UN PATRIMOINE À SAUVEGARDER
La Casbah de Bejaïa

Par Hassina AMROUNI
Publié le 27 sep 2012
La Casbah de Bejaïa, également appelée par les historiens et les archéologues la «citadelle gouvernementale», fait partie des richesses patrimoniales de la ville. Malheureusement, en dépit de sa riche histoire, elle n’a pas été classée, contrairement à la Casbah d’Alger, sur la longue liste du patrimoine mondial de l’Unesco, bien que cette dernière ait dépêché en mars 2007 une mission en vue de son éventuel classement. Pourtant, si cela venait à se faire, la Casbah de Bejaïa bénéficierait d’un programme de sauvegarde qui lui permettrait d’échapper à l’érosion du temps et à l’aliénation de la mémoire.
La Casbah de Béjaia
La porte de la Casbah
La porte de la Casbah

Edifiée par les Almohades au milieu du XIIe siècle (vers 1154), la citadelle a, au lendemain de la prise de la ville par Pedro Navarro, subi plusieurs transformations. Les Espagnols ont, en effet, entrepris de renforcer les fortifications de la cité, installant meurtrières, murs de vigie, etc. De même qu’ils y ont construit un château.

Dans une description faite par Louis Salvador de Habsbourg, archiduc d’Autriche, dans son ouvrage intitulé Bougie, la perle de l’Afrique du Nord (éditions L’Harmattan), on peut lire : «L’arrière de la Casbah, côté terre, au-dessous de laquelle les falaises rocheuses sont les plus hautes et les plus abruptes, sa fortification naturelle, couronnée de figuiers de barbarie, d’oliviers sauvages et de chênes verts, portant encore les murs interrompus par des meurtrières de l’ancienne bâtisse.»

Par ailleurs, les Espagnols auraient creusé des passages souterrains, au nombre de trois ou quatre, pour sans doute permettre à l’armada espagnole vivant dans l’enceinte de la Casbah d’entreprendre des incursions à l’intérieur de la cité, créant ainsi l’effet de surprise puisque n’ayant pas été vue sortir de l’édifice, ou même de fuir en cas de danger. Quoi qu’il en soit, plusieurs hypothèses ont été émises quant à l’utilisation, voire l’utilité de ces passages souterrains longs de quelques centaines de mètres. Selon les témoignages d’habitants de la région, ces passages devaient relier la Casbah au Fort Moussa et à une grotte existant jusqu’à aujourd’hui à l’intérieur d’un établissement hôtelier fermé.

Pour ce qui est du style d’architecture caractérisant notamment la muraille frontale de la citadelle de Bejaïa, de même que les matériaux utilisés pour son érection, ils sont les mêmes que ceux de Bordj Moussa, célèbre fort espagnol datant de la moitié du XVIe siècle et construit sur les ruines du fameux palais hammadite connu sous le nom de «L’Etoile».

Au lendemain de l’occupation française, d’autres transformations ont été apportées à la citadelle et ce, jusqu’en 1962.

Les autochtones restent convaincus que la Casbah de Bejaïa n’a pas encore livré tous ses secrets, mais ils déplorent le manque d’intérêt pour ce vestige historique. Ils espèrent néanmoins un rapide regain d’attention de la part des autorités concernées et sa prise en charge effective pour le sauver de la dégradation, pire de la disparition.

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