Accueil Tlemcen

Par Hassina AMROUNI, aoû 2012.

Magnifique vestige mérinide

Minaret el Mansourah

Minaret des ruines de Mansourah de Tlemcen

Dans le faubourg ouest de la ville de Tlemcen s’élève dans le ciel le célèbre minaret de la mosquée El Mansourah. Tout autour, des vestiges datant du XIVe siècle, témoignent des luttes fratricides qui eurent lieu entre les dynasties abdalwadides et mérinides.Capitale du Maghreb central au XIe, puis du XIIIe au XVIe siècle, Tlemcen, qui était une place stratégique au départ de la route de l’or vers le Soudan, se retrouva très vite convoitée notamment par les Mérinides de Fès. Résistant aux multiples assauts de ses voisins, elle finit par être assiégée, sous le règne de Abou Saïd Othman, roi zianide pendant huit longues années (du 6 mai 1299 au 13 mai 1307).Selon Ibn Khaldoun, il y eut 120 000 morts parmi la population tlemcenienne lors de ce siège. «Malgré cela, ils ont persévéré dans leur résistance. Oh! combien ils ont été admirables de persévérance, d'abnégation, de courage et de noblesse !» ajouta-t-il.Le sultan Abou Yacoub Youcef fit construire la ville de Mansourah (la Victorieuse) au voisinage de la cité assiégée vers 1299. Le sultan se fit bâtir une demeure royale et une mosquée puis l'enceinte en 1302. Mansourah, qui fut d'abord un camp militaire appelé «El Mahalla el Mansourah», finit par se substituer à Tlemcen.Ibn Khaldoun indiquera que la mosquée de Mansourah aurait été construite vers 1303 par le sultan Abou Yacoub, mort avant l'achèvement de son œuvre. La mort du souverain ayant été suivie immédiatement de l'évacuation de Mansourah par les Mérinides, les travaux n'auraient repris qu'en 1336 à l'époque de leur retour lorsque Abou Hassan rebâtit la ville.Durant le siège, le sultan de Fès érigea autour de Tlemcen un mur tel que, selon Ibn Khaldoun, «un esprit, un être invisible aurait eu de la peine à pénétrer dans la cité ».C’est à la suite de l’assassinat du sultan mérinide par l’un de ses esclaves que le siège prend fin. Cela aura pour conséquences le retour des mérinides à Fès et l’abandon de Mansourah.Aujourd’hui, il ne reste de Mansourah que les parties nord et ouest des remparts et la mosquée.Les murailles en pisé, de 1,50 m d’épaisseur, de 12 m de hauteur, flanquées de 80 tours, qui ont presque disparu à l'est et au sud, délimitaient une superficie de 100 ha. Quant à la mosquée, elle occupe un rectangle de 60 m de large sur 85 m de long. La porte principale s'ouvre à la base du minaret. La cour, carrée, comme le sont les mosquées maghrébines des XIIIe et XIVe siècles, était encadrée de galeries prolongeant les nefs de la salle de prière. Outre l'entrée principale, douze portes construites en pierres, décrochant en saillie sur les quatre faces, donnaient accès à la mosquée.Le minaret se dresse à 38 m. Une petite porte s'ouvrant dans la mosquée, sous la galerie antérieure de la cour, donnait accès à la rampe qui, par sept révolutions autour du noyau central, montait jusqu'au niveau de la galerie supérieure. Cette rampe était éclairée par de larges ouvertures percées au milieu des quatre faces et par des jours plus petits dans l'axe des rampes.H.A.

Versions PDF

avr 2019
fév 2019