PORTRAITS DE STRATÈGES ET DE FINS NÉGOCIATEURS

Par Abderachid MEFTI
Publié le 23 fév 2013
Belkacem Krim (1922-1970)
Ahmed Boumendjel (1908-1982)
Taieb Boulahrouf
Rédha Malek
Benmostefa Benaouda
Mohamed Seddik Benyahia
Saâd Dahlab (1919-2000)
Lakhdar Bentobbal (1923-2010)
M’hamed Yazid (1923-2003)
Ahmed Francis (1912-1968)

Belkacem Krim (1922-1970)

Belkacem Krim est né le 15 décembre 1922 à Aït Yahia Moussa  en Kabylie. Au cours de la révolution algérienne, il est l’un des chefs historiques du Front de libération nationale. Surnommé Le lion du djebel par les soldats français, il est considéré comme l’un des premiers maquisards de la révolution algérienne. Le 1er novembre 1954, Krim est le responsable de la zone de Kabylie et devient membre de la direction intérieure du FLN (groupe des six chefs historiques).
En 1956, il crée, avec ses compagnons du CCE, la Zone autonome d’Alger (ZAA). Après le coup d’Etat du 19 juin 1965, il passe dans l’opposition. Le 8 octobre 1970, il est assassiné à Francfort (Allemagne).

Ahmed Boumendjel (1908-1982)

Ahmed Boumendjel est né en 1908 à Aït Yenni (Tizi-Ouzou). Après trois années d’études à l’Ecole normale de Bouzaréah, (Alger) il devient instituteur et exerce cette profession durant quatre ans puis, en 1936, s’inscrit à la Faculté de droit de Paris. Après l’obtention de sa licence, il devient avocat-stagiaire à Paris. Il regagne Alger en 1937 et, l’année suivante, y ouvre son propre cabinet d’avocat. Après le déclenchement de la révolution du 1er novembre 1954, il appuie l’action du FLN et se résout à gagner clandestinement Tunis en juillet 1957. En 1960, il est porte-parole du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) aux négociations de Melun, puis à Evian en mars 1962. Après l’indépendance, il est ministre de la Reconstruction et des Travaux publics jusqu’à décembre 1964. A compter de cette date, il se tient à l’écart de la vie politique. Il obtient alors un poste à l’Unesco, qu’il occupe jusqu’en 1969, date de son départ à la retraite. Il reprend ensuite par intermittence ses fonctions d’avocat jusqu’à son décès le 19 novembre 1982, des suites d’un cancer à l’âge de 74 ans.

Tayeb Boulahrouf

Tayeb Boulahrouf est né le 9 avril 1923 à Oued Zenati (wilaya de Guelma). Très jeune, il se rend compte de la nécessité du combat nationaliste et s’engage dans la lutte politique en devenant responsable dans l’organisation du PPA-MTLD. En août 1951, il entre au comité central avant de devenir en 1952 membre du comité directeur de la délégation permanente du MTLD en France. Il milite ensuite au sein du Front de libération nationale (FLN) en France avant d’être représentant du GPRA à Rome en 1958. Après l’indépendance, Tayeb Boulahrouf est nommé ambassadeur d’Algérie successivement à Rome, Lima, Bucarest, Buenos Aires, La Paz et Lisbonne. Il décède le 27 juin 2005 à l’âge de 84 ans.

Rédha Malek

Redha Malek est né le 21 décembre 1931 à Batna. En 1955, il est membre fondateur de l’Union générale des étudiants musulmans algériens (Ugema) et en 1957, membre de son comité directeur. En 1957, il est désigné responsable du journal El Moudjahid. De mai 1961 à mars 1962, il est désigné porte-parole de la délégation algérienne aux négociations d’Evian alors qu’il a à peine 30 ans. A cette époque, il dirigeait le journal El Moudjahid, organe central du Front de libération nationale (FLN), et a assisté aux discussions, sur les bords du lac Léman, qui ont conduit à la signature des accords, le 18 mars, et au cessez-le-feu entré en application le lendemain. Il est aujourd’hui âgé de 82 ans est reste le seul survivant des négociateurs d’Evian.

Benmostefa Benaouda

Benmostefa Benaouda est né en 1925 à Annaba. En avril 1951, il rejoint les maquis pour participer à la lutte armée. Il est militant du Parti du peuple algérien (PPA) puis du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), membre de l’Organisation spéciale (OS), du groupe des 22 et du Conseil national de la révolution algérienne (CNRA). Il occupe des postes de responsabilité durant la lutte de libération nationale, notamment responsable de la Wilaya II, chargé de la logistique en matière d’armement et participe en 1961 aux négociations d’Evian II en remplacement de Kaïd Ahmed, sur décision du GPRA. Il est aujourd’hui âgé de 88 ans et reste le seul survivant du groupe des 22.

Mohamed Seddik Benyahia

Mohamed Seddik Benyahia est né le 30 janvier 1932 à Jijel. Durant la révolution, tout en étant jeune avocat, il prend une part active dans la lutte pour l’indépendance. Il est secrétaire général de la présidence du Gouvernement provisoire de la République algérienne et membre de la délégation algérienne lors des négociations d’Evian. Il fait partie de la délégation algérienne aux pourparlers de Melun en 1960. Il est chargé de présider la réunion du CNRA à Tripoli (Libye) en 1962. Après l’indépendance, il est nommé ambassadeur à Londres puis à Moscou. Il est ministre de l’Information de 1967 à 1971, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de 1971 à 1977, des Finances de 1977 à 1979, des Affaires étrangères de 1979 à sa mort. En 1981, il est gravement blessé dans un crash d’avion au Mali, mais ne survivra pas à un autre accident d’avion au mois de mai 1982 lors d’une mission de paix entre l’Irak et l’Iran.

Saâd Dahlab (1919-2000)

Saâd Dahlab est né en 1919 à ksar Chellala dans la région de Tiaret. Il suit des études dans sa ville natale avant de se rendre à Médéa puis à Blida et obtient son baccalauréat en 1940. Après le déclenchement de la révolution, il est arrêté et emprisonné par les autorités coloniales françaises jusqu’à sa libération au printemps de 1955. Durant l’été 1955, il rejoint les rangs du Front de libération nationale (FLN) puis est désigné membre du Comité de coordination et d’exécution (CCE) chargé de l’information et de l’orientation. Après le transfert du commandement du CCE à l’extérieur, il part au Maroc avec Abane Ramdane en passant par la Wilaya V. Il devient l’adjoint de Ferhat Abbès et membre du Gouvernement provisoire de la République algérienne au sein duquel il occupe les postes de vice-ministre de l’information, secrétaire général, puis ministre des Affaires étrangères. Il participe également aux négociations d’Evian qui se sont soldées par l’indépendance de l’Algérie. Il est décédé le 16 décembre 2000.

Lakhdar Bentobbal (1923-2010)

Slimane Bentobbal, dit Si Lakhdar, est né le 8 janvier 1923 à Mila. Il est l’un des artisans, avec Zighoud Youcef, de l’offensive du Nord-Constantinois le 20 août 1955. Militant au PPA dès 1940 dans sa ville natale, il devient membre de l’OS en 1947. Condamné par contumace par les autorités coloniales, il entre dans la clandestinité. En octobre 1954, il fait partie du groupe des 22 et devient l’un des responsables de la lutte armée dans le Nord-Constantinois avant de prendre la succession de Zighoud Youcef à la tête de la Wilaya II. Après avoir rejoint Tunis en 1957, il est nommé ministre de l’Intérieur au sein du GPRA de septembre 1958 à juillet 1959 et de janvier 1960 à août 1961. Dans le troisième GPRA, présidé par Benyoucef Benkhedda, il devient ministre d’Etat sans portefeuille. Si Lakhdar a fait partie de la délégation des négociateurs qui s’est rendue en Suisse pour les négociations d’Evian entre le GPRA et le gouvernement français. Il est décédé le 21 août 2010.

M’hamed Yazid (1923-2003)

M’hamed Yazid est né à Blida le 8 avril 1923 et y effectue ses études jusqu’à l’obtention de son baccalauréat. En 1945, il se rend à Paris pour s’inscrire à l’Institut des langues orientales, ce qui lui permet de maîtriser plusieurs langues. En 1942, il adhère au Parti du peuple algérien alors qu’il est encore étudiant puis est élu secrétaire général de l’Association des étudiants musulmans d’Afrique du Nord (AEMNA) de 1946 à 1947. En 1948, il est arrêté et condamné à deux ans de prison sous l’accusation de détention de tracts clandestins. Il participe de façon efficace aux 10e, 11e et 12e sessions des Nations unies qui ont inscrit la question algérienne à l’ordre du jour de leurs travaux. M’hamed Yazid est l’un des négociateurs qui ont paraphé les accords d’Evian en mars 1962. Il est décédé le 31 octobre 2003 à l’âge de 80 ans.

Ahmed Francis (1912-1968)

Ahmed Francis est né à Relizane le 12 novembre 1912. Il effectue l’ensemble de ses études en France et obtient son doctorat en médecine à l’Université de Paris. De retour en Algérie, il exerce sa profession à Sétif en 1942. En 1956, il rejoint les rangs de la Révolution et après le Congrès de la Soummam il est nommé membre suppléant au Conseil national de la Révolution algérienne. Il devint ministre des Finances dans les première et deuxième formations du Gouvernement provisoire de la République algérienne présidé par Ferhat Abbès (1958-1961). Il participe aux premières négociations d’Evian. Après l’indépendance, il est nommé député dans la première Assemblée constituante, puis ministre des Finances le 27 septembre 1962. Ahmed Francis est décédé le 1er septembre 1968 à Genève (Suisse).

Abderrachid Mefti


 

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