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Par Hassina AMROUNI, nov 2012.

Des sites témoins de la préhistoire

Aïn Lahnèche

Ruines romaines de Aïn Lahnèche

L'un des sites archéologiques les plus importants au monde se trouve en Algérie. Aïn Lahnèche, situé à quelques kilomètres d’El Eulma, dans la commune de Guelta El Zergua, a été découvert en 1947, à la suite des fouilles effectuées par le paléontologue français Camille Arambourg. Elles se poursuivent encore aujourd’hui, sous l’égide d’un chercheur algérien, le Dr Mohamed Sahnouni, archéologue, ayant fait ses études universitaires à Alger, puis à Paris pour enfin décrocher son PHD à l'Indiana University (USA).

L’intérêt des étudiants en post-graduation – ils sont plus de 200 étudiants à avoir travaillé sur le site depuis la reprise des fouilles en 1992 – de même que celui des chercheurs étrangers pour le site de Aïn Lahnèche sont également très manifestes. Aussi, une collaboration très fructueuse est établie entre les chercheurs algériens et leurs homologues étrangers afin de mener à bien les missions de recherches.

A ce titre, les fouilles entreprises par les Algériens en compagnie d’une équipe de chercheurs du site préhistorique d'Atapuerca en Espagne ont permis la découverte d’outils (silex) et de traces constatées sur les os des animaux (hippopotame....) datant d’il y a 1,8 million d'années, ce qui a fait dire aux chercheurs que l’homme de Aïn Lahnèche «vivait dans un paysage de savane semblable à celui d'Afrique subsaharienne actuelle».

Persuadés que le site n’a pas encore livré tous ses secrets, ils continuent leur exploration espérant trouver les os de l’homme de Aïn Lahnèche. En attendant, c’est une dent de crocodile qui a déjà été identifiée avec l'aide du paléontologue hollandais Jan van Der, présent sur place. Elle vient s’ajouter à la liste des 884 fragments d'ossements d'animaux fossilisés provenant de la faune sauvage peuplant le paléolithique inférieur (deux millions d'années environ) dans la région de Ain Lahnèche et mis au jour par une équipe de 15 archéologues algériens et étrangers durant la décennie allant de 1990 à 2002. Ces trouvailles archéologiques ont ensuite été remises au Musée national archéologique de Sétif où elles sont exposées fièrement aux visiteurs.

Aïn Lahnèche n’est, cependant, pas le seul site à avoir été fouillé, deux autres sites voisins, en l’occurrence les sites de Aïn Boucherit et El Kherba ont fait l’objet d’un intérêt très poussé de la part de cette même équipe de chercheurs menée par Mohamed Sahnouni, permettant la découverte de nombreux fragments d'objets et d'outils divers, datant de la même époque, et qui attestent d'une «présence humaine remontant à près de 2 millions d'années dans le bassin de Aïn Lahnèche». Un bassin que le Dr Sahnouni présente comme «l'un des plus anciens sites archéologiques au monde».

Militant en faveur du classement de la région de Aïn Lahnèche, les chercheurs veulent «en faire une région protégée». Et les autorités locales et tutélaires gagneraient à agréer cette demande car la richesse de ce site, qui n’a sans doute pas encore livré tous ses secrets, est inestimable.

Hassina Amrouni

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