Entre passé et avenir
Guelma et son patrimoine

Par Hassina AMROUNI
Publié le 29 Jan 2014
Guelma est connu pour être une ville au riche potentiel archéologique. En effet, l’antique Calama a, depuis l’époque de l’occupation romaine, byzantine ou ottomane cumulé les vestiges.
Le théâtre romain
Le fameux théâtre romain de Guelma
Le fameux théâtre romain de Guelma
Les thermes romains
Le square durant la période coloniale

Parmi l’héritage de cette époque très lointaine, figure le fameux théâtre romain. Nul ne peut effectuer une visite touristique à Guelma sans se rendre sur le site de ce théâtre impressionnant. Pouvant accueillir plus de 3 600 places, ce théâtre comprend également une façade, une scène et un orchestre, des issues, des vestiaires, des dépendances, ce qui fait de lui l’un des théâtre romains les plus complets au monde avec lequel ne peuvent rivaliser ni celui de Rome, ni celui de Pompée.    
Construit en 201, il s’appuie à une assise de remblais parée de pierres de taille. Selon une inscription retrouvée sur place, il semblerait qu’une certaine Annia Aelia Restituta  dépensa 400 000 sesterces pour bâtir ce théâtre afin que ses concitoyens puissent se distraire. Elle sera remerciée en retour par l’érection de cinq statues en son honneur.
Marqué par les aléas du temps, l’édifice sera entièrement reconstruit au début du XXe siècle.  Aussi, en 1908, il accueille des représentations théâtrales dans le cadre de la fête annuelle de Calama. Il fera, par la suite, de plusieurs campagnes de réfection, retrouvant peu à peu son lustre. Utilisé lors des rafles, pendant la guerre de libération nationale, il est, à l’indépendance doté d’une clôture de protection, avant que les autorités n’aménagent un parc à proximité permettant ainsi l’organisation de spectacles scolaires, de soirées artistiques et autres galas. D’ailleurs plusieurs grands noms de la scène nationale et internationale s’y sont produits, à l’instar de Hadj Mohamed Tahar Fergani ou encore Wadi Es-Safi, pour ne citer que ces deux là.
A noter que ce monument abrite le musée archéologique de Guelma dans lequel on peut admirer les collections de mosaïques, stèles, objets divers, statutaires, provenant des fouilles de Khemissa, M’daourouch ou encore Announa.

Enceinte de l’ex-caserne

Selon Duvivier, c’est là que fut construire « Guelma de la décadence ». Afin de bâtir une nouvelle forteresse qui leur servirait de refuge, les habitants ont démoli l’ancienne Guelma pour en utiliser les matériaux. Puis, au lendemain de la colonisation française, le site de cette ancienne forteresse byzantine accueillit les premiers baraquements militaires français.
En fait, le mur d’enceinte séparait les deux « Guelma », l’ancienne et la nouvelle. Pour Grellois, ancien médecin-major de l’armée coloniale française, ce mur d’enceinte « servait à la défense commune. Cependant une muraille épaisse séparait l’une et l’autre, de sorte que le castellum pouvait, non seulement veiller à la sûreté de la ville, mais encore se défendre isolément, si celle-ci était au pouvoir de l’ennemi. Ce castellum, situé au sud, occupait la partie la plus élevée du plan légèrement incliné sur lequel s’étendait la ville ».

Les thermes romains

Situés dans l’enceinte de l’ancienne caserne, les termes romains se caractérisent par un état de conservation -notamment de quelques-unes de ses parties-, très appréciable. Datant du IIe siècle de l’ère chrétienne, ces thermes sont construits en pierres de petite et grande taille ainsi que de briques. Sur le site, nous retrouvons plusieurs salles groupées autour d’un espace très vaste auquel on accède en empruntant un petit escalier à l’intérieur de l’actuelle grille de protection. C’était le tepidarium.
Toujours selon Grellois, les baigneurs entraient par la gauche au spoliatorium où ils se déshabillaient puis se rendaient à l’aeleotherium, à leur droite où ils se frottaient d’huile. « De cette chambre, ils passaient par une porte communiquant avec la grande salle, au tepidarium. Quatre cabinets dont deux étaient à chaque extrémité, N et S, de la salle principale, et ne communiquant qu’avec elle, représentaient le caldarium. L’arceau Est ainsi que les accès qui le flanquent mènent à la partie du bâtiment qui servait de frigidarium ».
Duvivier, pour sa part, une fouille faire à l’intérieur des salles des thermes «conduisant à une couche épaisse de chaux blanche, semblable à celle qui encombre les anciens bassins du Hammam Meskroutine, a montré qu’il y avait là, jadis, une source d’eau chaude engloutie maintenant sous un terrain de décombres et de remblais de plus de 10 mètres ».
A noter qu’en 1995, une stèle a été érigée sur ce site, à la mémoire des victimes du 8 mai 1945 par l’association du même nom.

Le square

Acquis par la ville de Guelma auprès de l’autorité militaire au XIXe siècle, l’espace était à l’origine botanique et devait abriter différentes espèces de plantes. Toutefois, le square fut dévoyé de sa vocation, et ce, dès son installation, devenant le premier musée de plein air. Il abritera toutes les collections archéologiques provenant des sites de fouilles de la région (Thibilis, Thubursicu Numidarum et Madauros).
Mais après l’indépendance, il était devenu nécessaire de déplacer ce riche legs archéologique pour l’exposer dans un lieu plus adéquat, à l’abri de la dégradation. D’où la création au début des années 2000 d’un jardin archéologique qui accueille des inscriptions, des statues de divinités, des piédestaux, des chapiteaux, des monuments funéraires, …

Ouvrages d’architectures récents

Outre le legs du passé millénaire auquel, elle a su faire honneur, en le préservant, Guelma a aussi investi dans des ouvrages d’architecture et de sculpture, rendant ainsi hommage à quelques grandes figures de la région ou encore perpétuant quelques grands événements ayant marqué la région. 
Parmi ces ouvrages d’art figure la statue du défunt Président Houari Boumédiène. Située place du 19 mars, juste en face de l’APW, cette statue imposante, réalisée par l’artiste Z. Dahel, représente l’enfant du pays, dans un costume taillé sur mesure et un burnous traditionnel. En 2004, la statue avait été posée sur un piédestal en forme de rocher, traduisant l’attachement de l’ancien Président à la terre, cependant des aménagements ont été effectuées deux années plus tard, revenant à une assise construite.
D’autres monuments, comme « Mountalaq el massira », un ensemble de neuf statues, érigées en 1986 au carrefour « El Karmâte » représente le point de départ de la manifestation du 8 mai 1945. Le mémorial ou maqam Echahid, édifiée en 1986, sur l’emplacement d’une ancienne ferme française, la stèle des martyrs, au cœur de l’ancienne ville, la sculpture des bras brisant les chaînes, conçue par Benyahia en 1977, les monuments du 8 mai 1945, celui en hommage aux femmes, les monuments du semeur et du moissonneur, les fresques et tableaux de peinture ou encore le buste du martyr Souidani Boudjemaâ, constituent quelques unes des réalisations dont la population guelmi peut s’enorgueillir.

Hassina Amrouni
Source :
*Office du tourisme de Guelma et sa région

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Le 1er novembre 1954

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