La « capitale du Djebel Amour »
Histoire de la ville d’Aflou

Par Hassina AMROUNI
Publié le 21 mai 2018
Culminant à plus de 1400 mètres d’altitude, la ville d’Aflou est l’une des plus élevées d’algérie...
Ville d'Aflou
 gravures

Située à 110km à l’ouest de Laghouat, le chef-lieu de wilaya et à quelque 400 km d’Alger, Aflou a été bâtie au cœur du massif de Djebel Amour d’où son surnom : « capitale du Djebel Amour ».
Bien que la ville telle que nous la connaissons aujourd’hui soit de construction récente, la région d’Aflou a néanmoins connu une présence humaine depuis la préhistoire. Les chercheurs, en se basant sur les gravures rupestres découvertes sur les parois de montagnes de la région, expliquent que des peuples nomades d’Afrique du nord s’y sont établis, il y a des millions d’années.
Depuis, les tribus s’y sont succédé, la première étant celle des Amour, une confédération de tribus arabes nomades qui donneront leur nom à cette région du pays.
Les Hilaliens s’y établiront, eux aussi, représentés aujourd’hui par les douars des Ouled Mimoun, Cheraga (occidentaux) et Gheraba (orientaux) ainsi que les Ouled Sidi Hamza.
Au cours de leur implantation, les Ouled Mimoun Gheraba seront la tribu dominante mais cette hégémonie ne durera qu’un temps, leurs forces s’étant épuisées au cours des fréquentes luttes intestines de pouvoir. Etablis dans la partie sud-ouest, les Ouled Sidi-Hamza, eux, occupent un douar présaharien. En dépit de terre sévèrement touchées par l’érosion éolienne, ils parviennent à cultiver l’orge, ceci, en plus de l’élevage de chevaux. Leur territoire est, du reste, traversé par la piste des grands nomades du sud, les Saïd Otba, dont le ksar Taouiala est le principal gîte d’étape entre Ouargla et le Sersou.
Occupant la partie nord et nord-ouest du massif, les Adjalètes et Ouled Sidi Brahim dominent la mer d’alfa et la plaine d’El Ousseukh. Ces deux tribus sont ainsi exposées aux éléments naturels, ce qui les contraint à une vie de nomadisme, sur leur propre territoire, vaste de quelque 127 000 ha.
Plus au sud et vers le sud-est, les Ouled Ali Beni-Ameur, tribu sans doute issue d’un brassage entre Hilaliens et Berbères, sont connus pour leur extrême indigence, vivant sur une terre semi-aride, où seules quelques touffes d’alfa occupent un paysage quasi lunaire.
Dans les montagnes, au cœur de massifs abrupts donnant sur des falaises verticales aux gorges profondes, vivent les Ouled Yagoub el Ghaba (de la forêt). Là, ont également trouvé refuge les Ouled Srour, des descendants de berbères ayant fui les Banou Hilal. Ils vivent de l’élevage de chèvres, fabriquent du charbon de bois et du goudron (avec le bois de genévrier oxycèdre) et se nourrissent de temps à autre de baies de genévriers.
Pour leur part, les Ouled Yagoub Cheraga et les Ouled Yagoub Gheraba, établis au sud et à l’ouest, sont connus pour être de purs Hilaliens, venus de Tunisie au XIVe siècle. Eleveurs de cheptel, ils nomadisent loin de leurs terres, se déplaçant jusqu’à proximité de Ghardaïa, en hiver et jusqu’aux alentours de Relizane en été.
Pour leur part, et bien qu’orientés géographiquement et historiquement vers El Bayadh, les Ouled Sidi-Naceur dépendent administrativement de la commune mixte de Laghouat. Séparés des Ouled Sidi Cheikh, ils se rallièrent aux Ouled Amour.

Occupation française

La ville moderne d’Aflou a été érigée au cours du XIXe siècle, durant la période d’occupation française. D’abord annexe administrative du cercle militaire de Tiaret au départ, elle devient à partir de 1874 une commune mixte du département d’Oranie puis, en 1957, elle est rattachée au nouveau département de Tiaret et ce, jusqu’en 1974, où elle est intégrée à la wilaya de Laghouat.
Hassina AMROUNI

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