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Par Leïla Boukli, fév 2013.

chercheur en histoire et en sociologie

Mohamed-Lamine Boutaleb

Hadj Mohamed-Lamine Boutaleb est le descendant par la cinquième génération de Sidi Ali Boutaleb, oncle et beau-père de l’Emir, son arrière-grand-mère qui est née au château d’Amboise durant la captivité de l’Emir, est de plus la nièce de son épouse Lalla Kheïra .
Mohamed-Lamine Boutaleb

Ce sera le 3e et l’actuel président de la Fondation Emir Abdelkader, qu’il crée avec un groupe d’ami(e)s en 1991. Hadj Mohamed-Lamine Boutaleb est né le 16 juillet 1933 à Oued Chorfa, dans la wilaya de Aïn Defla.
Après des études primaires et secondaires suivies au lycée Bugeaud d’Alger, Emir-Abdelkader aujourd’hui, il est recruté en 1952 dans l’armée française puis admis à l’Ecole des officiers de « Saint Maixent » d’où il sort avec le grade de sous-lieutenant. Il démissionnera en 1956, à la suite de l’arrestation de son père, le bachagha Abdelkader, personnalité musulmane bien connue. Lors de la bataille d’Alger, après avoir déclaré à Lacoste que « la seule solution au problème algérien résidait dans la négociation », il offre ses bons offices et tente d’arranger une série de contacts entre d’importantes personnalités du Gouvernement général tant à Alger qu’à Paris, et des interlocuteurs algériens entre autres Abane Ramdane et Ben M’hidi. Ces contacts auraient pu se poursuivre, mais Ben M’hidi est arrêté et assassiné par les hommes de Massu. Son frère rejoint le maquis et tombe au champ d’honneur. Hadj Mohamed-Lamine Boutaleb s’inscrit à l’Institut des études politiques de Grenoble où il obtient une licence en sciences économiques. Il sera arrêté à son tour par la police coloniale, pour sa participation à la Fédération du Front de libération nationale (FLN). On le retrouve à l’indépendance, en tant que chef de l’Etat-major de la Force locale algérienne puis une année après, il est nommé directeur des relations extérieures à la SN Repal. A la nationalisation des hydrocarbures, il rejoint la Sonatrach en qualité de directeur des moyens généraux, qu’il quittera en 1971 pour se consacrer à l’exploitation des terres familiales à Mascara.

Hadj Mohamed-Lamine Boutaleb, trésorier général et vice-président de la Fondation, dans un premier temps, est, depuis 1999, à ce jour, son président. Il travaille sans relâche à réhabiliter l’histoire de l’Algérie. On lui doit plusieurs conférences et communications, tant localement qu’à l’étranger, de même que de nombreux comités nationaux pour des conférences d’intérêt stratégique. Et bien que le nom de l’Emir, fondateur de l’Etat moderne algérien, à la fois homme politique, chef militaire, poète, écrivain et grand penseur soufi, soit déjà présent dans plusieurs lieux de la planète, les membres de sa fondation œuvrent sans relâche, munis de leur volonté seule, à faire partager des valeurs essentielles qui rapprochent les peuples du monde malgré les distances géographiques. Après, la Syrie, les Etats Unis où au nord-est de l’Etat de Iowa, une ville porte son nom, et ce depuis 1846, la France, Cuba, le Mexique, la manifestation la plus récente est celle de Caracas, capitale du Venezuela qui compte désormais une place qui porte le nom de l’Emir Abdelkader. Acte éminemment positif d’échange culturel et d’amitié entre les peuples, fondé sur la profondeur de l’histoire et la nécessité de la préserver et de l’honorer pour éclairer les chemins du devenir.  Au-delà de la dimension nationale de l’Emir – dimension fondamentale qui a enfanté la lignée des leaders de la Révolution algérienne et sa modernité pour les peuples du Sud –, il reste l’une des plus hautes figures de l’humanité.

Et c’est aux nombreuses relectures sur la vie, actes, œuvre, de cette figure exemplaire, de combat et de résistance, être archétypal de réconciliation entre les peuples, figure ni mythique ni mystique, qui a assisté à la montée de la civilisation de la machine, du nombre et du quantum, que Hadj  Mohamed-Lamine Boutaleb tente, somme toute, de rapprocher de nous, non pas par nationalisme ou panarabisme, nous dira-t-il, mais par l’universalisme de cette figure exceptionnelle, héritier spirituel d’Ibn ‘Arabi, cet Andalou dit le cheikh El Akbar (le plus grand des cheikhs) qui l’avait tant inspiré.


Leila Boukli

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