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Par Hassina AMROUNI, aoû 2012.

Le ministère des Moudjahidine au cœur des festivités

Commémoration du 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie

Il y a 50 ans, l’Algérie se libérait du joug colonial, après 132 ans d’occupation et plus de 7 ans de lutte armée. Pour commémorer cette date marquant le début d’une nouvelle ère pour l’Algérie, le gouvernement algérien, à sa tête le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a décidé d’inscrire l’événement dans une symbolique très forte, en initiant un vaste programme de festivités, visant à célébrer l’Algérie indépendante, à exorciser les démons du passé et à rendre hommage à tous ceux qui ont donné leur vie en sacrifice pour voir se briser les chaînes de l’oppression.
Mohamed Chérif Abbès, ministre des Moudjahidine

Sollicité par Mémoria pour nous dévoiler les grandes lignes de ce programme de festivités prévu jusqu’au 5 juillet 2013, Abdelaziz Béchène, chef de cabinet de Mohamed Chérif Abbès, ministre des Moudjahidine, nous a reçus au siège du ministère avec beaucoup de déférence et a répondu à nos questions avec sollicitude. Selon notre interlocuteur, les premiers préparatifs pour cet événement ont été entamés il y a plus d’une année, d’abord au niveau de la Commission permanente de préparation des cérémonies commémoratives des journées et des fêtes nationales, puis au sein de la Commission nationale gouvernementale chargée de la préparation du cinquantenaire de l’indépendance, installée par le Président Abdelaziz Bouteflika et présidée par Ahmed Ouyahia, Premier ministre. Constituée de plusieurs ministères (Moudjahidine, Défense, Education, Intérieur, Enseignement supérieur, Finances, Culture, Tourisme…), cette commission a, dès le départ, impliqué toutes les forces vives du pays afin d’insuffler à cet événement tout le dynamisme requis. Un événement qui est, comme l’a déclaré Abdelaziz Bouteflika, une occasion idoine pour «la réconciliation de la nation avec son histoire» et permet également de «tisser des liens solides entre les nouvelles générations et le combat des aïeux et des ancêtres, de mettre en évidence le patrimoine culturel, civilisationnel et historique de notre nation qui fut le socle du combat et de la lutte pour le recouvrement de son indépendance et sa libération des liens de l’injustice et de l’occupation». Très diversifié, le programme arrêté pour cette importante célébration répond aux aspirations et aux attentes des différentes tranches de la société. Il comprend des expositions, des conférences, des hommages, des activités de jeunes, des spectacles artistiques, des concerts… Et Abdelaziz Béchène de préciser : «Même nos représentations diplomatiques à l’étranger ont tracé un programme de manifestations afin de mieux faire connaître le combat de l’Algérie pour son indépendance et faire rayonner l’image du pays en dehors de nos frontières». Ainsi, et dans le but de mettre en exergue toutes les réalisations sectorielles depuis 1962, une exposition sur la mémoire et les différentes réalisations se tiendra tout au long de l’année au Palais des Expositions (Safex) des Pins-Maritimes et verra la participation de plusieurs secteurs ministériels. Cette exposition, qui sera accompagnée d’activités scientifiques, culturelles et artistiques, permettra de «valoriser la mémoire collective du peuple algérien et de faire la lumière sur les épopées héroïques et les grands sacrifices consentis pour arracher son indépendance et établir sa souveraineté sur l’ensemble du territoire national par divers documents, photos, cartes géographiques, témoignages, œuvres, recherches, études historiques, films…».Hommages et décorationsAu cours de cette année de célébration, des femmes et des hommes, qui ont honoré l’Algérie depuis 1962, recevront des distinctions honorifiques. Parmi ces personnalités, des étrangers qui ont pris part à la guerre de libération, par leurs prises de positions courageuses ou leurs écrits engagés. A noter que ces distinctions honorifiques concerneront, par ailleurs, les majors de promotion à tous les niveaux éducatifs (primaire, moyen, secondaire) ainsi que les lauréats des universités, des écoles de l’enseignement supérieur, instituts et centres de formation. Concernant les activités de jeunes – et puisque le 5 Juillet c’est aussi la fête de la jeunesse –, le programme de festivités du cinquantenaire prévoit un large éventail d’activités comprenant les Algériades, des représentations chorégraphiques réalisées par les jeunes symbolisant l’indépendance et la jeunesse. La manifestation a eu lieu le 5 juillet au Complexe olympique Mohamed-Boudiaf et a réuni 15000 jeunes venus de différentes régions du pays. Au volet musical, le ministère de la Culture a programmé environ 700 activités musicales, chorégraphiques, théâtrales et théâtre de proximité. L’inauguration de ce programme s’est faite par un grand concert donné par l’Orchestre symphonique national, le 5 juillet, et une opérette musicale et chorégraphique intitulée «L’Algérie glorieuse», présentée dans la soirée du 4 juillet au Casif de Sidi Fredj, suivie d’un magnifique feu d’artifice qui a illuminé le ciel d’Alger d’un festival de couleurs. Lors de notre entretien avec Abdelaziz Béchène, ce dernier nous fera savoir que 500 ouvrages seront publiés, traduits et réédités par le ministère des Moudjahidine dans le cadre de cette célébration. Il nous indiquera, par ailleurs, qu’un appel a été lancé aux jeunes créateurs ou réalisateurs afin de mettre leur talent à profit pour proposer des œuvres cinématographiques dévoilant la véritable image du colonialisme mais aussi des œuvres évoquant le parcours de chouhada et symboles de la révolution. Selon lui, quelque 200 œuvres ont été réceptionnées et seront soumises à la lecture et à la sélection. D’autre part, un autre concours a été lancé pour la réalisation de longs métrages sur certains monuments de la Révolution, à l’image de Larbi Ben M’Hidi, du colonel Lotfi, de Zighoud Youcef, d’Ahmed Bougara, d’El Haoues et d’Amirouche. Enfin, il faut savoir que le ministère des Moudjahidine dont le souci est de veiller à ce que nos martyrs restent des repères symbolisant «le défi et la victoire» multiplie les efforts pour la protection et la sauvegarde des sites et lieux liés à la mémoire nationale, cela va de la restauration et de la maintenance des cimetières de chouhada et des centres de torture, à la sauvegarde des sites historiques en général.H.A

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