L’enfant de Ouargla mort au combat
Mohamed Lakhdari

Par Hassina AMROUNI
Publié le 17 fév 2019
Issu du douar des Ouled Sayah, descendant de Sidi M’hamed Essayeh ben Ahmed, ben Ali, ben Yahia, Mohamed Lakhdari a vu le jour le 19 décembre 1925 à Dour-Elaâlia, dans la daïra de Hedjira, wilaya de Ouargla.
Mohamed Lakhdari

Bien que vivant dans une région reculée du pays, son père, El Hadj Mohamed El Aïd ben Lakhdar veut que son fils accède à l’instruction. Aussi, après avoir appris le Coran, il suit des cours de langue et de grammaire auprès de son cousin, le grand poète algérien, Mohamed Lakhdar Essaïhi.
A l’âge de 19 ans, il rejoint l’école Zitouna à Tunis où il approfondit sa formation jusqu’à l’obtention d’un diplôme. En parallèle à ses études, Mohamed Lakhdari suit des cours du soir à la médersa El Khaldounia. Nous sommes à la fin des années 1940 et au début des années 1950 et, en Algérie, le mouvement militant fait beaucoup bouger la société. Le jeune homme, loin de rester coupé de l’actualité de son pays, suit, au contraire, de près tout ce qui s’y passe. Aussi, commence-t-il à militer au sein du mouvement national et rejoint-il l’association des Etudiants algériens, dont une section active au sein même de la Zitouna. Parmi les jeunes faisant partie du même mouvement figurent Etteli Bencheikh, Abdelhamid Benhadouga ou encore Lamine Bechichi, pour ne citer que ces quelques noms.
Durant son séjour à Tunis, il côtoie de grands professeurs qui influencent sa pensée intellectuelle tels que cheikh Ali Ben Khodja, cheikh Lakkani, cheikh Teggourti, cheikh Mokhtar El Ouazir, et le cheik El Fadhel ben Achour (qui était son professeur dans la médersa Khaldounia). Il noue également de solides liens d’amitié avec le poète et journaliste Mohamed Merzougui.
Durant les vacances d’été, il revient se ressourcer auprès de sa famille. Durant ces moments de quiétude, il prend aussi le temps de lire des lectures éclectiques qui lui permettent d’enrichir son bagage intellectuel.
En 1953, il entame son cursus universitaire à l’université Zitouna mais il finit par interrompre ses études pour retourner au pays. Il travaille alors la terre avec son vieux père, avant de rallier Alger, en passant par Batna, durant l’été 1954.
Arrivé dans la capitale, il rejoint, dès le mois de septembre, la médersa libre Essabah à Bab-Jedid où il officie comme directeur et enseignant, en même temps que d’autres militants de la cause nationale, à l’image de Zoubir Ethaâlibi, Mokhtar Bendjeddou ou Khaled Kouidri.
Lorsqu’éclate la guerre de libération nationale, il intègre les rangs du Front de libération national dont il devient l’un des responsables, chargés de l’organisation et de la sensibilisation du peuple à la cause nationale.
Mohamed Lakhdari finit par attirer l’attention des services de police français qui établissent un mandat d’arrêt à son encontre. Traqué, il trouve refuge ainsi que quelques-uns de ses compagnons chez cheikh Baba Amar, à la grande mosquée puis rejoint la région de Ouled Chebel où se trouvait un refuge du FLN.
A partir de là, il rallie le PC de la Wilaya IV où il est désigné Morchid. Si Mokhtar – son nom de guerre – se voit alors confier par M’Hamed Bougara plusieurs missions avant d’être nommé responsable de la zone du Sahel (zone 6).
Si Mokhtar fera partie du SPI (Service de propagande et d’information) de la Wilaya, aux côtés de ses compagnons, Boualem Oussedik, Abdelkader Ziri, Ahmed Arslane, Abdellaoui et Abdelkrim Fekhar. A cette époque, Si Salah, alors dirigeant de la Wilaya IV, insiste auprès de lui pour qu’il diffuse les informations dans les deux langues arabe et française.
En 1961, après la mort en martyr de Si Lyès Baba-Ali, Si Mokhtar est nommé responsable politico-militaire de la zone 5, de la Wilaya IV, avec le grade de capitaine.
Quelque temps après, au cours d’une mission, il est repéré par les forces coloniales alors qu’il se trouve dans un refuge à Beni Yahia-Ouled Maâref, dans la daïra de Aïn-Boussif, wilaya de Médéa. S’en suit un accrochage qui durera plusieurs heures (de 16h à 21h). Si Mokhtar donnera du fil à retordre aux militaires français les obligeant même à utiliser des lucioles pour éclairer la zone qu’ils finissent par bombarder pour venir à bout des combattants retranchés. Mohamed Lakhdari, « Si Lakhdar », et son compagnon le lieutenant Ahmed Ben Saâd tombent au champ d’honneur après avoir vaillamment résisté à l’ennemi. Ils reposent tous deux au cimetière de Birine.

Hassina Amrouni
Source
http://wilaya4.org/biographies_2.php

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