Le FLN c’est la Révolution. - Le FLN c’est la Nation. - L’ALN c’est l’état
Rencontre avec deux résponsables de la Wilaya II : Tahar Bouderbala-Ammar Benaouda

Par La Rédaction
Publié le 13 fév 2019
Ma rencontre avec Si Ammar Benaouda et Si Tahar Bouderbala fut au lendemain de notre élection à la première législature de l’APN en 1977. Je venais d’être élu premier en nombre de voix dans la circonscription de Constantine, militant de la kasma 3 de Sidi Mabrouk et non moins élu à la CNJ du 19 mai 1975 comme secrétaire national à l’information et orientation puis aux échanges des jeunes et d’étudiants. Cette Conférence nationale de la jeunesse devait mettre fin à la clandestinité des militants du PAGS en les intégrant dans l’esprit du soutien critique adopté par leur instance. Sous l’autorité de feu Mohamed-Seddik Benyahia et feu Mohamed-Chérif Messâadia, cette union fut décidée par feu le Président Houari Boumediene pour asseoir son projet de société notamment le volontariat au profit de la Révolution agraire. C’est dans cette atmosphère que j’ai approché les frères Bouderbala et Benaouda, tous deux députés à l’APN. L’un venu de la circonscription de Guelma et l’autre de celle d’Annaba. Il faut rappeler que Tahar Bouderbala était chef de secteur militaire de Tizi-Ouzou et Ammar Benaouda ambassadeur à Tripoli.
De g. à dr. : Tahar Bouderbala, Ammar Benaouda et Boudjemâ Haichour
Boudjemaâ Haichour et Tahar Bouderbala à Belgrade (ex. Yougoslavie)
Le regretté Si Mostefa Benaouda
Le Nord-Constantinois, un vivier de résistantsLe Nord Constantinois, qui englobait la région Est et était dirigé successivement par Didouche Mourad, Zighoud Youcef, Abdellah Bentobbal, Ali Kafi et enfin Salah Boubnider alias Sawt Al Arab, menait un combat sans relâche contre l’armée coloniale. Les dirigeants du FLN avaient bien un projet pour la société dès la déclaration du 1er Novembre 1954.En fonction des impératifs immédiats du combat patriotique, chacun se faisait une certaine idée de la Révolution en fonction de leur stratégie du pouvoir. En fait, la Nation du FLN c’est celle de la résistance anticoloniale. Ce fut un front de résistance pour faire triompher un Etat. C’est sans doute là l’esprit de Si Abdelhafid Boussouf alias Si Mabrouk que nous allons vivre au-delà de l’indépendance nationale. Dans la plate-forme de la Soummam rédigée en communion avec Larbi Ben M’hidi et Abane Ramdane, Ammar Ouzegane, l’un des rédacteurs, fut celui qui prit option pour un projet d’Etat moderne. Houari Boumediene fut aussi de cela en fondant l’Etat tout en assurant son pouvoir, c’est-à-dire le pouvoir d’Etat. Ainsi l’engagement des militants et de leur combat se traduisait au fur et à mesure par l’incarnation d’un Etat qui doit survivre au-delà des hommes. Or il existait bien un Etat avant 1830, même si la dénomination était celle de la Régence d’Alger.Si Ammar Benaouda l’évadé de la prison d’AnnabaLe futur Amar Ben Mostefa Benaouda qui a été arrêté en 1951 puis s’est évadé en 1952 de la prison d’Annaba en compagnie de Zighoud Youcef, entra dans la clandestinité en se réfugiant chez les Béni Bchir, région de Skikda dans le Nord-Constantinois.Les 22 dont Benaouda qui constituaient le comité étaient tous issus de l’OS. Alors que le CRUA se radicalise, tous les cadres de l’OS tels Benaouda, Bitat, Ben M’hidi, Bentobal, Boussouf, Benabdelmalek, Chihani se mettent en rapport avec la Délégation extérieure au Caire. Ce sont Boudiaf et Benboulaid qui convoquèrent début juin 22 militants de l’ancien OS à Clos Salembier à Alger et qui élisent une direction collégiale de cinq membre : Benboulaid, Ben M’Hidi, Bitat, Boudiaf et Didouche Mourad auxquels s’adjoint après Krim Belkacem.Benaouda membre de l’OS et du comité des 22Pour revenir à Si Amar Benaouda qui fut membre de l’OS et des 22 dans l’Est Constantinois, successivement adjoint de Zighoud Youcef puis d’Abdellah Bentobbal de 1954/1957, fut chargé par le CCE d’une mission en Tunisie. Le CNRA le chargea aussi de coordonner les tâches du ravitaillement en armes. Plus tard, le GPRA le désigne pour être sa caution militaire lors des négociations d’Evian afin d’infléchir les positions des représentants de l’EMG.Il faut dire que le 10 décembre 1956, le Colonel Ouamrane est muté en Tunisie à la tête de la branche militaire de la délégation du FLN sous les ordres de Lamine Debaghine. Ainsi donc Mezhoudi, Benaouda et Mahsas se mettent à la disposition du colonel Ouamrane. A la différence de Mezhoudi et de Benaouda qui furent dépêchés par le CCE, Ouamrane avait les coudées franches puisqu’il sera aidé par Amara Bouglez, qui sera promu avec l’aide de Mahsas, chef de la base de l’Est contre les directives de la Soummam qui incluaient la zone de Souk-Ahras dans le giron de la Wilaya II.Il faut rappeler que les chefs historiques qui furent reçus par Fethi Dib et Jamel Abdenasser étaient en compagnie de Amar Benaouada et du représentant d’Algérie en Egypte, le colonel Ali Kafi. Depuis les accords d’Evian, les affrontements n’ont cessé entre GPRA et l’EMG. Car les hommes de Boumediene accusèrent le GPRA d’avoir transgressé les statuts du FLN et de vouloir disloquer l’armée dont Kaid Ahmed avait adressé une lettre au bureau du CNRA disant que le GPRA ne représentait plus la Révolution. Pour les gens de l’EMG, la Révolution était incarnée par l’armée. Le colonel de la Wilaya II, Salah Boubnider refusa de rallier l’EMG, même si une partie du Constantinois fit défection sous la conduite du commandant El Mili Beredjem. A ce propos, il faut noter que Kaïd Ahmed et Chadli Bendjedid furent arrêtés et faits prisonniers par le colonel Salah Boubnider.Rendre hommage au moudjahed Amar BenaoudaAlors que dans la Nord-Constantinois le Plan Challe fait ravage interceptant tout approvisionnement en armes et nourriture, les opérations « Pierres précieuses » ont placé les camps de regroupement pour faire barrage à tout contact avec la population rurale civile qui servait de relais avec les moudjahidines. Les soldats ennemis incendiaient tout sur leur passage : napalm, politique de la terre brûlée en plus du matraquage psychologique pour intoxiquer la population par la désinformation et détruire les réseaux de la résistance. En ce temps-là, Si Tahar Bouderbala ramenait les armes de Tunisie. Le 9 avril 2007, Tahar Bouderbala décède. Il a été inhumé au cimetière de Constantine en présence des autorités et des compagnons de combat.Si Tahar Bouderbala un ravitailleur en armesAlors que dans la Nord-Constantinois le Plan Challe fait ravage interceptant tout approvisionnement en armes et nourriture, les opérations « Pierres précieuses » ont placé les camps de regroupement pour faire barrage à tout contact avec la population rurale civile qui servait de relais avec les moudjahidines. Les soldats ennemis incendiaient tout sur leur passage : napalm, politique de la terre brûlée en plus du matraquage psychologique pour intoxiquer la population par la désinformation et détruire les réseaux de la résistance. En ce temps-là, Si Tahar Bouderbala ramenait les armes de Tunisie. Le 9 avril 2007, Tahar Bouderbala décède. Il a été inhumé au cimetière de Constantine en présence des autorités et des compagnons de combat.Djamel Tchanderli immortalise si Tahar BouderbalaIl participa au 20 août 1955, aux côtés des responsables tels Zighoud Youcef, Lakhdar Bentobal, Ali Kafi, Salah Boubnider. Ce héros que Djamel Tchanderli a immortalisé avec sa caméra, quand il est revenu avec des armes de Tunisie ou encore lorsqu’il partageait la galette avec les citoyens en plein maquis. Il fut envoyé à l’indépendance comme attaché militaire en Egypte, membre du CNRA, il sera Mouhafed à Sétif puis à Constantine où j’étais chargé de l’assister pour préparer le 5e Congrès régional du FLN. Sous son autorité et celle du wali Hamid Sidi Said, on avait organisé l’inoubliable Panorama du « Cinéma et Guerre de Libération ». C’étaient les années 1980, une équipe de jeunes marquait l’événement tels Arioua Kamel, Rachid Nafir, Hachemi Zertal, Ahmed Benyahia, Hacène Bouaouiche, Mohceni Bachir, Abdelmadjid Merdaci… Panorama et guerre de libération nationale, Si Bouderbala un homme de tolérance et de combatJe présidais le symposium à l’amphithéâtre Mohamed-Seddik Benyahia à l’Université des frères Mentouri auquel assistaient des étudiants et les moudjahidines venus de toutes les régions du pays tels qu’Ali Kafi, Salah Boubnider, Tayeb Boulahrouf, Abdelmadjid Kahlras, Cheikh Belkacem, les Amis de l’Algérie tels que René Vautier, Pierre Clément, Jacques Charby, et surtout Amar Laskri, Ahmed Rachedi, Lakhdar Hamina et des comédiens tels Rouiched, Sid Ali Kouiret, Farida Saboundji, Farid Chawki… Nous avons en mémoire aussi la rencontre sur Hadj Ahmed Bey organisée sous la présidence de Si Tahar Bouderbala. En son temps, le Parti FLN était ouvert à toutes les sensibilités. Cette évocation sur Si Tahar Bouderbala alias Tahar Al Annabi est de nature à nous faire une relecture de notre histoire récente.On se rappelle que lors des élections de la Constituante du 20 septembre 1962, les listes de chaque circonscription ne contenaient que ceux qui ont soutenu l’EMG et pas moins de 56 noms qui ont pris position avec le GPRA furent éliminés tels que Benkhedda, Boubnider, Boussouf, Bentobal, Benyahia, Chentouf, Dahlab, Harbi, Lacheraf, Mostefai.Les pro-GPRA éliminés de la Constituante de 1962Gilbert Meynier dans Histoire intérieure du FLN-1954/1962, note qu’il y avait 190 noms partisans du groupe de Tlemcen. Le 25 septembre 1962, l’Assemblée constituante se réunit et élit Ferhat Abbas par 155 voix et 36 bulletins blancs au perchoir.Et dans la nuit du 28/29 septembre 1962, l’Assemblée élit Ahmed Ben Bella, chef du gouvernement avec un savant dosage de 19 ministres dont trois du BP (Ben Bella, Bitat, Mohammedi), cinq proposés par l’EMG tous officiers (Houari Boumediene au poste-clé de la Défense nationale, Ahmed Medeghri, Abdelaziz Bouteflika, Moussa Hassani, Dr Nekkzache) deux par Ben Bella (Bachir Boumaza, Mohamed Khemisti), deux conjointement par Bitat et Khider (Amar Bentoumi et Med Hadj Hamou), un soutenu par Chabani de la Wilaya VI (Med Khobzi), un soutenu par l’EMG et Tahar Zbiri Wilaya I (Laroussi Khelifa), deux représentant la fédération du Grand Alger (Abderahmane Benhamida et la ZAA, Amar Ouzegane). Il y avait deux de l’ex-UDMA (Ahmed Boumendjel et Ahmed Francis), un issu des oulémas (Ahmed Tawfik Al Madani).Le savant dosage du premier gouvernement de Ben BellaA partir de ce moment, le FLN est réduit à un rôle mineur de contrôle et d’encadrement de la société civile. Le FLN en tant qu’appareil est désormais subordonné au pouvoir d’Etat, c’est-à-dire à l’Armée qui devient ANP héritière de l’ALN. Depuis, le pouvoir en Algérie est fondé sur l’équilibre des forces en présence. A rappeler qu’au CCE puis au GPRA, il y avait un régime civil d’apparence sous contrôle militaire puisque les « 3B » avaient chacun leurs hommes, leurs réseaux de clientèle et leurs services spéciaux.Mais il n’en demeure pas moins qu’il existe au sommet une unité du pouvoir. C’est l’EMG, segment militaire plus cohérent et plus hiérarchisé, qui détenait l’autorité réelle. Aux jeux de pouvoir qui agitaient le sommet, l’intérieur connaissait une certaine convulsion selon les régions. C’est au début de 1960 que fut créé l’EMG confié à Boumediene composé de Kaid Ahmed, Ali Mendjeli et commandant Azzedine qui le quitta pour soutenir le GPRA. Dans le 2e GPRA qui sortit des travaux du CNRA de Tripoli en janvier 1960, les « 3B » tentent de conserver la haute main sur l’appareil militaire en créant le CIG (Comité interministériel de guerre) dont le secrétaire général est Hadj Azzout. Le FLN, quant à lui, est le creuset sinon le rassemblement de toutes les énergies saines du peuple algérien.Ces deux responsables Si Benaouda et Si Tahar Bouderbala ont vécu chacun de son côté la guerre sur le terrain de lutte contre les forces coloniales, l’insurrection du 20 août 1955, du premier CCE au deuxième CCE, le 1er GPRA le deuxième et le troisième GPRA, le CNRA de Tripoli 1 et 2, la crise GPRA/EMG. Ce sont des témoins avisés de notre guerre de libération nationale qu’il faut revisiter pour tirer les enseignements de notre lutte de libération nationale. Le marxisme n’a jamais été la doctrine du FLN car le FLN/ALN est un mouvement populaire de libération nationale, même si les neuf historiques ont rompu avec la stratégie des partis classiques et avec tout ce qui émane du colonialisme. Les jeunes loups sont engagés pour un projet indépendantiste loin de toute forme de compromission. C’est en ayant fréquenté ces deux illustres moudjahidines Ammar Benaouda et Si Tahar Bouderbala dans l’enceinte de l’APN (1977/1982) et ensuite lors des cérémonies d’écriture de l’histoire de la Révolution du 1er Novembre 1954 qu’a germé l’idée de rappeler quelques tranches de vie de ces deux personnages du Nord Constantinois.Une reconnaissance pour l’histoireC’est en avril 1999 que le colonel Amar Benaouda, alors président du conseil de l’ordre du mérite nationa,l avait remis publiquement devant une immense foule le « Wissam es -sadr» ou (médaille de Légion d’honneur) au Président Abdelaziz Bouteflika qui venait d’être élu à la haute magistrature de l’Etat , les larmes aux yeux récitant le verset coranique :« رَبَّنَا اغْفِرْ لَنَا وَلِإِخْوَانِنَا الَّذِينَ سَبَقُونَا بِالْإِيمَانِ وَلَا تَجْعَلْ فِي قُلُوبِنَا غِلًّا لِّلَّذِينَ آمَنُوا رَبَّنَا إِنَّكَ رَءُوفٌ رَّحِيم »« Seigneur, pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans la foi; et ne mets dans nos cœurs aucune rancœur pour ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es Compatissant et Très Miséricordieux » remettant en cause toute dissidence ou malentendu qui pouvait se déclencher entre hommes de la révolution.Cet instant de reconnaissance de l’erreur envers ses paires n’allait qu’élever le sens du nationalisme et du patriotisme chez Benaouda avec une tolérance et une responsabilité inégalées. Cette reconnaissance digne d’un grand homme doit être revue pour que les générations postindépendance la prennent comme exemple et s’imprègnent des valeurs humaines qui dénient la rancœur et rejettent toute subjectivité et amour de soi. Le FLN d’aujourd’hui se doit de mettre comme références de tels comportements et initiatives dans le règlement des problèmes internes entre frères. C’est cette culture militante qui doit primer. Car faire l’histoire du FLN, c’est retracer le parcours de tous ces combattants de la liberté. Personne ne peut nier les réalisations accomplies par l’Algérie indépendante. Quoique disent certains nihilistes, il y a eu bien un Etat qui n’a pas ménagé de distribuer la rente pétrolière aux plus démunis à travers le logement, la santé, la scolarité et veillé à donner la chance à tous ses enfants pour accéder au bien-être.Il est vrai que notre pays qui a vécu la politique de la terre brûlée durant la période coloniale, ne s’est relevé qu’au prix de grands sacrifices pour un pays encore en développement. Les universités qui fleurissent à travers les différentes wilayas sont de nature tôt ou tard à générer des générations de scientifiques et d’hommes de culture. L’intelligence artificielle est à nos portes. Les dernières décennies au-delà des déviances des uns et des autres a permis de relever l’Algérie vers des horizons des espérances.C’est en quoi cette évocation de ceux qui ont façonné notre histoire doit susciter en nous l’esprit de reconnaissance face à un monde qui connait des bouleversements systémiques sans commune mesure. Cette ère que nous vivons nous interpelle à plus d’un titre. Nous continuons à être la risée des grands de ce monde. Les convoitises n’ont pas cessé depuis les siècles passés de vouloir s’immiscer dans nos affaires. Cette corruption structurelle n’est-elle pas la résultante des formes de dépècements connus durant le temps des colonies ? Elle est revenue sous d’autres formes pour accaparer les ressources financières économiques de notre pays. Le peuple en a payé le prix cher de plus d’un million et demi de nos martyrs et des convulsions ont continué de freiner la marche triomphante de notre Révolution. Si le pays a payé le prix de sa libération nationale c’est en grande partie grâce à ceux qui sont morts pour que l’Algérie évolue dans le concert des Nations. C’est ce sens de l’histoire que nous voulons en ce XXI e siècle. Le serment de Novembre 1954 a-t-il été constitue-t-il le sillon des avancées démocratiques où chacun se sent dans sa peau ? Même si l’Algérie n’échappe pas aux mutations transnationales, le FLN en tant que mouvement de libération nationale et en tant que parti aura tracé au moins les itinéraires de la modernité. C’est dans cette dialectique où les nuances des différentes sensibilités s’expriment, que l’Algérie pluraliste ouvrira le chemin du vivre-ensemble dans la plénitude d’une Nation réconciliée. Dr Boudjemaâ HAICHOURChercheur Universitaire, Ancien Ministre
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La Moudjahida condamnée à mort Mme Ghomrani Zohra dite Houria

FIGURES HISTORIQUES

Le Moudjahid Benmaouche Ali

Évocation de l’un des héros de la wilaya III historique

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