Système d’irrigation traditionnel
Foggaras de Timimoun

Par Hassina AMROUNI
Publié le 12 fév 2019
« L’eau, c’est la vie » mais dans le Sahara, l’eau est une denrée rare. Aussi, les habitants du Sud ont, depuis des millénaires, creusé le sol en quête de puits enfouis sous les immenses dunes de sable. Avec beaucoup de patience et de savoir-faire, ils ont réussi, au fil du temps, à mettre en place un système d’irrigation fort ingénieux, par le biais duquel, ils assurent la distribution équitable des eaux de crues, alimentant vergers et puits.

Ce que nous désignons en Algérie sous le nom de « foggara », est un système hydraulique existant dans une trentaine d’autres pays sous d’autres noms : khettara au Maroc, qanat romani en Jordanie et en Syrie, kariz en Afghanistan et au Pakistan, falj au sultanat d’Oman, kriga en Tunisie ou kanerjing en Chine. Cependant, la plus ancienne technique de captation des eaux souterraines remonte à plus de 3000 ans et a été découverte au nord-ouest de l’Iran. Ce pays comptait par le passé plus de 50 000
qanats en exploitation, aujourd’hui, il n’en reste que 22 000.
En Algérie, on situe l’utilisation des premières foggaras dans le sud du côté de Tamantit, entre le XIe et le XIIe siècle, avant que la pratique ne soit adoptée par d’autres populations du vaste Sahara, notamment dans le Touat et le Gourara. A ce jour, la plus grande foggara est celle d’El Meghier (9 km), dans la région de Timimoun. Si on ignore exactement l’époque de son forage, on suppose qu’elle « aurait été développée par le marabout Sid Othmane et son fils, qui vivaient au IXe siècle de l’hégire ».

Comment fonctionnent les foggaras ?

La foggara est un système de « captage des eaux à l’aide des galeries drainantes munies de puits d’aération ». Si la source d’eau captée diffère d’un système à un autre, la foggara capte les eaux de la nappe albienne, plus grande réserve d’eau douce au monde (plus de 50 milliards de mètres cubes) et située entre la Tunisie, la Libye et l’Algérie (70%).
« La foggara est une galerie souterraine légèrement inclinée, qui draine l’eau de l’aquifère en amont vers les terrains les plus secs situés en aval, en direction de la palmeraie. Ce procédé utilise un système de galeries en pente douce d’une longueur pouvant atteindre les 20 km, équipées d’une série de puits d’aération espacés de 5 à 22 m, dont la profondeur peut atteindre 20 m. La distance minimale entre les foggaras est de 80 m ».
En Algérie, il existe plus de 900 foggaras, malheureusement, ce système hydraulique traditionnel est menacé de disparition, « en raison de problèmes techniques et sociaux », d’où la proposition faite par l’Algérie d’inscrire cette technique sur la liste du patrimoine mondial sauvegardé de l’Unesco.

Hassina Amrouni

Sources :
https://www.erudit.org/fr/revues/rseau/2010-v23-n2-rseau3868/039903ar/
http://www.jle.com/download/sec-278820-vers_la_disparition_de_lune_des_p...
https://whc.unesco.org/fr/etatsparties/dz

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