PARCOURS D'UN COMBATTANT DU MALG
Décès de Abderrahmane Belghomrani

Par Dahou Ould Kablia
Publié le 27 sep 2012
Abderrahmane Belghomrani
Belghichi et Abderrahmane Belghomrani
Abderrahmane Belghomrani  à gauche de la photo, reception d'une importante cargaison d'armes d'armes provenant de chine à Alexandrie.

Cet été (le 14 juillet 2012), nous avons eu à déplorer la disparition d'un compagnon exceptionnel à tous points de vue, tant son amour pour notre pays était immense.

Il s'agit du frère Abderrahmane Belghomrani, ex-officier de l'ALN (MALG) peu connu du grand public tant sa modestie, sa discrétion étaient appréciables, ce qui ajoutait un grand plus à son efficacité.

Né le 20 octobre 1931 à Mila (département de Constantine à l'époque) d'une famille modeste très attachée aux principes de l'Islam (religiosité, honnêteté et amour du pays), et après des études primaires (école communale et medersa), il adhère à cette grande école du nationalisme : les SMA. Par la suite, il s’inscrit pour des études secondaires à l'institut Ibn Badis de Constantine puis rejoint la Zitouna de Tunis où il décroche son diplôme universitaire (1955). De retour au pays, il enseigne à la medersa de Tiaret, puis à l'Institut Ibn Badis de Constantine.

Recherché pour insoumission au service militaire français, il se réfugie à Tunis et intègre l'ALN où il est affecté au DARG qui devient le MARG en 1958-1959 sous le commandement des colonels Ouamrane et Mahmoud Chérif (ministère de l'Armement et du Ravitaillement au sein du GPRA) ; il devient membre du secrétariat général chargé du département de l'administration générale où il a laissé le souvenir d'un militant parfaitement discret et efficace.

Affecté au Caire, plate-forme de la réception des armes en provenance de diverses origines, il assure la coordination entre son bureau du Caire et les locaux de transit à Alexandrie, Marsa Matrouch, Djebel Lakhdar. Il organise avec Belguechi les transports vers les bases et dépôts intermédiaires avant l'arrivée à leur destination à la frontière algéro-tunisienne.

Du Caire, il est appelé à effectuer plusieurs missions de prospection dans les pays arabes du voisinage (Liban, Syrie et Jordanie). À la suite du transfert des missions, précédemment dévolues au ministère de l'Armement et du Ravitaillement général (MARG), au colonel Boussouf, il est rappelé à Tunis pour seconder le colonel Mostefa Benaouda, nouveau patron de l'armement, avec d'autres responsables tels que Mostefa Cheloufi, Said Bayou et Abdelmadjid Bouzbid jusqu'au 5 juillet 1962.

Après cette date, il est parmi les derniers frères à rentrer en Algérie après avoir accompagné le dernier bateau chargé d'armes à destination de Annaba.

Depuis l'indépendance, une riche activité a meublé sa vie dans de nombreux secteurs : journalisme (El Chaab) comme secrétaire de rédaction, rédacteur-traducteur à la société pétrolière SN Repal puis chef du département du personnel. Après la nationalisation des hydrocarbures, il intègre la Sonatrach comme chef du département de l'administration générale jusqu'en 1985 date de son départ à la retraite.

II a continue de militer au sein de l'Association nationale MALG dont il a été l’un des fondateurs en 1990. Il a contribué à faire connaître la lutte du MALG en donnant différentes conférences toujours très documentées, notamment sur la Direction logistique Est dont il était l’un des responsables.

L'AN MALG à travers son président et les membres de l'Association rendent un vibrant hommage au défunt Abderrahmane Belghomrani, vice-président de l'Association nationale du MALG et grand serviteur de l'Algérie.