Adjal Adjoul
Portrait

Par Hassina AMROUNI
Publié le 29 Jan 2015
Jouant les premiers rôles au déclenchement de la guerre de libération nationale, dans la Wilaya I, aux côtés de Mustapha Benboulaïd, Tahar Nouichi ou Abbes Laghrour, pour ne citer que ces noms, Adjel Adjel sera au centre des décisions jusqu’à sa reddition aux forces coloniales en 1956.
Moudjahidine au maquis aurèsien
Hadj Lakhdar

Adjal Adjoul ou Adjoul-Adjoul Ben Abdelhafid, est natif des Aurès. Il a vu le jour plus précisément au douar Kimmel près d’Arris en 1922, au sein d’une famille aisée de la région. Son père était, en effet, propriétaire de terres cultivables et de forêts. Contrairement aux autres hommes de la famille, Adjal Adjoul est le seul à avoir accompli en 1943 son service militaire. Au début des années 1950, il rejoint le Parti du peuple algérien puis le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques. A son engagement politique, il parvient à faire prendre conscience à ses concitoyens, notamment les habitants de Kimmel, de la nécessité d’adhérer aux idées nationalistes. Quelques mois plus tard, plus précisément en août 1951, il prend la fuite vers Constantine, car il fait l’objet d’intenses recherches à la suite de la découverte de l’OS. Dans la ville du Rhumel, il renoue dès 1953 avec ses activités politiques, sous la direction de Bachir Chihani, responsable régional. Le 30 avril 1954, il assiste à une réunion convoquée par Mustapha Benboulaïd dans sa ferme, sise à Lambèse, en présence d’autres militants, en l’occurrence Tahar Nouichi, Messaoud Bellaggoune et Abbas Laghrour. Au cours de cette rencontre, ces derniers assurent de leur engagement entier dans la lutte de libération nationale. Puis, le 15 août 1954, il prend part au congrès des centralistes, qui a lieu dans la capitale. Au cours de cette rencontre, il n’hésite pas à lancer un appel à la lutte armée. Rejoignant le « groupe des 22 », il participe le 20 octobre 1954, à une nouvelle rencontre organisée au domicile de Abdallah Oumeziti à Lokrine (Chemora), à une trentaine de kilomètres de Batna et à laquelle prennent part notamment, Chihani, Laghrour, Nouichi, Hadji et Khantra. C’est là que la date du 1er novembre 1954 est enfin annoncée. Membre incontournable de l’Idara, il sera désigné adjoint de Mustapha Benboulaïd (zone 1 de l’ALN, région Aurès-Sud) aux côtés de Bachir Chihani et Abbès Laghrour.
Lorsque Benboulaïd est arrêté le 11 janvier 1955 à Gabès puis condamné à mort par le tribunal de Constantine, Adjal Adjoul sera installé au poste d’adjoint de Bachir Chihani et superviseur général de la région Est des Aurès. Il prendra part à de rudes et sanglantes batailles dont celle de «Okbet Taâichet». Il sera derrière la prise de décisions importantes, comme la création du journal de propagande (Algérie Libre) mais aussi l’annexion des Nemenchas et l’incitation du Nord Constantinois à prendre le chemin de la lutte. Il prendra ensuite part à la bataille d’El Djorf, en septembre 1955. Alors que de nombreux moudjahidine trouvent la mort lors de cette bataille, on reproche à Chihani cette grosse erreur tactique qu’on est loin de lui pardonner. Bien qu’ils continuent à exécuter ses ordres et à suivre ses directives, le courant ne passe plus très bien entre Abbas, Adjoul et Chihani. Ce dernier meurt le 22 octobre 1955, laissant le champ libre à toutes les courses au pouvoir. C’est, en définitive, Adjal Adjoul et Abbas Laghrour qui assurent la relève, coordonnant les activités militaires des six zones des Aurès et ce, jusqu’à l’évasion de prison de Mostefa Benboulaïd le 13 novembre 1955 et son retour au maquis parmi ses troupes. Quittant la zone de Kimmel en janvier 1956, Benboulaïd et ses hommes sont repérés par l’armée française à Ifri, ils sont alors bombardés par hélicoptère mais malgré leur riposte courageuse, une douzaine de combattants périront cette nuit.

 

Mort de Ben Boulaïd

Le 21 mars 1956, Ben Boulaïd tient une réunion à Nara, dans la région de Menaa. Alors qu’il est dans son refuge en compagnie d’une douzaine de responsables dont Ali Baazi, Abdelhamid Lamrani, Messaoud Benakcha, Mostefa Boucetta et Ali Benchaïba, l’explosion d’un poste radio piégé  tue Benboulaïd et ses hommes, à l’exception de Mostefa Boucetta et Ali Benchaïba qui seront gravement atteints. C’est lors d’une réunion tenue le 15 avril 1956 à Taghedda que sera discutée la question de la succession à la tête de l’Idara. A ce moment, Hadj Lakhdar propose le nom de Adjal Adjoul, mais ce dernier ne fera pas l’unanimité, c’est finalement Omar Benboulaïd qui prend la place de son frère, lui aussi sans l’approbation générale. D’ailleurs, lorsqu’ils reçoivent les convocations pour assister au Congrès de la Soummam le 20 août 1956, Adjoul et Abbas refusent de s’y rendre. Aussi, Amirouche, en tant que délégué du CCE, se déplace dans les Aurès pour demander des explications à Adjoul. Au terme d’un interrogatoire, il demande à voir Abbas pour connaître sa version mais ce dernier est introuvable. C’est Adjoul seul, qui devra donner les explications sur la mort de Benboulaïd et expliquer d’autres points liés à sa gestion de la région. Quelques mois plus tard, plus précisément la nuit du 30 octobre 1956, un certain Ahmed Azeroual, armé d’un Garand tente d’assassiner Adjoul. Ce dernier fait le mort afin de pouvoir s’échapper et rejoindre son groupe stationné à Djeniène vers le sud-ouest mais il finit par se rendre aux forces coloniales. Cet acte de reddition sera loin de marquer sa rupture avec l’ALN puisqu’il fera parvenir une grande somme d’argent au maquis, alors sous le commandement de Hadj Lakhdar. A l’indépendance, il repart vivre dans son village natal jusqu’à son décès en 1992.  

Hassina Amrouni


GUERRE DE LIBERATION

Repère et Symbole

Le 1er novembre 1954

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MEMOIRE
UNE VILLE, UNE HISTOIRE
CONTRIBUTION

Syphax et la rencontre de Siga

Ain Temouchent (206) AV J.C