Berceau de musiques ancestrales
Nedroma

Par Hassina AMROUNI
Publié le 02 oct 2018
Ville d’histoire et de culture, Nedroma a su, au fil des siècles, préserver ses us et coutumes et les transmettre de génération en génération.

Aujourd’hui, les Nedromis s’enorgueillissent du riche legs de ce lointain passé, un legs qui se traduit par des traditions et des célébrations de fêtes religieuses ou familiales où l’on retrouve le doux parfum de l’ancien.
Nedroma est réputée aussi pour sa musique savante qui tire ses racines de la lointaine Andalousie. En effet, plusieurs styles musicaux s’y côtoient, à savoir le gharnati, le hawzi et le allaoui.
Ces musiques largement répandues dans l’ouest algérien, notamment à Tlemcen et ses différentes localités ne sont qu’un pan d’un vaste patrimoine ancestral jalousement gardé.
Ainsi, plusieurs écoles musicales entreprennent, pour certaines depuis plusieurs décennies, de transmettre cet héritage pour le sauvegarder et empêcher qu’il ne disparaisse dans les poussières de l’Histoire.
Ainsi, le gharnati, très pratiqué à Nedroma comme à Oran et Sidi Bel Abbes, tire son nom de la ville espagnole de Grenade d’où il a été importé, il y a plusieurs siècles, par les Andalous qui fuyaient Grenade lors de la Reconquista.
Au début du XXe siècle, deux grands maîtres de la musique arabo-andalouse, en l’occurrence Mohamed Bensmaïn et Mohamed Benghabrit ont créé des associations pour perpétuer cette tradition musicale qui continue aujourd’hui encore à faire des émules.
Répandu à travers plusieurs régions du pays et même au-delà de nos frontières, le hawzi est né, selon les spécialistes, à Tlemcen et dans ses alentours. Plusieurs maîtres ont pris à bras le corps cette musique dont le tout premier, n’est autre que Khaled Mendassi, poète populaire qui l’a consacré au XVIe siècle. D’autres après lui feront connaître le hawzi, notamment en exhumant certaines pièces musicales très anciennes pour les sauver de l’oubli. Parmi ces maîtres figurent Mohamed Benmsaïb, Mohamed Bensahla et son fils Boumediene ou encore Ahmed Ben Triki.
Pour ce qui est du allaoui, bien qu’issu des hauts plateaux oranais, on le retrouve dans d’autres régions comme Oran, Tlemcen, Maghnia, Ghazaouet mais surtout Nedroma. Musique et danse guerrière ancestrales, le allaoui puise ses origines dans les danses tribales des hauts plateaux. La chorégraphie où se mêlent hommes et femmes, les hommes dansant en se tenant coude à coude et les femmes en faisant le rang (saf) signifie l’union des guerriers face à l’ennemi.
Bien que ressemblant au reggada, du Rif marocain, les deux styles restent tout de même différents.

Hassina Amrouni

 

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