L’un des plus rares au monde
Les allées couvertes d’Ath Rhouna

Par Hassina AMROUNI
Publié le 09 juin 2019
Ville touristique par excellence, Azeffoun accueille chaque année des milliers, voire des millions de visiteurs. Attirés par ses magnifiques plages, ils ignorent très souvent tout de son riche patrimoine archéologique.

A Ath Rhouna, petite village situé à quelque 15 km du chef-lieu de la commune d’Azeffoun se trouve un site funéraire mégalithique parmi les plus rares au monde. En effet, dans toute l’Afrique du nord, il n’existerait que 14 allées couvertes dont 8 se trouvent à Ath Rhouna tandis que les 6 autres ont été découvertes à Ibarissen, à une dizaine de kilomètres de Toudja, dans la wilaya de Bejaïa.
Ce lieu, désigné par les habitants de la région sous le nom de « thikhamine iroumiyen » (les chambres des étrangers) daterait d’il y a 3000 ans avant J.-C. et c’est à l’archéologue Gabriel Camps que l’on doit leur découverte en 1953. C’est lui qui donnera le nom d’« allées couvertes » à ces nécropoles ou monuments funéraires, composées de « deux parties dont une supérieure, une sorte de chambre en forme de couloir construit avec de gros blocs de grés taillés, et recouvert de grandes dalles dont certaines dépassent 3 mètres de longueur. Le parterre de la chambre est recouvert, lui aussi, d’énormes dalles qui ferment un long caniveau de 15 à 18 mètres et de 7 à 8 mètres de profondeur, situé juste en dessous et qui servait de sépulture pour les morts ».
Dans son ouvrage intitulé Allées couvertes (Kabylie), l’archéologue, Gabriel Camps précise que « ce type très original de monuments mégalithiques, découverts dans le nord-est de la Kabylie, n’a son équivalent nulle part ailleurs au Maghreb alors que se manifestent certaines affinités entre ces monuments et certains des Iles Baléares et de Sardaigne connus respectivement sous les noms de Navetas et de Tombes des Géants ». Il indiquera, par ailleurs, que « ces allées, implantées le plus souvent sur des versants à forte pente, ont nécessité au préalable le creusement d’une large tranchée donnant l’aspect d’entrée de galerie de mine ».
Classées patrimoine national, ces allées couvertes surgissant au milieu de la végétation sont relativement bien conservées et ce, grâce à l’engagement des associations locales investies dans la préservation du patrimoine, à l’image de l’association Ivahryen (les marins). Il faut savoir que cette dernière, soutenue par les villageois d’Ath Rhouna, n’hésite pas à tirer la sonnette d’alarme, lorsqu’il y a danger. C’est le cas, notamment, dans les années 1990 où, la construction du port d’Azeffoun a nécessité l’ouverture d’une carrière à proximité du site. Les fortes explosions pour l’extraction de la roche n’ont pas été sans conséquence sur le site archéologique. On rapporte que sept tombes ont été déstabilisées suite aux ondes de choc.
Les villageois et l’association Ivahriyen avaient alors saisi la direction de la Culture et d’autres services pour la fermeture de la carrière qui interviendra en 2007.
A noter qu’une une grande partie des objets retrouvés sur ce site (bijoux et autres objets funéraires), ainsi que des ossements ont été emportés par les archéologues étrangers au moment des fouilles. Seule une infime partie est exposée aujourd’hui, au niveau du musée du Bardo à Alger.

Hassina Amrouni

Sources :
http://azeffoun.over-blog.net/
article-18559243.html
www.aps.dz

 

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