Une passion au service de la patrie
Le parcours de Mohamed Melouk dit Sabri, premier technicien des transmissions de l’ALN

Par Nazim AZIRI
Publié le 24 oct 2012
Quand j’ai accompagné Abderrahmane Berrouane dit Hadj Safar pour rencontrer Mohamed Melouk, un avant-gardiste novateur des transmissions de l’ALN pendant la guerre de libération nationale, je m’attendais à voir un homme usé par le temps, s’abandonnant comme la plupart des hommes de son âge au repos après toute une vie de labeur ; mais quelle ne fut ma surprise en constatant que Mohamed Melouk dit Sabri, l’infatigable maquisard, n’obtempère pas aux impératifs que dictent ses 76 ans. Bien au contraire, c’est un homme affairé et dynamique qui nous ouvre la porte de son grand laboratoire de maintenance et de production de matériel de transmission. Le secret de Si Sabri réside sans doute dans le travail et la persévérance hérités des longues années passées au « djebel » et une devise qu’il tient de Abdelhafid Bousouf : « Ne dis jamais c’est impossible ».
Mohammed Melouk dit Si Sabri dans l’Atelier de maintenance de la Wilaya V
Poste radio SVM transformé en poste d’écoute à Blida
Outil de maintenance, atelier Wilaya IV
Mohamed Melouk au centre de la photo, en compagnie de Sid-Ahmed dit Si Smail et Kechroud, premier speaker de la RDA (frontières marocaines,1957)
ANGRC9 récupéré de l'armée française lors d'une embuscade
Radio mobile (Radio de l’Algérie libre et combattante) montée sur camion Shelter, L’émetteur SCR 399 a une puissance d’emission en modulateur d’amplitude de 300W et 400 W Graphie
Première promotion de techniciens radio formés par Si Moussa et Si Sabri (Melouk) Wilaya V 1958
Mohamed Melouk en compagnie d'un élève stagiaire des transmissions
L’émetteur 50 KW offert par la Chine à l'Algérie.
Mohamed Melouk en compagnie de membres du commandement des transmissions et de la RDA
Mohamed Melouk en compagnie de Ouzeghdou et du directeur technique de la radio de  Pékin , stage technique effectué en 1960 sur l’émetteur 50 KW d'armes

Le début d’une passion

Né à Miliana en 1936, dans une famille de nationalistes, Mohamed Melouk s’est imprégné de politique dès son plus jeune âge, et c’est auprès d’un oncle, militant au sein du PPA, qu’il apprend l’histoire du nationalisme algérien. Après des études primaires à l’école Cazenave de Blida, il s’inscrit au Collège moderne et technique du Ruisseau à Alger. Fort d’une excellente réputation, l’établissement est réservé exclusivement aux Français, accueillant rarement des Algériens. D’ailleurs, Mohamed s’aperçoit rapidement qu’il n’y a au collège que lui et un autre compatriote parmi les dizaines de pieds-noirs. Inscrit dans la section radio, le rêve va donc se réaliser. Mais un incident imprévu marquera à jamais ce jeune Algérien venu de Miliana concrétiser son ambition.

Le sourire aux lèvres, Si Sabri nous raconte qu’un beau jour il s’apprêtait à rejoindre sa classe avec son compagnon quand un instructeur, manifestement raciste, les provoqua en leur lançant : « Voilà le troupeau qui arrive. » Mohamed, ne pouvant contenir sa colère, prit un encrier et le lança à la figure de l’instructeur. Ce fut un geste impardonnable surtout pour un Algérien déjà considéré, de par son origine, indésirable parmi les Français. Le verdict de l’administration était sans appel : Mohamed Melouk et son ami ne remirent jamais les pieds dans l’établissement. Exclu du lycée, Mohamed ne baissa pas les bras, la partie n’étant pas perdue pour autant.

La même année, une seconde chance s’offrit à lui, mais cette fois-ci au collège d’électricité industrielle de Kouba, où il fit un brillant cursus, couronné quelque temps plus tard par un certificat d’aptitude professionnelle, lui permettant d’intégrer la vie professionnelle. Avant de quitter l’établissement, il était de tradition que l’élève fît un stage de trois mois dans une entreprise pour parfaire sa formation. Mohamed Melouk fut orienté vers la Compagnie générale d'entreprises électriques (CGEE), de renommée internationale.

Vers 1955, commençait alors l'abandon progressif du 110 volts. À cette époque, tous les appareils électroménagers neufs étaient vendus en 220 V ou équipés de transformateurs 110/220. La compagnie qui employait Mohamed Melouk procédait, pour sa part, à la transformation des tensions électriques dans plusieurs régions d’Algérie. Mohamed Melouk, réputé pour être l’un des meilleurs techniciens, procéda, à lui seul, aux opérations de transformation à Médéa et au village de Montpensier à Blida.

Muni d’un savoir-faire dans le domaine de l’électricité, Mohamed nous raconte alors comment il avait fait gagner à son employeur d’importantes sommes en réadaptant les appareilles au nouveau voltage sans pour autant s’en débarrasser.

N’oubliant pas sa vraie passion, Mohamed garda un lien ombilical avec les ondes radio, qui avaient, depuis son enfance, nourri son esprit et son imagination. Pendant sa formation à Kouba, Mohamed suivait également des cours par correspondance à l’École centrale de Paris et à l’Institut de radio, deux établissements spécialisés dans le domaine de la radio. Cette année-là, Mohamed Melouk devait songer aussi au service national. Avant de s’y engager, il passa d’abord un stage de préparation militaire dans l’aéroclub de la Mitidja et l’AIA de Blida. Le choix de ce lieu n’était pas fortuit, l’aviation étant indissociable de la radio-transmission. À l’aéroclub de Blida, Mohamed Melouk fit la rencontre d’un vieil ami, un certain Ait Messaouden qui deviendra par la suite le premier pilote de chasse algérien. Premier de sa promotion radio, il eut droit à un stage pratique.  

Aït Messaouden s’occupa de pilotage alors que Melouk prit en charge la radio. Ce contact réel avec un matériel sophistiqué incita Mohamed à poursuivre son chemin vers sa vraie passion.

Diplômes en poche, Melouk s’orienta alors vers la section militaire d’El Harrach, spécialisée dans les transmissions. Arrivé au bureau, l’officier chargé du recrutement lui demanda ses papiers, et lorsqu’il vit sur la carte d’identité du jeune Algérien la mention « Français musulman », il lui fit part du refus catégorique de l’administration de l’inscrire. Profondément indigné par les clauses abusives de l’école d’El Harrach, Mohamed Melouk prit alors la décision de déserter le service militaire et de rejoindre directement les rangs de l’ALN.

Le début d’une grande aventure

L’année 1955 fut une année décisive pour Mohamed Melouk, en ce sens qu’il décida de passer à l’acte et faire ses premiers pas au djebel. Grâce à quelques connaissances, il contacta des membres du FLN, mais pour des raisons de moyens et de procédures strictes, imposées par des impératifs de sécurité, l’ALN exigeait aux volontaires d’être recherchés par l’armée française. Sa première tentative d'intégrer les moudjahidine fut donc un échec.

Plus déterminé que jamais à suivre le chemin que lui dictait le destin, Mohamed milita activement au sein des cellules secrètes du FLN à Blida. Il mit en place un atelier de maintenance et de réparation de matériel de transmission et contribua également aux écoutes ciblant les services de sécurité français, moyennant un matériel qu’il avait lui-même fabriqué à partir d’une radio transformée en poste d’écoute.

1956, le moment de vérité arriva. Il fallait prouver son engagement et sa bravoure pour être admis au maquis. Mohamed était prêt à relever le défi. Fin 1955, début 1956, l’opération à laquelle il participait avec ses frères du FLN et qui visait le commandant de la place de Blida tourna mal. Melouk devait récupérer l’arme de la cible après que le fidai lui eut tiré dessus. Mais ce dernier fut tué sur le coup, après la riposte de l’officier français. Melouk prit la fuite et ne tarda pas à rejoindre le maquis de la Wilaya IV sous le commandement du colonel Si Sadek, de son vrai nom Slimane Dehilès.

De formation technique, Mohamed fut affecté à la section des transmissions, une unité à peine créée et fonctionnant avec des moyens modestes. Mettant ses connaissances au profit de l’ALN, il commença à mettre en place un atelier, en constituant un matériel d’écoute et de réception grâce à l’aide matérielle de Mustapha Bencherchali, fils d’une grande famille de notable de la ville de Blida. Mohamed le rencontrera plus tard au PC 4 de la Wilaya V, en compagnie d’un certain Mustapha Nador originaire de La Casbah. Mustapha Bencherchali tombera au champ d’honneur en 1957.

Pendant son séjour dans la Wilaya IV, Mohamed Melouk effectuera plusieurs dépannages et réparations, sur le matériel récupéré des unités françaises lors des embuscades qui leur furent tendues.

Au maquis de la wilaya IV  il fit la rencontre de plusieurs moudjahidines qui ont inscrit en lettre d’or leur combat pour la libération nationale à l’instar de Baya el Kahla , de son vrai nom  Toumya Laribi.

Dans son livre intitulé Ondes de choc, Senoussi Seddar dit Si Moussa raconte : « Le colonel Si M’hamed Bougera, commandant de la Wilaya IV, avait tenté de créer les transmissions dans sa propre wilaya. Il fait appel, pour ce faire, à deux jeunes moudjahidine, Sabri, élève du lycée technique du Ruisseau à Alger, et Mohamed Mekhatria, ancien militaire opérateur radio de transmission pendant la guerre d’Indochine. » Le choix du lieu a été déterminé par Si M’hamed Bouguera ; ce dernier opta pour les monts de l’Ouarsenis, plus calmes et moins exposés aux accrochages avec l’armée française. Sabri et Mekhatria se mirent au travail et creusèrent un abri pour le PC, mais ne sachant pas bien se débarrasser de la terre fraîche extraite, ils commirent l’erreur de l’étaler tout au tour de la cache. Les pilotes des avions de l’armée française, pouvant facilement voir le contraste d’en haut, effectuèrent un bombardement intensif, qui causa la destruction totale des installations. Si M’hamed décida alors d’abandonner ce projet et ordonna à Sabri et Mekhatria de se rendre à la Wilaya V qui disposait, elle, de matériel et d’opérateurs mais pas de techniciens.

Le départ à la Wilaya V

Le départ de Sabri et Gherbi pour l’ouest du pays a été négocié par Si Salah (Zâamoum). À cette époque, c'est-à-dire avant la constitution de l’Etat-major, les wilayas historiques étaient autonomes, autrement dit, chaque wilaya disposait de ses propres moyens et ressources. Pour faire face à la puissance logistique de l’ennemi, il fallait donc s’entraider et faire un échange de savoir-faire et de matériel et munition.

« Arrivé à la Wilaya V, nous dit Si Sabri, ils m’ont testé. J’ai réussi, à tel point qu’ils ont décidé de créer un service technique, dans lequel j’ai contribué.» Sabri apporta son savoir-faire et ses connaissances acquises pendant son stage de préparation militaire à Blida, notamment sur l’entretien du fameux ANGRC9, l’émetteur sophistiqué, que Si Abdelkader Chanegriha, dit Tchang, a réussi à acheter auprès de la firme allemande Téléfunkun, et ce, en dépit du blocus français sur ses armes réservées aux pays de l’Otan.

« Ma première mission, nous raconte Sabri, a consisté à réparer une panne dans la zone 6 de la Wilaya V (Mascara). Gherbi s’en est chargé, quant à moi je suis parti pour la zone 8, à Boudnib, afin de dépanner l’ANGRC9 du PC 9, la zone était sous le commandement de Si Larbi.» Le réseau de la zone 8 étant caractérisé par un trafic radio très important, en raison des grandes distances au sud du pays, les postes tombaient en panne très fréquemment. Le témoignage de Si Moussa dans son livre Ondes de choc confirme l'effort colossal fourni par le binôme Sabri et Gherbi. Concernant Mohamed Melouk, il dira que ce dernier « traversera à cinq reprises la frontière algéro-marocaine ». La traversée de la frontière fut à l’époque une entreprise périlleuse, Si Sabri faillit un jour y laisser sa vie, lorsqu’un éclat d’obus tiré par l’armée française lui transperça le ventre.

Un jour de l’année 1957 et pendant que Sabri installait le PC de la zone 8, on l’informa que la radio Voix de l’Algérie libre et combattante était tombée en panne. La radio, lancée le 16 décembre 1956 au Maroc, disposait de deux émetteurs, quand le premier cessait de fonctionner, le deuxième prenait le relais. En septembre, ce que l’on redoutait le plus finit par arriver, le deuxième appareil (émetteur) tomba lui aussi en panne. Sabri reçut alors l’ordre immédiat de se rendre au Maroc en mission de maintenance. Boumediene, chargé alors de la Wilaya V, lui envoya son chauffeur personnel, pour le ramener de Boudnib à Zaio, dans la province de Nador. Arrivé à la station, il fallait, et sans perdre un instant, se mettre au travail. Sabri répara les deux émetteurs le même jour et prit l’initiative de les faire fonctionner en même temps. Grâce à son exploit, la radio put reprendre ses émissions avec deux fréquences différentes. Ce fut une véritable prouesse technique d’autant que le matériel avait fait son temps, c’était des appareils difficiles à réparer, étant achetés d’un lot de surplus américain destiné à la vente, et que Zeggar dit Rachid Caza avait récupérés.

C’est avec une grande émotion que Sabri se rappelle le moment où Boumediene le reçut dans son bureau et le félicita en lui promettant une récompense pour les efforts qu'il avait consentis. Sabri sera d'ailleurs, peu de temps après, promu au grade de capitaine, estimant honorer avec son exploit technique la Wilaya IV ou il avait fait ses premiers pas dans la glorieuse révolution.

Modernisation de la radio RDA

Dans l’ancienne installation, l’émission se faisait à l’intérieur d’un camion, qu'il fallait dissimuler à l'intérieur d'une enceinte, en démolissant et en reconstruisant les murs chaque soir. Le manque d’espace et la mobilité réduisaient considérablement le rendement. Si Sabri nous raconte également que la radio qui avait un grand impact sur le moral des Algériens était devenue un outil indissociable pour la lutte armée, car face aux moyens médiatiques modernes dont disposait l’ennemi, en matière de communication, il fallait trouver une solution rapide et parer à toute panne imprévue.

Dans cette nouvelle mission, Sabri fut chargé de créer d’abord un studio d’enregistrement, et c’est à Nador-Ville qu’il fut établi. La tâche n’avait pas été facile, car il fallait mettre en place une console technique en utilisant des pièces détachées vendues séparément.

Vers 1958, l’enregistrement avec les magnétophones était devenu possible ce qui permit aux speakers de faire un travail plus consistant, en étant débarrassés des contraintes du terrain. Parallèlement au studio d’enregistrement, il fallait moderniser aussi l’émission et passer à l’utilisation d’émetteurs plus performants afin d’élargir le champ d’écoute de la radio. Et ce fut encore grâce à Messaoud Zeggar que la DTN reçut un nouveau matériel, un émetteur de 5 KW, mais destiné seulement à la télégraphie. Sa réadaptation en phonie nécessitant une modification, Laghouati et Sabri reçurent alors un financement pour acheter le matériel nécessaire et le rendre fonctionnel. L’amplificateur le plus puissant qu’on pouvait trouver au Maroc ne dépassait pas les 300 W, alors que l’émission avait besoin d’au moins 800 W en BF (basses fréquences) au minimum. L’amplification fut alors rendue possible dans les laboratoires de l’ALN, permettant de contourner les difficultés techniques. Avec l’aide de Laghouati, qui avait fait le déplacement spécialement de Tunis vers le mois de mars, le nouvel appareil était fin prêt et la transmission put démarrer. L’ALN avait désormais une radio puissante et surtout fixe. Le nouvel émetteur faisait 3 tonnes, il fallait donc lui trouver un lieu sûr, à l’abri des regards d’autant que les services spéciaux français avaient engagé plusieurs unités pour traquer les services de transmissions à l’intérieur du Maroc. Après des prospections, le choix fut arrêté sur une ferme isolée du côté de Zaio. L’émetteur, nous raconte Sabri, était si volumineux qu’il avait fallu casser le mur de l’enceinte pour pouvoir l’introduire à l’intérieur. Les nouvelles émissions couvraient désormais tout le territoire algérien, la Tunisie et une partie de l’Egypte.

La formation des nouvelles recrues 

Devenue un centre incontournable des transmissions de l’ALN, la Wilaya V passa à la formation des opérateurs. Ainsi, deux autres sections plus importantes furent formées du côté ouest du pays ; il s’agit successivement d’une promotion de onze stagiaires puis de vingt-trois stagiaires. La première reçut son instruction à Nador au CITT et la seconde à Oujda. Sabri fera partie des instructeurs de ces nouvelles promotions en se chargeant d'enseigner l'aspect pratique comme il savait toujours le faire. Pour la nouvelle radio installée à Zaio, une équipe technique formée par Sabri faisait le déplacement chaque semaine pour effectuer des entretiens préventifs sur le nouveau matériel.En 1960, l’ALN plus structurée avec des relais très importants à l’étranger et des relations avec des pays ami comme la Chine, décida d’envoyer les meilleurs de ses officiers en formation à l’étranger. Sabri fut parmi la délégation reçue par Mao à Pékin en compagnie de Laaroussi et Laghouati. Etant parmi les premiers pays à avoir reconnu le GPRA, la Chine décida d’offrir une station complète de 50 KW en ondes courtes à l'Algérie. Sabri fut choisi avec Laaroussi et Ouzeghdou pour suivre un stage de formation sur ce nouveau matériel à Pékin.

Outre la wilaya  IV et V Sabri contribua notamment à la mise en place d’un programme de  formation des techniciens dans le front sud au Mali ,  Ghuerbi qui s’y est rendu a été chargé de le mettre en place.

A l’indépendance, Mohamed Melouk reste étroitement lié à sa passion. Il installe des réseaux de transmissions des institutions de l’Etat, comme la police et la gendarmerie. Aujourd'hui, Mohamed Melouk est un industriel mondialement connu dans le domaine des transmissions. Il travaille en compagnie de son fils à qui il a transmis le flambeau.

Nazim Aziri

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