Le puissant allié
La Chine populaire.

Par Fateh Adli
Publié le 30 jui 2018
La République populaire de Chine est l’un des premiers pays socialistes à avoir soutenu la Révolution algérienne et le premier pays non arabe à reconnaître le Gouvernement provisoire de la République algérienne en septembre 1958, puis à l’inviter officiellement pour une visite, ce qui a permis à la première délégation algérienne, composée de Benyoucef Benkhedda et de Mahmoud Chérif, en novembre-décembre 1958, l’occasion de discuter avec le dirigeant chinois Mao Tsé-Toung.
Photo de la délégation algérienne en Chine
Algériens et Chinois sur le pont du Yangtsé

Cette première visite a donné une forte impulsion aux relations algéro-chinoises, puisqu’elle sera rapidement suivie d’autres visites de dirigeants de la Révolution et, notamment, du GPRA. Ainsi, en mars 1959, une mission militaire algérienne, conduite par le secrétaire d’Etat Omar Oussedik, et composée de neuf officiers, a été accueillie en Chine où elle séjourna deux semaines. Durant cette période, la délégation a étudié l’expérience chinoise en matière de guerre révolutionnaire et les possibilités d’en tirer profit dans la lutte révolutionnaire algérienne contre le colonialisme français.
Puis, Benyoucef Benkhedda effectue sa deuxième visite en Chine, en octobre 1959, avec comme mission précise : remettre une liste des besoins de l’Armée de libération nationale et fixer les chemins d’approvisionnement.
Cette évolution dans les relations sino-algériennes se traduira par la visite du Président du GPRA, laquelle sera couronnée par une augmentation conséquente du soutien de la Chine pour l’insurrection algérienne sous forme d’armes et d’aides aux réfugiés à hauteur de 25 milliards de francs, en plus de la formation de cadres militaires algériens, dont des pilotes.
Cet intérêt de la diplomatie révolutionnaire pour gagner le soutien des Chinois s’inscrit dans le cadre des démarches engagées par les dirigeants du GPRA en vue d’avoir des alliés puissants à l’image de la Chine populaire qui, en plus d’être une puissance démographique, était déjà une puissance nucléaire. Cela devait permettre au GPRA d’obliger les pays de l’OTAN, alliés naturels de la France, à revoir tous leurs calculs et à accepter un règlement pacifique au conflit.
A noter aussi que les dirigeants chinois avaient déjà, dans leur stratégie internationale, comme souci de ne pas permettre aux Etats-Unis d’installer des bases militaires en Algérie et dans toute l’Afrique du Nord. C’est ce que Mao Tsé-Toung a expliqué aux membres de la première délégation militaire algérienne venue en Chine, en leur disant : « L’Amérique cherche à mettre en place des bases militaires dans le détroit de Taiwan, en Europe, en Méditerranée et même au Japon ; et l’impérialisme américain veut s’étendre partout. »
De son côté, le vice-ministre chinois de la Défense, Huang Ke Cheng, a déclaré lors de sa rencontre avec la délégation algérienne : «Il est du devoir de la Chine d’aider un pays qui lutte contre l’impérialisme», ajoutant : « L’Amérique joue sur deux cordes : elle soutient le colonialisme français en Algérie avec des armes qui ont fait d’innombrables victimes en Algérie, et dans le même temps, montre de la sympathie avec l’Algérie. Or, son objectif est de prendre la place de la France en Algérie ».
Tous les responsables chinois qui ont eu des entretiens avec les dirigeants de la Révolution algérienne ont réitéré leur engagement à soutenir la lutte du peuple algérien par tous les moyens possibles, tout en insistant sur la nécessité d’exploiter « les divergences existantes entre la France et les Etats-Unis » pour avancer dans les négociations d’indépendance.
Après Benkhedda, une autre délégation du GPRA effectuera une visite officielle en Chine. Elle sera conduite par Krim Belkacem, ministre de la Guerre et composée aussi d’Abdelhafidh Boussouf, ministre du MALG, et d’Ahmed Francis, ministre des Finances, et eut des entretiens officiels avec la direction politique de ce grand pays, et négocié des projets importants pour la Révolution.
Cette communion avec la Chine se poursuivra jusqu’au dernier jour de la guerre et, même, au-delà. A la veille des négociations avec le gouvernement français envisagées dès 1961, les dirigeants du GPRA ont tenu à en informer la direction politique chinoise et à leur en réserver la primeur. C’est ainsi que le futur négociateur en chef du GPRA, Krim Belkacem, demanda à voir l’ambassadeur de la Chine au Caire pour lui expliquer les raisons ayant poussé le GPRA à accepter le principe des négociations et à s’y engager. Devant le diplomate chinois, Krim Belkacem rappela la devise du leader chinois Mao Tsé-Toung : « Nous marchons sur deux pieds : nous irons aux négociations et continuerons en même temps à combattre l’ennemi à l’intérieur ».

Adel Fethi

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