Les fils prodiges du Souf

Par Hassina AMROUNI
Publié le 27 déc 2012
Les fils prodiges  du Souf
Abdellah Menaï

Enfants de l’Oued Souf, ils ont fait connaître leur région au-delà des frontières du pays. De Bachir Guemari dit «Babache», ancien champion de lutte, à Ahmed Gueriche, doyen des artistes d’El Oued, en passant par Mohamed Lamine Lamoudi, membre fondateur et secrétaire général de l'association des ulémas musulmans algériens, Bousbia Laich Ali, historien, Ahmed Nadjih, Abou Kacem Saâd Ellah, Ibrahim Miassi, Saâd El Amamra, Ali Aoun, écrivains, ils ont chacun contribué à l’essor de cette région, en lui forgeant une réputation de terre de prodiges.  
Bien que tous ces noms soient célèbres, certains sont considérés comme de véritables icônes.  D’abord, Abdelkader Lamoudi, ce moudjahid qui a fait partie du groupe des 22 qui ont déclenché la Révolution algérienne en novembre 1954, est aujourd’hui, l’un des cinq membres encore en vie du groupe (Belouizdad Othmane, Zoubir Bouadjadj, Ammar Benaouda et Mohamed Mechati). Abdelmadjid Salah Bousbia et Mohamed Larbi Gammoudi font également partie de ces valeureux combattants qui ont pris les armes contre l’occupant français.
Né à El Oued en 1937, l’homme d’affaires Djilali Mehri, dont la manne financière a aidé économiquement toute la région, fait également partie des personnalités phares du Souf. Intégrant le monde des affaires internationales dès 1965, alors qu’il n’a que 28 ans, Djilali Mehri a touché à l’agro-alimentaire, à travers les boissons, à l’industrie, à l’hôtellerie en inaugurant ses premiers édifices touristiques de type Ibis et Novotel et même à l’humanitaire.  
Enfin, la dernière grande figure soufie dont l’évocation est incontournable est le chantre du bédoui, Abdallah Menaï.
Natif de l’Oued Souf, il y a vu le jour en 1941. Modeste travailleur, son père décide de partir s’installer à Tunis en 1948 afin de pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. C’est donc au sein de la société tunisienne qu’Abdallah grandit. Il intègre le groupe des Scouts musulmans algériens de Tunisie, ce qui lui permet de connaître la plupart des chants nationalistes qui mettaient en valeur la lutte de libération. Son père décède en 1959, devenant alors soutien de famille, il part vivre à Paris pour pouvoir assurer la subsistance de sa maman et de sa fratrie. C’est dans son exil qu’il intègre le monde musical au sein de l’émigration et réussit à activer en qualité de musicien dans le cadre du programme de l’Amicale des Algériens en Europe. Il ne retourne dans sa région natale qu’en 1970. Grâce à sa voix forte et à son style puisant sa force au cœur du patrimoine local, Abdallah Menaï devient un maître de la tradition orale.

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