Un récit national dans l’allègresse-Splendeur et puissance d’une Algérie réconciliée..
56e Anniversaire de l'Indépendance

Par La Rédaction
Publié le 30 jui 2018
L’Algérie entame sa 56e année de son indépendance dans un climat où tout converge vers un rééquilibrage des forces en présence. Les grandes réalisations, qui ont marqué la marche d’un pays qui renait après une longue nuit coloniale, montrent combien un pays se reconstruit progressivement parfois dans le tumulte des courants qui secouent les différents establishments. On ne saurait comprendre les éléments structurants à travers les différentes phases de reconstruction sans prendre en considération les aléas de l’Histoire. Qui pourrait dire le contraire d’une Algérie laissée dénudée par une colonisation qui a mis les populations dans une paupérisation indescriptible et de voir aujourd’hui un pays retrouvant les caractéristiques d’un pays en développement. Bientôt vingt ans de redressement d’un pays ayant vécu une tragédie nationale, un véritable choc qui a immunisé le peuple et ses élites, pour ne pas sombrer à l’avenir dans les ténèbres d’une guerre fratricide. L’Algérie peut aujourd’hui s’enorgueillir de joindre le peloton des pays émergents. Evidemment les chemins de la démocratie ne sont pas jonchés seulement de roses. Il persiste encore des épines qu’il faut défricher avec prudence et sens élevé d’une conscience nationale où seul compte l’intérêt suprême de la Nation. Resplendissante Algérie, l’espoir est toujours là. Magnifique patrie des hommes libres. Et vient le moment comme la lune, vous auréolez d’un éclat sa luminosité. Cette gloire à la mémoire des martyrs morts pour que vive l’Algérie libre et indépendante. A la grandeur et l’éclat du soleil, les jeunes descendants de leurs aînés convergent tous leurs regards vers un avenir radieux. Tous ses hommes nobles et illustres qui ont donné ses lettres de noblesse depuis les temps immémoriaux dans le combat pour la dignité et la liberté sont leur fierté. C’est cette terre d’Algérie qui célèbre aujourd’hui le 56e anniversaire de son indépendance. Loin de tout nihilisme, l’Algérie se trouve être dans un continent aux confins de la rive nord d’une Méditerranée où s’opèrent des migrations de plus en plus porteuses de naufrages créant un contexte humanitaire inquiétant. Il est vrai que l’aisance financière des quatre décennies a rattrapé les retards accumulés qui a favorisé une croissance fondée sur la modernisation des infrastructures publiques et une cohésion sociale grâce à la redistribution de la rente pétrolière en termes de transferts sociaux et de logements pour les populations restées longtemps dans une précarité qui frise la misère.

 

La jeunesse doit retenir les leçons d’histoire

Cinquante-six ans après que retient la jeunesse de cette indépendance arrachée au prix d’un million et demi de nos martyrs ? Quelles leçons d’histoire doit-elle retenir d’une Algérie qui venait de restaurer son Etat après 132ans de colonisation ? Leur avons-nous livré les vérités de notre histoire avec tout le contentieux qui nous lie à l’ancienne puissance coloniale ? Les relations Algérie/France reviennent sur la table des négociations à chaque visite des Présidents français, pour rappeler combien entre les deux pays, l’histoire commune compte beaucoup dans la dynamique d’une coopération mutuellement bénéfique.
En ce 5 juillet 2018, date de la célébration de notre indépendance nationale, cette fête sera-t-elle l’occasion de dépassionner le débat entre les deux rives de la Méditerranée, d’un vivre-ensemble afin de l’inscrire dans une perspective d’écriture juste et fidèle à la vérité historique ?

La fidélité à la vérité historique

Cinquante-six ans après, la France n’arrive pas à se décomplexer et reconnaitre pour ce qui est de l’Algérie, les crimes perpétrés par la colonisation contre le peuple algérien, bien que dans le code pénal français de 1994 « l’idée du génocide en tant que catégorie juridique particulière au sens du groupe des crimes contre l’humanité soit clairement stipulée ». Le temps est venu de revisiter l’histoire pour en tirer les enseignements afin d’éclairer les générations des idéaux de la Révolution de 1789 et celle de Novembre 1954 qui restent les références au plan des droits de l’homme et la dignité humaine.
Quel sens de l’histoire faudrait-il donner lorsqu’un peuple est décidé à récupérer sa terre spoliée et soumise à une colonisation de peuplement par le seul alibi que le Consul de France fut caressé sur la joue par les plumes de paon du Dey d’Alger ? Serait-il vraiment l’origine de l’acte de guerre entre la France et L’Algérie ?

L’alibi du coup d’éventail

Trois décennies avant cet « affront », la France devait honorer des dettes contractées auprès de la Régence après moult promesses du consul. Le coup de l’éventail n’était qu’une exaspération du dey après les propos insultants de Pierre Duval, consul de France, lors de la cérémonie religieuse du 30 avril 1827.
Il faut se rappeler que les liens qui unissaient la France à l’Algérie existaient depuis l’arrivée des frères Barberousse. En 1688, année où fut bombardée la ville d’Alger, un traité de paix fut signé entre les deux pays avec Louis XIV, alors que Charles Quint perdit dès l’automne 1541 près de 400 navires en voulant conquérir Alger.
Tous les rois et princes de l’Occident chrétien rêvaient de détruire Alger. Même les Etats-Unis et l’Angleterre en 1815 ont proféré des menaces sur Alger. Tous sont intéressés par les richesses d’Alger et la lutte contre la piraterie des corsaires à l’époque n’était qu’un alibi.
Alors que depuis 1795, Joseph Cohen-Bacri et Michel Busnach, deux juifs originaires de Livourne, faisaient fonction de négociants et banquiers de la Régence. Ils approvisionnaient les armées d’Italie et le corps expéditionnaire en Egypte en grandes quantités de blé de la Mitidja d’Alger.
Bacri, le protégé de Talleyrand, ministre des Affaires étrangères sous l’Empire de Bonaparte et sous la Restauration, perçoit des acomptes sans que rien n’arrive à la Régence. Au mois de juillet 1820, le nouveau ministre des Affaires étrangères français, le baron de Damas propose au Parlement un projet de loi pour entériner le règlement du contentieux. Le Dey ne recevra pas le moindre centime.
Derrière ce jeu d’intérêts de Talleyrand, Bacri et le Consul Duval, y a-t-il un prétexte pour renverser le Dey d’Alger ? Dès la fin de l’été 1827, le ministre de la Guerre, le marquis de Clermont-Tonnerre, ordonne à ses services de sécurité de convaincre le roi Charles X de préparer une expédition contre Alger.

L’époque des convoitises est-elle révolue ?

Le rapport envoyé le 14 octobre 1827 commence ainsi, comme le souligne Pierre Péan dans son livre Main basse sur Alger : « La guerre existe avec Alger : comment peut-on la terminer d’une manière utile et glorieuse pour la France ? C’est la question qu’il s’agit d’examiner. » Alors que le comte de Bourmont fut nommé au ministère de la Guerre, l’on devinait à l’époque les convoitises de ce dernier pour s’enquérir du trésor d’Alger.
Chateaubriand en dresse un portrait, le décrivant « en redingote et en bottes crottées » arrivant en déserteur à la résidence du Roi Louis XVIII. Il disait de lui qu’il avait de beaux yeux doux de couleuvre, ce général Bourmont qui a fui et déserté l’armée de Bonaparte à Waterloo. Hardi dans les combats, il est capable de tramer toutes sortes de conspirations. Il arrive à corrompre militaires, politiques et fonctionnaires.
Le 11 février 1830, quatre jours après le feu vert donné par Charles X à l’expédition, Brun d’Aubignac, un espion et non moins directeur de l’Opéra de Paris, maitrisant plusieurs langues dont l’arabe y collecta d’amples renseignements qui permit d’élaborer le rapport pour engager l’expédition sur Alger et les remis à Bourmont. Alger sera prise et avec elle, les richesses qu’elle renferme serviront à couvrir les dépendances de l’expédition.

 

Se rappeler l’idée de partage du littoral par les puissances

Mais Charles X ne veut pas risquer une guerre dans laquelle, malgré l’attitude bienveillante de la Russie et de l’Autriche, la France se trouverait seule face aux Anglais. Il a été question de partager le littoral entre les puissances qui ont des intérêts en Méditerranée. Alors on attribua Bône à l’Autriche, Stora à la Sardaigne, Gigeli à la Toscane, Bougie à Naples, Alger à la France, Ténès au Portugal, Arzew à l’Angleterre, Oran à l’Espagne. Le Roi Charles X s’est dit que l’Angleterre n’accepterait pas ce partage.
Bourmont et ses acolytes ne rêvaient que trésors, harem et palais en débarquant à Sidi Ferruch. Le pillage d’un gros butin en pièces d’or donnait déjà le sens de cette expédition. Le reste du pillage suivra durant les 132 ans de colonisation.

 

La face cachée des accords d’Evian

Pour revenir à l’histoire contemporaine, la guerre d’Algérie a provoqué la chute de la IV République et se trouve être la source de la naissance de la Ve République. Et c’est de Gaulle qui conduira la guerre à son terme en mobilisant tout l’arsenal des armes les plus sophistiquées, aidé par l’OTAN, même si cela s’inscrivait dans la programme des essais nucléaires du général pour rejoindre le camp des puissances nucléaires. En fait, l’or noir et la bombe étaient la face cachée des accords d’Evian. Il s’est forgé une certitude qu’il ne pouvait continuer la guerre par peur de perdre la place de la France dans le concert des Nations ayant le potentiel nucléaire.
Le 18 mars 1962, la signature des accords d’Evian est l’aboutissement d’un long processus de discussions plus ou moins secret :
- 25/29 juin 1960 : conversations de Melun.
- 1er/5 janvier 1961 : contacts secrets à Genève.
- 20 mai/17 juin 1961 : première conférence d’Evian.
- 20-21 juillet 1961 : rencontres de Lugrin en Suisse.
- 28 octobre-9 novembre 1961 : contacts à Bâle.
- 9, 23 et 30 décembre 1961 : rencontre des Rousses et Chalain.
- 28/29 janvier 1962 : contacts de Lons- Le Saunier et des Rousses.
- 11-19 février 1962 : négociations des Rousses.
Le 18 mars 1962 les accords d’Evian sont signés par Krim Belkacem, ministre des Affaires étrangères du GPRA émanation du FLN/ALN et du côté français par Louis Joxe, ministre d’Etat chargé des Affaires algériennes et son collègue des Travaux publics et des Transports Robert Buron et le Secrétaire d’Etat aux Affaires algériennes Jean de Broglie. Quatre-vingt-treize feuillets en deux parties et sept sous-parties furent paraphées.
Il faut dire que les diverses négociations tout en lâchant du lest des deux côtés, se sont ingéniées à multiplier les arguments, certains recevables aux plans historiques, sociologiques ou juridiques, d’autres purement économiques et militaires.

Evian 2 : les essais nucléaires et l’usage du pétrole

De Gaulle voulait quitter l’Algérie, car la France s’est endettée de par le coût de la guerre, mais dans le même temps voulait conserver l’usage du pétrole de notre Sahara. C’est Evian 2 qui le précisera à partir du 7 mars 1962.
George Pompidou a été chargé par l’Elysée, alors qu’il n’était officiellement que directeur général de la Banque Rothschild, de suivre avec Louis Joxe et ses collaborateurs les différents contacts. Avant la phase finale des négociations, le général Jean Thiry, remplaçant d’Ailleret, est nommé commandant supérieur de l’Algérie, pour les questions atomiques et les armes spéciales. De Gaulle se félicite dans ses mémoires des résultats de ces négociations puisque la France va continuer au moins quinze années à poursuivre ses expériences atomiques et spatiales dans notre désert tout en poursuivant les recherches en matière d’hydrocarbures.
Dans les « feuillets 68 à 70 des Accords », il est précisé que la France utilisera pour une durée de cinq ans les installations d’In Ikker (nouvelle base d’expérimentation nucléaire), Reggane et l’ensemble de Colomb Béchar-Hammagir dont le périmètre est délimité au plan annexé. Il est inscrit que les garanties complètes et précises sont données aux membres de la communauté française qui désireraient rester en Algérie. Une page se tourne le 1er mai 1968, quant à l’évacuation anticipée de la base de Mers el Kebir, devenue moins utile pour les français eu égard à la possession par la France des sous-marins nucléaires.
Dans le Nouvel Observateur du 23 octobre 1997 sous le titre signé par Vincent Jauvert « Quand la France testait les armes chimiques en Algérie », la base B2-Namous, vaste centre d’expérimentation d’armes chimiques, aurait fonctionné jusqu’à 1978 (voir le bail de mai 1967 et celui de mai 1972).
Mais le 19 mars 1962, alors que les accords d’Evian faisaient du FLN/ALN un Mouvement légal, l’OAS tente de saboter les accords en intensifiant les tueries contre les civils musulmans par une sauvagerie aveugle de terre brûlée, de plasticage et de voitures piégées.

L’OAS semé la terreur et la désolation

L’OAS veut influer sur le cours des événements dans les pourparlers engagés avec l’exécutif provisoire en s’attaquant contre les civils. L’OAS sème la terreur en Algérie et la désolation en France en dépit de l’appel à la trêve lancé le 5 juin par le général Jouhaud, chef de l’OAS. En prévision du référendum du 1er Juillet 1962, des contacts sont pris entre l’Exécutif provisoire et l’OAS au moment où l’exode des Européens se poursuit où on dénote l’arrivée en France de huit cent mille rapatriés devant la peur et les actions meurtrières de l’OAS qui pratique la politique de la terre brûlée.
Il y a eu un affolement général devant les incendies de bâtiments administratifs, écoles, université, bibliothèque nationale et entreprise économiques y compris les champs de blé qui furent incendiés. L’horreur continue partout dans les grandes villes où l’OAS poursuit sa folie meurtrière de sabotage contre toutes installations économiques, hospitalières, malgré l’appel à la sagesse et au vivre-ensemble entre musulmans et Européens de Benyoucef Benkhedda.

Le conflit GPRA/EMG fragilise les rangs de la révolution

Mais lorsque le jeudi 7 juin 1962, Abderahmane Fares, président de l’Exécutif provisoire, et le Dr Chawki Mostefai, se rendent à Tripoli pour informer le GPRA de la situation en Algérie créée par l’OAS, ils ne se doutaient pas de la fracture qui divise les rangs du FLN. Personne ne voulait endosser l’accord FLN/OAS. Alors que la session du CNRA s’ouvre le 28 mai 1962 sous la présidence de Mhamed-Seddik Benyahia assisté de Ali Kafi et de Omar Boudaoud. Le premier à prendre la parole est Hadj Benalla qui met l’accent sur la crise grave qui secoue le FLN. Il rappelle le conflit qui dure des mois entre l’EMG et le GPRA. Il aborde la situation dramatique aggravée par l’OAS tout en évoquant les préparatifs du Référendum et la reconversion du FLN.
La discussion qui dure les 29, 30 mai et 1er juin 1962 dérive et chaque membre pose son problème. Ali Mendjeli propose le changement du bureau du CNRA. Le bureau est maintenu par 39 contre 28 voix. Abdelhafidh Boussouf prend en charge les enregistrements des débats sur magnétophone en proposant Laroussi Khelifa secrétaire de séance. La proposition est acceptée. La réunion du CNRA tenue à Tripoli est décisive et met le sort de l’Algérie entre les mains de ses membres. Que sera cette Algérie nouvelle que la Révolution démocratique a pour objectif de bâtir ? Edifier une société et un pouvoir. La révolution démocratique et populaire est un mouvement ou bien la révolution démocratique et sociale, telle est la démarche portée à une discussion de caractère idéologique.

La session de CNRA de Tripoli inachevée

Sur proposition de Lakhdar Bentobbal, une commission chargée des consultations est composée de Hadj Benalla, Med Seddik Benyahia, Omar Boudaoud et Kadi Boubakeur présidée par Benyahia pour recueillir l’adhésion des deux tiers des votants à bulletin secret concernant la désignation des membres du CNRA, organisme d’entre les deux congrès. L’ambiance est électrisée et se détériore de plus en plus. Des agressions verbales de par et d’autres fusent à la salle du Conseil de l’Hôtel El Mehari de Tripoli entre ses membres surtout contre les trois B d’une part et les alliés du GPRA et de l’EMG d’autre part.
Le 5 juin 1962, Benyahia demande aux congressistes de désigner une autre commission. Le brouhaha est à son comble puisque Ali Mendjeli revient à la charge contre le GPRA. Ses ministres commencent à quitter la salle de réunion puis suivent les autres membres et la session reste inachevée. Le texte de base est appelé « projet de Hammamet et ses deux annexes » C’est le commencement de la course vers la prise du pouvoir. Après l’échec de la commission de sondages et le retour des seigneurs de la guerre, il y eu la réunion de Zemmoura, puis la destitution de l’EMG, Ferhat Abbas rejoint le groupe de Tlemcen, l’autorité du GPRA est contestée, formation du groupe de Tizi-Ouzou (CDLR) créé le 27 juillet par Boudiaf et Krim Belkacem à Tizi-Ouzou, l’accord du 2 août et le conflit BP/Wilaya IV (déclaration du 26 août 1962.
A Constantine, le Commandant Larbi Berredjem rejoint l’EMG en s’opposant à Salah Boubnider dit Sawt el Arab. Si Berrdjem appelé aussi Larbi el Mili se manifeste dans la nuit du 24 au 25 juillet 1962, occupe la préfecture de Constantine aidé par les unités de la Wilaya 1 et l’armée des frontières. Bentobbal et Boubnider seront arrêtés. Proclamation du BP FLN le 22 juillet 1962 depuis Tlemcen (voir le livre d’Ali Haroun : L’Eté de la discorde, Casbah Editions, Alger, 2000). Les informations font état d’une menace d’intervention française directe du Gouvernement Pompidou.

Le peuple algérien artisan de la réconciliation

Chaque camp essaie de justifier ses prétentions. C’est la guerre des communiqués. C’est ainsi qu’après tant de tractations, le Bureau Politique de Tlemcen fait son entrée le 3 août à Alger où la population l’accueille triomphalement. Cette arrivée concrétisera la fin de la crise et du Wilayisme. C’est le retour au calme. En définitive c’est le peuple qui sortira l’Algérie de cette guerre qui allait être fratricide. Le peuple reste à jamais l’artisan de l’indépendance vers une possible réconciliation nationale. Le Bureau politique qui semble enfin bénéficier d’un consensus certain se réunit le 4 août à Alger. Il prend contact avec l’Exécutif provisoire et l’informe de sa décision de fixer au 2 septembre la date des élections.
Ce dernier rend publique immédiatement cette décision. Il est procédé à la répartition des tâches. Ainsi Hadj Benalla aux Affaires militaires, Ahmed Benbella à la coordination avec l’Exécutif provisoire, Rabah Bitat à l’organisation du Parti FLN, Mohamed Boudiaf aux affaires extérieures, Khider au Secrétariat général, des finances et de l’information, Mohammedi à l’éducation et la santé publique. C’est la concrétisation d’un Etat de fait diront les uns. Le GPRA cesse pratiquement d’exister. Il demeure une expression symbolique. Il est dépourvu de tout pouvoir, y compris sur le plan international.
Mais avec le système du Parti unique il n’y a pas de listes en dehors du Parti pour les élections à venir. Ce qui va envenimer la situation. L’essentiel ce n’est pas l’élection mais le choix des candidats. Le 14 août 1962, Houari Boumediene fait son entrée à Alger accueilli par Hadj Benalla et les deux membres de l’EMG, Slimane Kaïd et Ali Mendjeli. Mais le 25 août, en raison d’une grande manifestation de la Wilaya IV, Khider au nom du BP décide d’ajourner les élections. La population appelle à éviter toute effusion de sang dans ce combat pour la prise du pouvoir.

Une assemblée constituante élue

(« Sebaâ S’nine Barakat » (Sept ans suffisent) clame le peuple. L’Algérie s’élève comme un seul homme, unanime contre ce combat fratricide. Désormais, l’ALN est reconvertie en ANP. Le 20 septembre il y a eu élection d’une Assemblée nationale de 195 députés. C’est Abderahmane Fares qui rend publics les résultats du scrutin. 5 303 661 votants sur 6 504 033 inscrits. L’abstention est de 18,46%. Le 25 septembre 1962 verra l’ouverture de la première Assemblée nationale constituante à laquelle l’Exécutif provisoire remet ses pouvoirs. Ferhat Abbas est élu Président par 155 voix et 36 bulletins blancs.
Aucune voix contre ne s’est manifestée. Dans la nuit du 28/29 septembre1962, l’Assemblée investit Ben Bella Président du Conseil, Chef du gouvernement par 159 voix contre une voix et 19 abstentions. Le Gouvernement est ainsi formé (Voir la composition des membres du Gouvernement au JO-RADP).
Il y a un seul vice-président en la personne de Rabah Bitat ; Houari Boumediene, ministre de la Défense nationale, Ahmed Medeghri, ministre de l’Intérieur, Ammar Bentoumi, ministre de la Justice, Mohamed Khemisti, ministre des Affaires étrangères, Dr Ahmed Francis, ministre des Finances, Amar Ouzeguene, ministre de l’Agriculture et de la Réforme agraire, Laroussi Khelifa, Industrialisation et Energie, Bachir Boumaza, ministre du Travail et des Affaires sociales, Abderahmane Benhmida, ministre de l’Education nationale, Med Seghir Nekkache, ministre de la Santé, Abdelaziz Bouteflika, ministre de la Jeunesse et Sports…

Francois Mitterrand amnistie les ultras de l’OAS

 

François Mitterrand fait la promesse le 4 avril 1981 que tous les ultras d’Algérie française seront touchés par une amnistie totale. Le 21 octobre 1982, il y aura le vote de la Loi d’amnistie mais assortie d’un amendement qui en exclut les généraux putschistes. Le pardon n’est pas l’oubli. Les socialistes font passer l’amnistie sans vote à l’Assemblée en usant pour la première fois de l’article 49-3 de la Constitution.
Les alliances contre nature heurtent et choquent parfois violemment. La gauche a eu du mal à avaler l’amnistie des chefs putschistes et l’OAS. La dissuasion nucléaire, arme gaullienne, est récupérée par Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand et Chirac.
En mai 2001, Services spéciaux, Algérie 1955/57, le livre de souvenirs du sinistre Paul Aussaresses (Perrin) fait soudain redécouvrir au grand public les tortures pratiquées côté français pendant la guerre d’Algérie. Ce général de 83 ans donne sa version sur les événements tragiques qui remontent à 1957 et à la bataille d’Alger, où il revendique sa responsabilité pleine et entière dans la mort de Larbi Ben M’hidi et de l’avocat Ali Boumendjel et de toutes les exécutions sommaires.
Il n’y a qu’à relire l’ouvrage de Pierre Vidal-Naquet La Torture dans la République, ou revoir le film Les Années algériennes de Bernard Favre, Philippe Alphonsi, Patrick Pesnot et Benjamin Stora (1991) et son ouvrage La Gangrène et l’Oubli. Le problème de la torture, c’est avant tout celui du renseignement. C’est le Ministre-résident en Algérie, le socialiste Robert Lacoste qui ordonna au tout nouveau préfet, Serges Baret, de confier directement la responsabilité du maintien de l’ordre au général Massu et sa 10e division parachutiste qui s’installe à partir du 14 janvier1957 avec ses quatre régiments englobant 4600 hommes pour quadriller le tout Alger aux ordres du commandant Aussaresses. Le secrétaire général de la préfecture d’Alger Paul Teitgen évalue à plus de 3000 disparus.

De Rouget de Lisle à Moufdi Zakaria

L’Algérie après 132 ans de colonialisme marquée par de nombreuses insurrections dont celle de la Révolution du 1er Novembre 1954 qui a duré sept ans et demi pour la libération totale du pays, récupère son territoire le 3 juillet 1962 et la reconnaissance solennelle par la France de notre indépendance.
Le cessez-le-feu fut signé au nom du GPRA mandaté par le CNRA où Krim Belkacem au nom de l’Algérie appose sa signature le 18 mars 1962 à côté de celle de Louis Joxe, chef de la délégation française aux négociations des textes des accords d’Evian.
La France coloniale remet les clés de l’Algérie indépendante aux représentants du peuple. Pour une fois dans son histoire plusieurs fois millénaire, la Nation algérienne redécouvre son unité de l’antique Numidie cimentée par les idéaux du 1er Novembre 1954.
Le 5 juillet 1962, la Marseillaise de Claude Joseph Rouget de Lisle s’en va vers les cieux de France pour laisser retentir Kassamen sur la terre arrosée du sang de millions de martyrs, l’hymne national écrit par le militant et résistant Moufdi Zakaria que Dieu ait son âme.

L’histoire du drapeau algérien

C’est un jour de gloire, un jour de fête, une symbiose populaire avec les moudjahidine revenant des maquis aux cris de « Tahia El Djazaïr, Allah Yarham Achouhada ».
Pour la première fois sur tous les édifices publics et les maisons, le drapeau de l’Algérie combattante flotte sur tous les toits. Cet emblème national a une histoire marquée par les grands faits de la résistance populaire nationale anticoloniale.
Chaque emblème a ses caractéristiques. Le croissant a de tous les temps été symbole de l’Islam. La croix est celle de la chrétienté. Le chandelier celui du judaïsme. Durant les dynasties arabes ou les beylicats, il y avait des étendards pour chaque ensemble de portion de territoire.
Pour la première fois, selon Charles Robert Ageron, l’emblème national symbolisait toute l’unité du territoire et du peuple algérien de Tlemcen à Tébessa, d’Alger à Tamanrasset, tel qu’il existe aujourd’hui. Il fut levé dans les locaux de l’Etoile nord-africaine à Paris par Messali Hadj, version rapportée également par l’historien Mohamed Guenouche selon l’étude faite par Ammar Guellil dans son livre en trois tomes Malhamat Al Djazaïr Al Khalida.
Il faut dire qu’en 1934 il y avait le drapeau qui symbolisait l’Afrique du Nord où le vert pour la Tunisie, le blanc pour l’Algérie et le rouge pour le Maroc. C’est au sein du PPA qu’un Comité tripartite composé de Hocine Asselah, Chadli El Mekki et Chawki Mostefa fut chargé d’en proposer une esquisse.
Les couturiers militants Abderahmane Samaï et Sid Ahmed Amrani l’ont réalisé dans le magasin sis au 18 rue Souk el Djamaâ dans la basse Casbah selon l’historien Mohamed Abbas. Le drapeau actuel fut donc adopté en février 1947 lors du 1er Congrès du MTLD et par le FLN à partir de Novembre 1954 et donc par le GPRA.

L’hymne et l’emblème dans les constitutions, symboles de la souveraineté nationale

Dès l’indépendance la loi 63/145 du 25 avril 1963 en donnait les caractéristiques. S’ensuit après l’ordonnance du 66-156 du 8 Juin 1966 modifiée et complétée portant Art 459.
Le 21 novembre 1976, la Constitution en son article 2/4 parle de l’hymne national et des caractéristiques du drapeau de l’Etat algérien. Le décret du 3 Novembre 1984 sanctionne quiconque attentera aux symboles de la souveraineté. Le décret présidentiel 97-365 du 27 septembre 1997 énonce les conditions d’utilisation de l’emblème national.

La révision constitutionnelle du 15 Novembre 2008 dans son article 5 rappelle :

« L’emblème national et l’hymne national sont des conquêtes de la Révolution du 1er Novembre 1954, ils sont immuables. Ces deux symboles de la Révolution, devenus ceux de la République, se caractérisent comme suit : l’emblème national est vert et blanc frappé en son milieu d’une étoile et d’un croissant rouge ; l’hymne national est Kassaman dont l’intégralité de ses couplets ».
Au maquis, les commissaires politiques du FLN/ALN expliquèrent que le vert c’est la verdure, la nature, le paradis qui symbolise à la fois la prospérité, le bonheur et la paix. Le blanc est le symbole de la pureté et du dialogue et le rouge le symbole du sang des martyrs. Le croissant et l’étoile c’est l’Islam avec les cinq piliers. En fait le drapeau c’est tout un symbole de l’honneur, de la fraternité et de l’authenticité. Il représente pour nous la dignité retrouvée et la foi en notre combat libérateur. Il est comme pour toutes les Nations, le symbole de la souveraineté.
Quelle portée littéraire ont les textes des deux hymnes nationaux en lisant La Marseillaise de Rouget de Lisle et Kassaman de Moufdi Zakaria ? Le chant de guerre de l’armée du Rhin entonné par le bataillon des fédérés marseillais entrant à Paris le 30 juillet 1792 et lors de l’insurrection au palais des Tuileries le 10 août 1792, prend l’appellation par les Parisiens d’hymne des Marseillais devenu La Marseillaise.

les hymnes nationaux glorifient la dignité des peuples

C’est le baron Philippe de Diestrich, maire de Strasbourg qui dit à Rouget de Lisle de « trouver un beau chant pour ce peuple soldat qui surgit de toutes parts à l’appel de la Patrie en danger et vous avez bien mérité de la Nation ».
Le matin Rouget de Lisle en scrutant une affiche sur les murs de Strasbourg dont le texte émane de la Société des amis de la Constitution trouve les mots qu’il faut :
« Aux armes citoyens !l’étendard de la guerre est déployé- le signal est sonné ! Aux armes il faut combattre, vaincre ou mourir- la liberté luira pour tous les hommes- marchons ! Soyons libres jusqu’au dernier soupir- pour la félicité de la Patrie et le bonheur du genre humain »
Du texte de Claude Joseph Rouget de Lisle ces extraits écrits en 1792 :
« Entendez-vous dans nos campagnes-mugir ces féroces soldats ? Ils viennent jusque dans vos bras égorger vos fils, vos compagnes. Amour sacré de la Patrie, conduis, soutiens nos bras vengeurs- liberté, liberté chérie-combats avec tes défenseurs ».
Il est vrai que Rouget de Lisle en tant que mélomane jouant au violon, militaire de carrière, issu des grandes écoles militaires fut un chef de bataillon. Cet officier de génie (1760/1836) en écrivant et en composant la musique de la Marseillaise fut proclamée hymne national le 14 juillet 1792 qui fut interdit sous l’empire devenant après l’hymne officiel en février 1875 à l’instigation de Gambetta.

Militer pour une véritable réconciliation

 

Cet hymne qui glorifie pourtant la liberté des peuples et du genre humain n’a pourtant pas sensibilisé la France coloniale d’arrêter l’oppression, la torture et l’atteinte à la dignité humaine commises par le colonialisme sur le peuple algérien ? Une seule raison pour que la France des droits de l’homme celle de la Révolution de 1789 donne l’exemple aux peuples du monde en reconnaissant les affres et les atrocités de la colonisation. Ce sera le commencement d’une véritable réconciliation qui bâtira l’avenir des générations des deux peuples dans la concorde et la prospérité partagée. La promesse du Président Macron sera-t-elle tenue pour sceller cette réconciliation ?
Et puisque les peuples s’identifient à l’emblème et à l’hymne national qui sont le socle sacré de l’unité communautaire, Kassamen (Nous jurons) écrite par Moufdi Zakaria, grand poète de la Révolution et militant de la cause nationale, a rythmé comme le dira Dr Slimane Chikh, fils de Feu Moufdi Zakaria les pulsations de la geste libératrice algérienne et a exprimé le souffle du vaste élan patriotique qui a mobilisé le peuple.

L’odyssee émouvante de Kassamen

« Nous jurons » ainsi commence Kassamen et se termine par le refrain « Soyez témoins » est dans la filiation de « Fidaou El Djazaïr » (le sacrifice pour l’Algérie) entonné par tous les militants du PPA jusqu’à la création du FLN.
Ce chant merveilleusement interprété par Missoum Amraoui a une voix mélodieuse et un joueur émérite du luth, comme le soulignera Lamine Béchichi dans son ouvrage Historique de l’épopée du chant Qassamen.
Pour revenir à la genèse de Kassamen, Lamine Bechichi, témoin et acteur dans le contexte de l’histoire, renvoie « l’origine de l’idée d’un chant patriotique répondant à l’étape de lutte pour notre indépendance à Hocine Belmili, compagnon de route dans le militantisme d’Abane Ramdane dont il lui suggère l’importance, voire la nécessité d’un tel projet ».
Pour l’argumentaire, Hocine Belmili, nous rappelle Lamine Bechichi, voit dans Fidaou El Djazaïr le chant du PPA, celui des réformateurs a pour titre Chaâbou El Djazaïr Mouslimoun (Le peuple algérien est musulman) écrit par Ibn Badis et enfin celui des Amis du Manifeste et de la Liberté (AML) a pour titre Min Djibalina (De nos montagnes).
Abane Ramdane apprécie la justesse des arguments de Belmili et soumet l’idée à ses compagnons qui l’adoptent rapidement. Alors Benyoucef Benkhedda et Lakhdar Rebbah sont désignés pour prendre attache avec des poètes pour l’écriture de l’hymne de la Révolution algérienne.
Ils arrêtent les trois critères sur lesquels doit s’inspirer le poète il s’agit :
1- Appel au peuple algérien à rejoindre les rangs de la Révolution sous la direction du FLN ;
2- Condamner avec force l’Etat colonialiste français, agresseur qui a lésé le peuple algérien dans ses droits fondamentaux les plus élémentaires et méprisé ses valeurs et sa culture.
3- Eviter de citer nommément toute personne se targuant de son passé ou son présent militant quel que soit son niveau de responsabilité dans le mouvement national.
Evidemment le choix fut porté sur le militant Moufdi Zakaria auteur de ce joyau Fidaou El Djazaïr dans le secret le plus absolu après avoir dissipé une situation né d’un boycott à Alger des commerçants mozabites dont le mérite revient à Abane Ramdane.
C’est dans la casbah au 2 rue Blandon actuellement rue Chahid Boualam Rahal que Moufdi Zakaria a rédigé le poème Kassamen et remis par Lakhdar Rebbah à Abane Ramdane.
Quant à la composition musicale, Abane Ramdane mandatera encore Lakhdar Rebbah pour reprendre contact avec Moufdi Zakaria afin de trouver dans le milieu des artistes quelqu’un susceptible d’être en mesure de trouver la ligne mélodique la plus appropriée. Il faut se rappeler que tout cela se fait dans le strict secret de la clandestinité.
La première version musicale de Kassamen a été celle de Mohamed Touri, un ami de Moufdi. C’est dans une villa à Kouba qu’un nombre restreint d’artistes militants avait répété le texte sous l’oreille avisée du poète. C’est le technicien Abderahmane Laghouati qui sera mobilisé par Lakhdar Rebbah pour l’enregistrement sur un magnétophone Philips, assisté techniquement par son neveu Abdelkader Maârouf pour la sécurité absolue de l’opération.
La confection du disque mou genre Pyral sur lequel l’hymne a été gravé après avoir été enregistré sur un noyau de vinyle par Abderrahmane Laghouati dans les studios l’ELAK où il travaillait. Les studios de l’ELAK se trouvent à la rue Berthezene (à proximité du Palais du Gouvernement) où tard après la sortie du personnel, Mohamed Kechroud et Boualem Akouche assuraient la surveillance pour avoir réalisé deux copies remises à Rebbah afin de les donner à Abane pour appréciation et décision. Tout ceci se déroule fin 1955.
La direction de la Révolution à travers Abane Ramdane n’étant pas convaincue de la partie musicale, charge Moufdi Zakaria de se rendre à Tunis au début de 1956 et c’est le grand maestro tunisien Mohamed Triki qui tentera la deuxième version avec la chorale qui sera choisie parmi la mission estudiantine algérienne.
Cette version musicale n’enchante pas Abane et ses compagnons de lutte malgré l’effort méritoire de Mohamed Triki dont un hommage lui été rendu
D’ailleurs il se rattrape en reprenant avec un grand ensemble vocal professionnel pour enregistrer Kassamen qui servira au programme Sawt el Djazaïr (La voix de l’Algérie) diffusée sur les ondes de la radio tunisienne. Moufdi Zakaria et Lakhdar Rebbah seront arrêtés au domicile du poète le 12 avril 1956 quelques jours de retour de Tunis.
La troisième version musicale du chant Kassamen sera exécutée par l’Egyptien Mohamed Fawzi, bien que ces collègues n’aient pas estimé qu’il fasse ce travail, il réussit par triompher de ceux qui ont douté de ses compétences et de ses qualités de compositeur. Quelques observations sont apportées au texte afin de ne pas connaitre de redondances.
Il faut dire que les coups de caisse clairs sorte d’anacrouse introduisant l’hymne sont un rajout du maestro Haroun El Rachid. Il faut rappeler aussi que le texte de Kassamen publié dans le recueil de poèmes ayant pour titre La flamme sacrée édité à Beyrouth en 1961 sous la responsabilité directe de son auteur ne comporte que quatre strophes au lieu de cinq.
Il faut aussi retenir que la Constitution adoptée par l’Assemblée nationale constituante et plébiscitée par le peuple algérien par le référendum du 8 septembre 1963 a introduit dans les dispositions transitoires l’article 75 qui stipule : L’hymne national est provisoirement Kassamen, et une loi non constitutionnelle fixera ultérieurement le futur hymne national.
Le Bureau politique du FLN dans ses réunions de l’automne 1964 avait ouvert le débat autour de la révision du chant patriotique et chargea une commission de lancer un concours soutenu par un exposé de motifs qui indique le cadre et les critères exigés. Sept poèmes ou chants furent retenus. Le texte portant le n°7, qui s’est avéré plus tard celui de Moufdi Zakaria, était le meilleur.

Lahn el khouloud ne remplace pas Kassamen

Il s’agit de Lahn el khouloud (Le chant de l’immortalité) dans le mode er Raml. Le 19 juin 1965 a différé les choses. Et c’est le Président Boumediene qui, en lisant les sept poèmes présentés sous le sceau de l’anonymat, a trouvé encore que le meilleur était celui de Moufdi Zakaria et donc décida de garder Kassamen pour sa pertinence, sa cohérence et son message fort.
Je ne saurai terminer sans évoquer deux extraits de mon aîné le défunt Dr Boualem Bessaïh que Dieu ait son âme, tirés de son ouvrage L’Algérie belle et rebelle :
« Et le combat cessa, non faute de courage
L’incendie étouffé de ses cendres s’éteint
La vertu du dialogue a forcé le destin
Pour ensemble augurer d’une nouvelle page ».
« La paix est le fruit mur de la miséricorde
C’est avec un cœur chaud que se tiennent les mains
Me reconnaître en toi
Te reconnaître en moi
non se montrer du doigt
non ignorer la voix
C’est cela le secret, le miel de la concorde
et c’est ombre aimer, servir le genre humain ».
Je voudrai également rendre un grand hommage aux frères Lamine Bechichi et feu Abderrahmane Benhamida pour l’excellent travail d’investigation pour nous avoir présenté le bel ouvrage Histoire de l’épopée du chant Kassamen paru aux éditions Alpha. Je ne saurai oublier Pierre Péan que j’ai eu l’occasion de connaitre en m’ayant présenté son livre Main basse sur Alger dont l’idée d’en faire un scénario de film qui est une source d’informations sur le pillage du trésor d’Alger en 1830.
Ces deux ouvrages bien documentés m’ont été d’un grand apport pour la présentation de cet article. Qu’ils soient remerciés.
En conclusion et dans le mouvement actuel des débats politiques, le temps milite pour que les générations se sentent davantage impliquées dans le cours des événements afin de prendre leur destin en main, réalisant ainsi le rêve des aînés qui ont combattu pour que l’Algérie retrouve sa souveraineté symbolisée par l’hymne national de Kassamen et cet emblème vert-blanc-rouge au croissant et à l’étoile qui marquent notre unité, notre foi dans une Algérie réconciliée forte et prospère toujours fidèle au serment de nos martyrs.
L’Algérie terre de tolérance et d’hospitalité reste marquée par les valeurs d’humanisme. Que ce 56e Anniversaire de son indépendance soit le message du peuple algérien à tous ceux qui ont été solidaires dans son combat pour la libération nationale et une pieuse pensée à tous ses martyrs.

Dr Boudjemâa HAICHOUR
Chercheur Universitaire-
ancien ministre

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Le 1er novembre 1954

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