Villes romaines, lieux de mémoire
Patrimoine archéologique et culturel de Jijel

Par Hassina AMROUNI
Publié le 27 juin 2013
A ce jour, il a été recensé à Jijel 25 sites archéologiques. Face au pillage et à la déperdition dont fait l’objet notre patrimoine matériel, le recensement, le classement et la protection de ce dernier sont devenus une priorité des autorités concernées.
Les ruines de Aïn Tissillil, "Settara El Milia"
Ruines de Aïn Tissillil
Ruines de Aïn Tissillil
Vue sur la mer à partir de Chobae
La nécropole punique de «Marsa Charaâ», tombe du type arrondi à l'extrémité (tête)

Les sites archéologiques et historiques tels Rabta, mosaïque de Dar Bateh, la citadelle, Ford Duquesne (Jijel), Chobae (Ziama-Mansouriah), Tissillil (Settara), PC de la Wilaya II (Ouled Askeur), maison de feu Ferhat Abbas (Oudjana) et bien d’autres figurent parmi ces richesses héritées du passé qu’il est nécessaire de préserver pour les léguer aux générations futures..

Villes romaines de Jijel

La région de Jijel compte plusieurs cités romaines. Si Igilgili est la plus connue, il faut savoir qu’elle n’est pas de datation romaine. Cette cité berbère fut, d’abord, une colonie marchande punique, avant de devenir une cité romaine et de connaître un développement conséquent. D’ailleurs, toutes les villes érigées par les Romains lors de siècles d’occupation étaient dotées de toutes les commodités nécessaires à une vie sociale et communautaire et ce, afin
d’assurer à leurs concitoyens une vie confortable. Malheureusement, aujourd’hui, seules subsistent les ruines, le temps ayant fait son effet.
Située sur la presqu’île s’avançant sur la mer, Igilgili comptait villas, aqueduc et, en dehors de la cité, de petites nécropoles suivaient la voie romaine menant à Saldae. En raison de son importance, Igilgili a même été citée par Ptolémée. Au lendemain de la colonisation française, des vestiges tels que des mosaïques, des inscriptions et divers objets ont été retrouvés, ils ont été donnés à divers musées français, y compris à ceux de Cirta à Constantine, de Skikda (Philippeville) et du Bardo à Alger...
Chobaemunicipium est située à 40 km à l'ouest d'Igilgili, dans la localité d'Azirou, proche de Ziama. Bien qu’il ne subsiste de cette petite ville qu’un long mur, une tour et une entrée, on imagine qu’elle fut une ville vivante. C’est d’ailleurs à Chobaemunicipium qu’a été retrouvé le plus grand nombre d’objets et d’inscriptions de l’époque romaine. Concernant Tissillil, elle se trouve dans la contrée des Ouled M’Barek, son nom lui a été attribué en raison de la source jaillissant au-dessus de Chaâbet Besbess ‘Aïn Tissillil. Ce site, complètement enseveli par les amoncellements de terre est, pourtant, parmi les plus préservés et les plus riches puisqu’on y a retrouvé des tessons de poterie, des fragments de mosaïques et quelques pierres gravées d'inscriptions…
Pacianis Matidae (Panchariana-Pacciana) fut, quant à elle, une station de la grande voie romaine du littoral, entre Igilgili et Chullu (Collo). On ne connaît pas son emplacement exact mais on la situe près de l'embouchure de l'Oued Z'hor, probablement à Mers el Zitoune, par contre, d’autres pensent qu’elle se trouvait à Henchir el Merdja. Mais au jour d’aujourd’hui, il n’y a nulle trace de cette cité pour accréditer telle description ou approuver tel emplacement.
Tout comme Tissillil, le site d’Ad Basilicam gagnerait à être réhabilité car s’il l’était, il pourrait s’avérer un véritable pôle touristique pour les visiteurs et touristes qui se rendent chaque année par milliers dans la wilaya de Jijel. Cette cité qui a été mentionnée dans la table de Peuntinger et l'itinéraire d'Antonin, Ad Basilicam était le lieu de passage des voies romaines de Sitifis (Sétif) et Saldae (Béjaïa) dans leur route vers Igilgili notamment. Autre ville à avoir été évoquée par Peutinger, Assarath. Située à l’est de Jijel, dans les environs de Sidi Abdelaziz ou d'El Kennar, la ville aurait, malheureusement, été entièrement ensevelie sous les sables. Idem pour Iarsath qui fait, aussi, partie du passé archéologique et mémoriel de Jijel. Toujours selon Peutinger, cette cité a vu le jour à l'ouest d'Igilgili, sans doute du côté d’El Aouana (Cavallo). A l’arrivée des Français, il aurait subsisté des restes d'un poste romain en face de la grande île, dans les Ouled Bel Afou, aujourd’hui, rien pour rappeler la grandeur de cette ville. C’est également le cas pour Cedamusa et Castellum Victoriae qui n’ont aucune existence matérielle mais qui restent réelles à travers des récits ou témoignages rescapés du passé.

Hassina Amrouni

Nécropoles puniques, patrimoine menacé

Eu égard à son riche passé historique, Jijel et toutes ses régions environnantes renferment des trésors inépuisables et incommensurables. Partout où l’on peut se balader, l’on peut trouver des vestiges constitué de restes de sépultures phéniciennes, comme des fosses forées dans les roches, des caveaux familiaux…

Toute la côte jijélienne est parsemée de fosses. Malheureusement, au fil des siècles, elles ont fini par disparaître dans leur plus grande majorité et ce, en raison d’une urbanisation galopante.
C’est un peu le cas de la fosse de Hdjiret Ghoula ou celle entre Mers Chara et le cimetière musulman. Si une part importante de ce patrimoine a aujourd’hui disparu, ce qui en reste est souvent la proie de pilleurs, qui n’hésitent pas à profaner et à voler ce qui peut encore l’être. Le peu d’intérêt manifesté à cet héritage du passé constitue une autre menace.

Hassina Amrouni
Source : Jijel-info et Jijel-archeo

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Syphax et la rencontre de Siga

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