissoise, el-bendou doit être offert par un des aïeux de l’enfant, même si c’est la maman de ce dernier qui prend ensuite le soin de le charger de fruits.
La célébration de cette fête de circoncision est marquée par la cérémonie du henné rassemblant les membres de la famille, voire parfois tout le douar. Les mains et les pieds du jeune garçon sont enduits de henné au cours d’une soirée festive aux rythmes de la zorna et aux chants des troupes de rehaba, devant se prolonger jusqu’aux premières heures de l’aube.
El-bendou accompagne ensuite le cortège du jeune circoncis et demeure aux côtés de ce dernier pendant sept jours et sept nuits pour lui servir de consolation (tasbira).
Localement, on explique ce rituel en se référant à l’histoire « d’un pauvre hère qui, faute de trouver un cadeau digne du garçon circoncis du chef de la tribu, prend un rameau de frêne où il accroche plusieurs fruits pour l’orner. A sa grande surprise, son cadeau fut le plus apprécié par le chef... ».
Même si aujourd’hui, le rameau de frêne est remplacé par un morceau de bois soigneusement taillé et les fruits par des jouets, l’esprit de cette tradition d’el-bendou reste toutefois préservé au grand bonheur de tous ceux qui veillent à la transmission de nos valeureuses traditions séculaires.

Hassina Amrouni

Sources :

http://www.elmoudjahid.com/fr/mobile/detail-article/id/14190
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