L’enfant de Hammam Guergour
Azzedine Medjoubi  

Par Hassina AMROUNI
Publié le 06 fév 2020
Originaire de Hammam Guergour, la famille Medjoubi dont le père est avocat part vivre à Azzaba, près de Skikda. C’est là que naît Azzedine, le 30 octobre 1945.

Mais au lendemain du déclenchement de la guerre de libération nationale, l’un des fils, moudjahid, est arrêté par l’armée coloniale, torturé pendant trois jours dans la caserne mitoyenne au domicile familial puis tué. Ne supportant pas de vivre près du lieu qui a vu agoniser leur enfant après d’atroces tortures, les parents décident de partir loin de ce lieu de douleur et s’installent à Alger.
Après une enfance et une adolescence passées dans une Algérie sous domination coloniale et après avoir vécu les affres d’une guerre atroce qui aura coûté la vie à plus d’un million de martyrs, Azzedine Medjoubi dont la famille a souffert de cette période d’occupation et dont l’un des fils est mort en martyr pour l’Algérie, assiste à la libération tant rêvée de son pays. Il se tourne ainsi vers l’avenir qu’il regarde avec espoir. A l’instar de tous les jeunes de son âge, il a la tête pleine de rêves. Aussi, lorsqu’il rencontre le célèbre comédien et metteur en scène Ali Abdoun, il n’a plus qu’une seule envie, devenir comédien lui aussi. En 1963, âgé de 18 ans, il s’inscrit au Conservatoire d’Alger et, quelque temps après, fait ses premiers pas à la Radio-Télévision algérienne (RTA).
A partir de 1965, il tente une expérience avec le Théâtre national algérien (TNA) à Alger mais trois ans plus tard, il revient à la télévision. Après la décentralisation théâtrale, il fait partie de l’équipe du Théâtre régional d’Oran avant d’être sollicité pour prendre la direction à Saïda de deux troupes d’amateurs dans le cadre d’un séminaire des animateurs de théâtre.

Le destin le ramènera une nouvelle fois au TNA où il campe des rôles taillés sur mesure dans Bab El-Foutouh, La Bonne Ame, Les Bas-fonds, Stop ou la célèbre pièce Hafila Tassir.
Fort de ce succès théâtral, Azzedine Medjoubi mène en parallèle, une carrière télévisuelle, jouant notamment dans les films Journal d’un jeune travailleur, Crime et châtiments, La grande tentative, La Clef ou El-Tarfa. Son nom sera également associé à celui de grands metteurs en scène comme Ziani Cherif Ayad, Benguettaf et Kasdarli. Avant de quitter le TNA, il créé avec les deux premiers ainsi que la grande Sonia la troupe indépendante baptisée El-Qalâa (La Citadelle). Au sein de cette dernière, il est distribué dans plusieurs pièces dont El Ayta, en 1988, Hafila Tassir, dans sa nouvelle version en 1990 ou encore Hassaristan en 1991. En 1993, il quitte la troupe et rejoint le Théâtre régional de Batna où il monte la célèbre œuvre théâtrale Aâlem El Baâouche avec laquelle il décroche un prix lors du Festival international de Carthage. En 1994, il monte, pour le compte du Théâtre régional de Bejaïa son autre chef d’œuvre théâtral intitulé El Houinta (La Boutique). La même année, il est nommé directeur du Théâtre national algérien (TNA). Un poste de responsabilité qu’il n’occupera pas longtemps puisque le 13 février 1995, il est tué aux portes du TNA par des terroristes.
Ce crime abject qui a visé l’un des fleurons de la culture algérienne est venu s’ajouter à une longue liste de personnalités de la culture, des médias, de la société civile ou de citoyens tués au cours de la décennie noire.
Azzedine Medjoubi qui avait 50 ans avait encore plein de choses à donner au théâtre, un milieu, voire un monde qui le faisait vibrer. Il laisse derrière lui une œuvre foisonnante.

Hassina Amrouni

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