L'héroïne oubliée
La Moudjahida condamnée à mort Mme Ghomrani Zohra dite Houria

Par La Rédaction
Publié le 10 juin 2019
La moudjahida Ghomrani Zohra dite Houria est née le 20 mai 1941 dans une famille modeste au centre-ville de Guelma, 3 rue Pierre Poggi. Son père, Mohamed Ben Messaoud, est né à Guelma en 1918. Il a été incorporé, puis remobilisé lors de la Seconde Guerre mondiale. Il décède en 1942 à Telaghma, actuellement wilaya de Mila, à la suite d’un bombardement de la région par des avions allemands.
La Moudjahida Ghomrani Zohra dite Houria
Ghomrani Zohra dite Houria en treillis militaire
Ghomrani Zohra interprétant un rôle dans le film « Patrouille à l’Est »
Ghomrani Zohra en famille
Notre collaborateur Rostom Soltane avec Ghomrani Zohra

Sa mère, Mme Ghomrani Hedjila Bent Ahmed, est originaire de la localité de Kalaa Bousbaa, dans la wilaya de Guelma. Après sa disparition en 1943, la petite Zohra est élevée par son oncle Ghomrani Sebti jusqu’à l’âge de 16 ans.
En mai 1957, elle est contactée par sa cousine Bouaouina Bariza qui est encore en vie. Née en 1940, celle-ci et n’a jamais été arrêtée jusqu’à l’indépendance. Cette moudjahida, qui était en même temps la fille de sa tante et sa voisine, était, une première fois, mariée au chahid Abderrahmane Tabouche avec qui elle a eu une fille, laquelle vit aujourd’hui à Constantine. Après la mort de Abderrahmane Tabouche, elle s’est remariée à l’indépendance avec le capitaine Baaziz Ammar dit « Rouge » et a eu avec lui trois enfants. Elle vit actuellement en Suisse avec ses enfants.
C’est cette moudjahida qui eut l’idée de lui proposer de rejoindre les rangs de l’Armée de libération nationale, et a réussi finalement à la convaincre.
Elles ont alors pris contact avec un membre du FLN, qui les a accueillies chez lui avec sa famille pour passer la nuit. Ce moudjahid a ensuite contacté les combattants de l’ALN pour les informer du désir de ces deux filles de rejoindre la Révolution. Cette demande fut acceptée, et elles furent recrutées au début de ce mois de mai 1957. Elles intégrèrent aussitôt un groupe qui était composé des moudjahidines de la région de Maouna et composant le conseil de la région de Maouna dépendante de la Wilaya II (le nord constantinois ) à savoir :
- Abderrahmane Tabouche : chef de la région de Maouna tombé au champ d’honneur le 3 Juillet 1960. (Ancien footballeur de l’Espérance Sportive Musulmane Guelmoise–ESMG).
- Khalil Mokhtar dit Si El-Mokhtar : responsable politique, devenu chef de la région de Maouna en septembre 1958 et tombé au champ d’honneur le 1er Janvier 1960, en ce jour les soldats de l’armée coloniale avaient sorti la blouse qu’il avait l’habitude de porter pendant les cours, et l’avaient brûlée en public dans la rue, (originaire d’Arris Wilaya de Batna, diplômé de l’institut de la Zitouna, et travaillait comme enseignant dans une école, sise actuellement à la rue Souidani Boudjemaà.
- Ismail Mekhancha : responsable militaire, muté en janvier 1960 à la région de l’Edough (à l’Independence, il est membre de l’Assemblée constituante algérienne puis député à l’Assemblée nationale)
- Saddek Ziada : responsable des liaisons et renseignements tombé au champ d’honneur le 10 janvier 1960
Ainsi que beaucoup de moudjahidines tels que :
- Rabah Fisli : devenu responsable militaire en septembre 1958, tombé au champ d’honneur le 6 novembre 1959
- Ben Mars Larbi, responsable de l’approvisionnement dans la même région, muté en janvier 1959 à la région de l’Edough.
- El-Hachemi Hadjerès (devenu responsable de zone, à l’indépendance, militaire de carrière jusqu’à sa retraite avec le grade de général-major de l’ANP, décédé le 20 septembre 2011)
Notre héroïne fut chargée des soins infirmiers et entre autres des liaisons et du courrier, armée d’un MAT 49. Le siège PC auquel elle a été affectée se trouvait à Ain Essania, dans la région de Djebel Maouna sous la responsabilité du chahid Tahar Boufelfel, artificier et responsable du groupe de sabotage. Ce PC était essentiellement approvisionné par le douar des M’dadra.
Elle a participé à de nombreux affrontements entre les moudjahidine et l’armée d’occupation dans les environs de Djebel Maouna. Parmi ses actions au sein des groupes de fidayine dirigés par Taher Boufelfel, on peut citer sa mission d’exécuter, par pistolet, un collaborateur nommé Fassi, qui travaillait comme interprète dans le Deuxième bureau dirigé par le lieutenant Minoz.
Elle mit sa mlaya et son voile et descendit à la ville de Guelma. Dans le jardin public, où elle rencontra ce traître, elle joua une astuce pour pouvoir exécuter la mission qui lui était confiée. Elle sortit de sa poche une lettre écrite en arabe et lui demanda de la lui lire, sous prétexte qu’elle était analphabète. Et dès qu’il a commencé à lire, elle pointa son arme sur sa tempe et appuya sur la gâchette. Mais, malheureusement, le pistolet n’a pas fonctionné. Le traître s’est mis alors à crier, en demandant de l’attraper, mais elle a réussi à s’enfuir parce qu’elle était bien entrainée à courir les pistes les plus sinueuses. il faut aussi savoir que ce traître, avant cette opération, avait survécu trois fois à des tentatives d’exécution de la même manière, et, à chaque fois l’arme se trouvait en panne. Cet homme a survécu à la guerre, et est mort des années après l’indépendance.
Il y a eu aussi l’opération de la bombe, qu’elle fut chargée de déposer au centre-ville de Guelma. Elle lui a été confiée par Taher Boufelfel le 17 octobre 1959. Il lui a remis l’engin dans une boite pour la déposer dans un magasin appartenant à un Algérien nommé Djebbar, connu des citoyens de la région de Guelma. Au moment où elle sortait du magasin, après avoir déposé la bombe, le propriétaire du magasin remarqua vite la boite et s’en rendit compte lorsqu’il entendit le tic-tac du réveil. Il porta alors la bombe et sortit la héler : «Ma sœur, tenez, c’est à vous, je ne suis pas un traitre ! », lui lança-t-il. Elle prit la boite, tout en réfléchissant à ce qu’elle devait faire, maintenant que l’homme a dévoilé son plan, surtout que l’instant de la détonation s’approchait, et elle est juste devant le groupement de la gendarmerie (60 mètres).
Très rapidement, elle décida de placer la bombe dans une bijouterie où l’on vendait aussi des horloges et des armes de chasse, appartenant à un Français nommé Bulliard Maurice, mitoyen du même jardin public de Guelma au n° 18, rue saint-Augustin. Mais celui-ci remarqua également la bombe au tic-tac du réveil de marque Veglia. Il l’a alors porté rapidement au bord de la route et a appelé la police, qui a vite fait appel à des spécialistes du déminage. Ces derniers ont mis du temps à arriver sur les lieux. La bombe explosa, occasionnant d’importants dégâts matériels, mais pas de victimes. Au même moment, deux autres bombes déposées par des sœurs avaient explosé. Ces explosions ont provoqué la panique générale, et démontraient que l’ALN pouvait frapper les intérêts de l’ennemi partout. La moudjahida est ensuite retournée à son PC à Ain Essania pour continuer à combattre au sein des unités de l’ALN jusqu’au jour de son arrestation à l’intérieur d’une casemate au lieu-dit Oued El-Aar dépendant de la région de Maouna, près de trois mois après l’attaque à la bombe.

Son arrestation

Cela s’est passé suite à la délation d’un traitre. L’endroit a été encerclé tôt le matin. L’officier de l’armée française, assisté d’un conscrit algérien de l’armée française dit «Sergent Berdjem» demanda aux réfugiés de se rendre, mais ces derniers refusèrent. Il y eut alors un échange de coups de feu. Suite à quoi, l’armée française lancera des gaz toxiques à l’intérieur de la cache, ce qui a provoqué l’étouffement des quatre moudjahidine qui se trouvaient à l’intérieur, et les obligea à sortir à moitié évanoui.
La moudjahida Ghomrani Zohra sortit de son refuge avec trois autres moudjahidine, dont l’un s’appelait Si Hamid. Ce dernier, à sa sortie et bien qu’il fût prisonnier et blessé, fut écrasé par un char et rendit l’âme sur place.
L’armée française a trouvé dans la poche du chahid Taher Boufelfel (responsable du groupe de sabotage tombé au champ d’honneur lors d’un accrochage à Djebel Hallouf du côté de Maouna le 20 novembre 1959) des documents sur lesquels il consignait toutes les opérations et les noms de leurs auteurs, mentionnant le nom de Ghomrani Zohra comme auteure de l’attaque à la bombe menée au centre-ville de Guelma.
Dès sa capture, la moudjahida Ghomrani Zohra fut conduite dans la région de Ben S’mih, puis à Lakhzara, au lieu-dit «Bled El-Cafard». Là-bas, elle fut atrocement torturée à l’eau mélangée avec du savon et par des décharges électriques, sans compter les divers sévices corporels, coups de bâton, gifles, coups de poing et coups de pied visant différentes parties du corps. Et lorsqu’on lui montra son propre portrait sur une photo, pour lui demander si elle le reconnaissait, elle répondit par la négative. Alors, on la rouait, à nouveau, de coups, et on recommençait l’interrogatoire, pour essayer de lui arracher des renseignements à exploiter. Mais elle n’a rien avoué. L’officier du centre décida alors de la transférer aux services du 2e bureau de la DST de la ville de Guelma, qui était dirigé par un sanguinaire, connu dans la région, le lieutenant Minoz. Ce dernier était assisté par un groupe de collaborateurs et d’interprètes, dont l’un s’appelait Fassi. Là aussi, elle fut soumise à des tortures psychologiques et physiques pendant plusieurs jours, mais cette fois sans électricité. Ses bourreaux essayèrent à nouveau de lui extorquer des aveux sur les circonstances dans lesquelles elle avait rejoint le maquis ou des renseignements sur l’ALN, ainsi que les noms de ses responsables, leurs lieux de concentration, les noms de ceux qui leur fournissaient des ravitaillements, les centres d’approvisionnement et les cachettes de moudjahidine, et des informations sur les groupes de fidayine et sur les techniques utilisées par les poseurs de bombes.
Mais elle continua à résister à tous les supplices, en se gardant de faire le moindre aveu. En désespoir de cause, après avoir tenté pendant une dizaine de jours, le lieutenant Minoz ordonna, après en avoir avisé ses supérieurs, son transfert à la prison de Guelma et l’ouverture d’une enquête judiciaire à son encontre. Elle sera emprisonnée le 15 avril 1960, en se déplaçant de la prison au juge d’instruction pendant onze mois, jusqu’à ce que son procès soit enfin inscrit au tribunal permanent des forces armées de la zone Est Constantinoise siégeant à Guelma, le 7 mars 1961. Son procès débutait exactement à 13 heures sous la présidence de Me Graf Müller et d’un jury composé de six assesseurs, et de Me Cianfarani comme commissaire du gouvernement. Zohra est assistée par son avocat Maitre Faidi Ahmed, du barreau de Guelma désigné d’office. Le tribunal a été assisté du caporal chef Allouche Youcef comme interprète de langue arabe.
Le procès dura environ trois heures, et après les délibérations, le président du tribunal militaire prononce la peine de mort le jour même, précisant dans le même verdict que l’accusée devrait passer devant un peloton d’exécution.
Au moment où il prononça la peine de mort, le président du tribunal s’attendait à ce que la moudjahida s’évanouît. Mais lorsqu’il eut fini de lire la décision du tribunal, en fixant les yeux sur elle, elle lui esquissa un sourire moqueur. Il se sentit alors offensé et, au moment où il s’apprêtait à quitter la salle du tribunal, il lui lança, sur un ton sec : «Ghomrani Zohra, vous méritez la mort ! »
Deux jours après sa condamnation à mort (elle n’a pas fait cassation au jugement), elle est conduite à Annaba (Bône) à l’actuelle caserne servant de bureau de recrutement, pour être exécutée par balles conformément au jugement, mais la décision du général de Gaulle d’arrêter les exécutions est entrée en application (suite à la confirmation du principe de négociations avec le FLN), et elle fut retournée à la prison de Guelma.
Elle est restée à la prison de Guelma du 15 avril 1960 au 6 mars 1962, puis a été transférée à la prison de Koudia de Constantine, où elle restera du 6 mars au 13 mars 1962 sous le numéro de verrou 834.
Transférée à la prison Barberousse d’Alger (Serkadji ), elle y séjourna du 13 mars 1962 au 26 avril 1962 sous le numéro 6517. Elle a été placée à l’isolement pendant deux jours, à côté de la cellule d’une autre femme condamnée, elle aussi, à la peine de mort, avec qui elle put s’entretenir. Cette femme c’est Jacqueline Guerroudj. Au total, elle a passé dans ces prisons deux ans et onze jours.
Pendant sa détention, les autres prisonnières, condamnées à des peines moins lourdes, ont protesté contre les conditions inhumaines auxquelles elle était soumise, en demandant à la direction de la prison de la réintégrer auprès de ses codétenues dans le même pavillon.
Elle restera à la prison de Serkadji du 13 mars au 26 avril 1962, jour où elle a été informée qu’un décret présidentiel daté du 22 mars 1962, c’est-à-dire ultérieur à la signature des accords d’Evian, prévoyait de lui réduire la peine de mort en emprisonnement à vie avec travaux forcés, mais elle sera libérée le 26 avril 1962, conformément aux accords susmentionnés.
A sa sortie de prison, et devant le portail, elle était attendue par trois moudjahidine qui l’ont emmenée chez un militant de la Casbah d’Alger où elle passa la nuit chez cet homme qui vivait avec sa femme et ses parents. Le lendemain matin, elle fut emmenée par trois moudjahidine de la capitale vers Sétif, où un autre moudjahid se chargera de la conduire jusqu’à sa ville natale, Guelma par bus.
Arrivée chez elle, elle fut reçue par sa sœur. Tous les hommes étaient, à ce moment-là, au travail. L’accompagnateur a dû d’abord s’en assurer, avant de repartir.
Après l’indépendance, elle poursuit son combat et est recrutée en 1963 comme infirmière à l’hôpital Ben-Z’hour. Elle y resta jusqu’à sa retraite en 1985.
En 1971, le célèbre metteur en scène, Ammar Laskri, lui proposa de jouer le rôle d’une infirmière des combattants de l’ALN dans son film Patrouille à l’Est. Rôle qu’elle campa avec brio.

Divers

Lorsqu’elle a été transférée de Constantine à Alger pour y être détenue à la prison de Serkadji, escortée par quatre gendarmes dans le train, elle n’était pas menottée. Sur le chemin, un gendarme lui demanda quelles étaient les raisons de son arrestation, d’autant qu’elle était jeune. Elle lui répondit qu’elle avait été condamnée à mort pour appartenance à l’ALN. Dès qu’il a entendu le mot « ALN », le gendarme se mit fébrilement à ausculter le dossier qu’il avait entre les mains. A peine a-t-il fini de lire quelques lignes, qu’une peur panique s’empara de lui. L’air confus et affolé, il s’empressa de remettre les menottes à sa prisonnière, en lui attachant la main droite au siège sur lequel elle était assise. Il monta la garde en jetant de temps en temps un regard par la fenêtre, craignant que le train ne soit attaqué pour libérer cette combattante.
Une nuit de l’année 1958, son supérieur lui ordonna de passer la nuit avec la moudjahida Hakima Soussi, seules dans un refuge. Les deux femmes refusèrent, parce qu’elles avaient peur. Le destin a voulu que le même refuge soit découvert par l’ennemi suite à un acte de délation. Les soldats sont venus l’encercler à la première heure, mais heureusement ils n’y ont trouvé que des provisions et quelques pièces d’armes.
Dans la prison de Guelma, elle était codétenue de Fella Loucif et de Hakima Soussi. Quant à ses compagnons de lutte, on peut citer la chahida Loucif Ouarda, Khalifa Fella, Réggui Nadjet, Djamila Aberkane et Kenouche Fadhila (épouse du moudjahid Mekhancha Ismail).
Son mari, M. Nemouchi Mohamed dit Dehmouchi, qu’elle épousa en 1967, et avec qui elle eut 8 enfants, dont deux sont décédés très jeunes, était un boxeur. Il milita au sein de la Fédération de France du FLN, et dont la mission était de transférer l’argent collecté de la ville d’Aix-en-Provence à Marseille. Mais, à la suite de l’arrestation d’un haut responsable du FLN en France, celui-ci a donné aux policiers tous les renseignements concernant le réseau. Vingt sept personnes activant dans cette cellule ont été alors arrêtées, parmi lesquelles Nemouchi Mohamed et son frère Hocine, puis furent placés en prison à Aix-en-Provence de 1960 à 1962. Sa sœur, Nemouchi Rachida, a aussi été arrêtée, ainsi que son mari Bourmada Abdelmadjid (originaire de Batna) et mis en prison de Draguignan (département du Var en France) de 1959 à 1962, pour collecte de fonds au profit du FLN. Tous furent relâchés à la suite des accords d’Evian.
A l’indépendance Ammi Mohamed est recruté dans le corps de la protection civile avant de le quitter à la Sonacome de Guelma jusqu’à sa retraite. Il est à signaler que Ammi mohamed est aussi artiste et aimant le cinéma a figuré dans des films de Amar Laskri tel que L’enfer a dix ans (1968), Patrouille à l’Est (1971), El-Moufid (1978), Fleur de lotus (1998).
Ce que j’ai constaté chez cette femme, c’est qu’elle était très discrète et qu’elle n’aimait pas trop parler d’elle. Quand on l’interrogeait sur son passé révolutionnaire, elle répondait humblement qu’elle avait fait son devoir envers son pays et qu’elle n’était pas la seule à avoir subi les grandes souffrances et les horreurs de la torture en Algérie. Mais nous ne devons pas oublier que cette femme s’est sacrifiée pour la patrie à un âge très jeune, en supportant les difficultés de la vie au maquis, dans des grottes, alors qu’elle était menacée de mort à chaque instant et a risqué sa vie plusieurs fois, en sachant que le moindre faux pas pouvait lui être fatal, comme lorsqu’elle devait poser une bombe. Sans oublier les souffrances qu’elle a endurées en prison. Condamnée à mort, elle ne savait même pas quand elle devait être exécutée. Chose qui était une torture en soi. Il faut savoir, en effet, que le directeur de prison lui-même n’en savait rien, et le jugement ne sera exécuté que lorsqu’il reçut un avis de la part des autorités compétentes.
Son mari, Ammi Mohamad Nemouchi dit Dehmouchi, était, lui aussi, moudjahid, mais n’en a jamais revendiqué le statut, car il estimait avoir accompli son devoir envers son pays et qu’il n’était pas obligé de le prouver par des documents pour bénéficier de quelques avantages éphémères, alors qu’il possédait tous les papiers nécessaires, en plus de son séjour en prison pendant deux ans pour ses activités de collecte et de transfert d’argent pour le maquis, et le passé révolutionnaire de son épouse, Ghomrani Zohra, dont il dit qu’elle s’était acquitté, comme tous les Algériens.
La moudjahida Ghomrani Zohra dite Houria fut décorée par le président de la République, Liamine Zeroual, de la médaille du Mérite national par décret présidentiel n° 97-114 du 05 avril 1997.
Elle reçut également la médaille de Moudjahid de l’Armée de libération nationale.
Elle est honorée par l’association Machaâl Echahid le 19 juin 2018 à l’occasion de la journée nationale des condamnés à mort sur l’initiative de Si Salah Cheurfi , lui-même moudjahid condamné à mort, à qui lui revient le mérite d’être le premier à collecter les archives de notre moudjahida et bien d’autres.
Elle est honorée aussi le 23 février 2019 par les moudjahidines de la Wilaya 1 lors du séminaire national organisé par le musée du moudjahid de Batna sur la bataille de Foughala à Djebel Oustili survenue le 23 février 1958 et dirigée par deux héros chahid chefs de katiba de l’ALN à savoir Imerzoukene Ahmed dit Si Ahmed El Djadarmi et Bertalla Tayeb.

L’oublie et la marginalisation

Les responsables locaux de la Wilaya de Guelma n’ont jamais rendu visite ou honoré cette femme icône de notre glorieuse révolution et l’une des sept femmes condamnées à mort (la seule de l’Est algérien).
Elle n’a jamais bénéficié d’un logement ni ses enfants, la demeure qu’elle occupe actuellement, un appartement de type F3 à la cité des freres Rahabi acheté par son mari avec ses propres finances. (Retraité de 15000 DA)
Le seul bénéfice est un petit kiosque de 5 m2 octroyé à elle dans les années soixante et que les services compétents de la wilaya refusent de régulariser sous prétexte que l’arrêté administratif porte le prénom de Houria (nom de guerre) et non Zohra.

Derradji Salah dit Rostom
Zoubir Khélaifia

DOSSIER

Les prémices d’une rupture

Aux origines du CRUA

MOUVEMENT NATIONAL
FIGURES HISTORIQUES
GRANDES DATES
MEMOIRE

La moudjahida

Portrait de l’artiste plasticienne Aïcha Haddad

UNE VILLE, UNE HISTOIRE

Ath Yenni, Le Mont des orfèvres

Histoire de la ville

CONTRIBUTION

Un parcours patriotique exceptionnel

Moudjahida Kheira Louahla