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Par Hassina AMROUNI, aoû 2012.

Une histoire riche et tourmentée

Palais El Mechouar

Mechouar de Tlemcen construit par les Zianides

Durant leur règne, les rois zianides érigèrent d’importants édifices afin de laisser une empreinte indélébile à la postérité. Le palais El Mechouar, construit au moyen âge (1248) en fait partie.El Mechouar qui, littéralement, veut dire «aile du conseil» («lieu de mouchawara») doit son appellation à cette salle dans laquelle se tenaient les réunions des ministres autour du roi de Tlemcen. Le palais El Mechouar fait partie de la citadelle du même nom qui a été construite en 1145, là où le roi Almoravide, Youssef Ibn Tachfin, a installé sa tente lors du siège de la ville. La citadelle qui mesure 200 m de long et 150 m de large est transformée en palais par le roi Abdalwadide Yaghmoracen Ibn Zyan, devenant ainsi la résidence officielle des Zianides. Ces édifices sont agrandis, embellis et restaurés au fil des siècles, par les diverses dynasties qui se sont succédé à Tlemcen, à savoir les Almoravides, Almohades, Zianides et Ottomans.Ces derniers s’empareront dès 1516 de la citadelle, à la demande même des habitants de Tlemcen après que leur roi, Abou Hammou III eut fait allégeance aux Espagnols. Aroudj Barberousse règne pendant deux ans sur Tlemcen, mais en 1518, l’ancien roi de Tlemcen fait appel aux Espagnols pour l’aider à reprendre possession de la ville. Aroudj est assiégé pendant six mois dans la citadelle d’El Mechouar. Alors qu’il parvient à sortir de la citadelle, fortement cernée, il est vite rattrapé puis décapité.En 1541, El Mechouar est à nouveau livré aux Ottomans par le roi de Tlemcen Moulay Mohammed qui dénonce l’allégeance de Hassan Pacha aux Espagnols au lendemain de sa victoire sur les troupes de Charles Quint débarquées à Alger. Commence alors le déclin du royaume zianide.Lors de la signature du traité de la Tafna en 1837, l’Emir Abdelkader dispose du palais qu’il occupe jusqu’en 1842, date de sa reprise par les troupes coloniales françaises qui en font, dans un premier temps, une caserne. La mosquée est, quant à elle, transformée en église. Le site est peu à peu défiguré, notamment lorsque les Français y ajoutent des bâtiments administratifs et militaires.Ce n’est que le 1er décembre 1962 que les clefs d’El Mechouar sont remises à Fodil Sid Lakhdar, représentant la préfecture de Tlemcen. Au lendemain de l’indépendance, la citadelle est transformée en école des cadets militaires. D’ailleurs, c’est là que le grand écrivain Yasmina Khadra effectue sa scolarité à partir de 1964. Période qu’il relate dans son livre intitulé L’écrivain. L’école ferme ses portes en 1986 et le site est rendu à la ville.Dans le cadre de la préparation de l'événement culturel «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011», le ministère de la Culture lance en 2010 le projet de restauration du palais El Mechouar. Mais avant, une opération de fouilles archéologiques est entamée sous la direction du Centre national de recherches archéologiques d’Alger. Des fouilles qui s’avèreront très fructueuses puisqu’elles permettront de mettre au jour des traces de constructions de différentes époques, des pierres tombales, des espaces d’eau, des pièces de céramique, des passages souterrains. Par ailleurs, aux alentours et dans la cour du palais royal, 16 silos remontant à l’époque zianide seront découverts. Ils étaient utilisés pour la conservation et le stockage des denrées alimentaires en prévision des calamités ou des invasions étrangères. Après l’achèvement des travaux de réhabilitation, le site a ouvert ses portes au public. Il abrite des associations culturelles ou artisanales ainsi que des administrations.La mosquée d’El MéchouarConstruite en 1317 par le prince zianide Abou Hammou Moussa 1er, la mosquée d’El Méchouar ne garde de son aspect d’origine que le minaret puisqu’elle a été remaniée à l’ère ottomane puis transformée en église sous l’occupation française. Sur ce minaret figurent deux inscriptions. La première «Al-yûmn wa’l-iqbâl» (Le bonheur et le succès) est une formule très répandue sur les monuments, et la seconde «Yâ thiqatî yâ amalî ! Anta Erradjâ, Anta al-Walî. Akhtim bi Khaïrin’amalî» (O ma Confiance, O mon Espérance, c’est Toi l’Espoir, c’est Toi le protecteur, scelle mes actions pour le Bien).H.A. 

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