Le « Faucon de djebel Zbarbar »
Le chahid Rabah Mokrani

Par Hassina AMROUNI
Publié le 06 fév 2020
Il est l’un des martyrs de la ville de Hammam Guergour. Plus de 60 ans après sa disparition, il reste l’un des plus grands symboles de l’engagement révolutionnaire et du sacrifice pour l’indépendance de l’Algérie.
De gauche à droite, Le colonel Si M'hamed Bougara chef de la wilaya IV historique Si Lakhdar et le commandant Azzedine.

Descendants des Mokrani d’Ath Abbas, ses aïeux ont quitté leur région natale après la révolte de 1871 pour s’installer à Guergour. C’est là que Rabah naît le 6 novembre 1934 au sein d’une famille de très modeste condition. Elevé dans la haine du colonisateur, le jeune Rabah fait partie des premiers révolutionnaires à avoir rejoint les rangs de l’ALN dès le déclenchement de la guerre de libération nationale. En raison de son courage et de sa détermination, il sera chargé de la mise en place des premières cellules combattantes dans les régions de Lakhdaria et d’Ain-Bessam, dans la wilaya de Bouira. En 1956, il est promu chef des unités de combat de choc de l’armée de libération nationale (ALN), avant de se voir confier, aux côtés du chahid Ali Khodja, la délicate mission de former des commandos d’élite de la Wilaya IV historique. Ce commando sera d’ailleurs la première unité d’élite de l’Armée de libération nationale et elle se distinguera par de hauts faits d’armes.
Combattant aguerri et possédant un véritable ascendant sur ses compagnons d’armes, Rabah Mokrani multiplie les exploits sur le terrain des combats. D’ailleurs, entre 1956 et 1958, il mène plusieurs opérations militaires scabreuses, notamment à Tablat, Sour-el-Ghozlane, Palestro (Lakhdaria actuellement), Bordj-el-Bahri, Beni-Slimane et Djebel Bouzagza, causant d’énormes pertes dans les rangs de l’armée coloniale. Ce parcours héroïque lui vaut le surnom de « Faucon de djebel Zbarbar ». Toujours fonceur et ne refusant jamais d’apporter sa pierre à l’édifice de la liberté et de l’indépendance, il se verra à nouveau chargé d’une grande mission par son chef hiérarchique au niveau de la Wilaya IV historique, le colonel Si M’hamed Bouguerra, consistant à organiser les structures militaires locales et la planification des opérations militaires. Il saisit d’ailleurs, cette occasion pour structurer les unités combattantes affectées à travers les maquis de la Wilaya IV, de même qu’il mettra au point de nouvelles techniques de lutte en zone rurale, grâce auxquelles les troupes de l’ALN vont se démarquer face à l’ennemi pourtant mieux armé, lui infligeant de cuisantes défaites comme ce fut le cas à Sacamodi, Ouled-Moussa et à Oued-el-Maleh.
Dans la nuit du 4 au 5 mars 1958, alors qu’il est au cœur d’un accrochage contre les forces ennemies à Djebel Boulagroune, le commandant Si-Lakhdar est grièvement blessé. Les éléments de la « Katiba Zoubiria », dirigée à l’époque par le commandant Ali Khodja, tenteront vainement de l’exfiltrer mais le valeureux commandant Si Lakhdar succombera à ses blessures. Il avait à peine 24 ans.
Affligés par cette perte, ses compagnons l’enterrent, dans la plus grande discrétion, au douar Zenine, situé en contrebas du Djebel Boulagroune.
Au lendemain de l’indépendance, une stèle commérant le sacrifice de ce digne martyr de la révolution sera érigée en sa mémoire. Le nom de Si Lakhdar sera également donné à la ville de Palestro renommée Lakhdaria. L’Etablissement central d’approvisionnement et de maintenance radar et de télécommunication (Ecamert) de Berrouaguia sera également baptisé du nom de Si Lakhdar Mokrani en 2015, ainsi qu’une rue et un lycée à Lakhdaria.

Hassina Amrouni

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