Musée à ciel ouvert
Thadarth Uzeffoun

Par Hassina AMROUNI
Publié le 09 juin 2019
Située à environ 7 km de la ville d’Azeffoun, Thadarth Uzeffoun, petite bourgade, perchée à 500 m d’altitude, est un véritable musée à ciel ouvert.

A leur arrivée dans la région, il y a plusieurs milliers d’années, les Romains ont en effet fondé des colonies dont subsistent aujourd’hui des traces qui renseignent sur la richesse et la puissance de cette civilisation.
Au cœur du village ou de ce que les villageois appellent « thazniqth Tadarth » (place centrale), se trouvent trois immenses cavités ou niches (laghwiran) remontant à la période d’occupation romaine. Ces dernières servent aujourd’hui de support ou d’assise à Djamaâ Lekvir, la grande mosquée du village dont le minaret, d’une très belle architecture, était, à l’origine, une tour de garde à partir de laquelle les soldats romains pouvaient surveiller les alentours et prévenir d’éventuelles attaques. Cette tour qui a été restaurée sous le règne de Septime Sévère (146-211) a gardé son architecture originelle d’où tout l’attrait historique et mémoriel qu’elle représente. Jadis lieu de repos du guerrier, Thadarth Uzeffoun a également gardé des traces de châteaux d’eaux et de bains d’époque romaine. Ces derniers, constitués de trois chambres, sont hauts de 15 m et l’eau qui y était acheminée, via une conduite en pierre taillée et en tuiles, provenait du mont de Tamgout.
L’archéologue français Jean-Pierre Laporte qui a beaucoup travaillé sur ce site et qui a réussi à percer quelques mystères concernant les ruines romaines de Thadarth Uzeffoun rapporte, pour sa part, que « l’eau est acheminée grâce à un aqueduc de 2 km, qui permet à l’eau d’arriver dans des bassins de décantation à la place du village, avant d’être distribuée dans des bassins parallèles qui servaient de réserves. Des canalisations souterraines permettaient l’alimentation des thermes dont il reste quelques façades permettant d’en déduire l’aménagement ; ainsi que deux châteaux d’eau dont l’éloignement l’un de l’autre donne l’idée de l’étendue de cette ville».
Par ailleurs, on rapporte aussi qu’au niveau de l’autre place du village, appelée Thihouna (qui viendrait du mot phénicien Thahanouts qui veut dire comptoir), des comptoirs phéniciens ainsi que d’immenses jarres (achvayli), des pièces archéologiques, des ossements et d’autres objets auraient été trouvés par les habitants du village, ce qui attesterait du passage des Phéniciens sur cette partie de la côte méditerranéenne.

Hassina Amrouni

Sources
Info Soir le 01 - 03 - 2012
http://azeffoun.over-blog.net/

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