HOMMAGE A LA MEMOIRE DES FEMMES MARTYRES
Les héroïnes de la Révolution de Novembre 1954

Par La Rédaction
Publié le 27 fév 2018
L’histoire de l’Algérie est illustrée des hauts faits du combat libérateur des femmes qui ont marqué à jamais la résistance anticoloniale. Nous commémorons le 63e anniversaire de notre glorieuse Révolution du 1er Novembre 1954. Ces anges gardiennes s’appelaient Fadhila et Meriem Saâdane, Mériem Bouatoura, Malika Gaïd, Hassiba Benbouali et nombreuses autres qui sont mortes pour que l’Algérie soit indépendante. Fadhila Saâdane est née le 10 avril 1938 à Ksar Boukhari où son père enseignait en tant qu’instituteur et mourut à El Eulma. Sa famille séjournera quelque temps à El Harouch puis vint s’installer définitivement à Constantine. Fadhila entra au collège de jeunes filles de Constantine où elle adhérera à l’association de la jeunesse musulmane estudiantine du PPA dirigée par Belaïd Abdeselam depuis Alger qui fut maître d’internat au lycée Réda-Houhou ex-d’Aumale.
Fadhila Saâdane
Fadhila Saâdane à droite
Meriem Bouattoura
D g. à dr. : Bellami Khadra, Massika Ziza, Malika Kharchi, Meriem Bouattoura
Malika Ziza
Meriem Saâdane
Abane et Amara Rachid, Meriem Belmihoub, Safia Bazi et Chafika Meslem en 1956
Aicha Bouzar et d’autres femmes combattantes de l’ALN

 

Fadhila saâdane l’intelectuelle révolutionnaire

Elle sera membre du bureau aux côtés de Belaïd Abdesselam et Maïza. Elle sera active aussi dans la troupe artistique El Mazhar El Qassentini sous la direction d’Ahmed Réda Houhou de l’Association des Oulémas. Au collège, elle s’initie déjà à la revendication nationaliste en ayant fait la grève de trois jours en refusant de manger la viande de porc avec ses amies dont Anissa Zemouchi, nourriture contraire à la tradition musulmane.
A la grève du 19 mai 1956 décidée par l’Ugema, Fadila Saâdane qui militait au sein de l’AJEMA rejoint le maquis sacrifiant sa deuxième partie du baccalauréat sous l’égide du FLN.
Brillante élève au lycée de jeunes filles de Constantine, elle commença par ravitailler en médicaments et autres le maquis de Djebel Ouahch et rédigeait déjà les rapports transmis aux responsables de la zone 5. Elle sera repérée par les forces coloniales en compagnie du docteur Amor Bendali et sera transférée à la prison du Coudiat de Constantine vers la fin de novembre 1956. Elle passera plus d’une année dans l’enceinte carcérale subissant sévices et tortures jusqu’à sa libération fin 1957.
Elle partira en 1958 à Clermont-Ferrand où elle obtiendra sa deuxième partie du baccalauréat et rejoint les rangs de la Révolution avec sa sœur Mériem qui fut mutilée atrocement avec une cinquantaine de moudjahidines dont Taoufik Khaznadar et jetée dans une grotte de Djebel Boughareb.

Meriem Bouattoura-Massika Ziza-Houria Mostefai et les autres

Quant à Mériem, leur père qui venait de quitter N’Gaous pour faire le commerce des vêtements à Sétif donna l’occasion à celle-ci de poursuivre ses études au lycée Eugène Albertini de Sétif. Elle rejoint le maquis au massif de Collo avec ses copines lycéennes Fatima Bensamra, Houria Mostefai, Malika Kherchi et Mériem Bouatoura à l’appel de l’Ugema.
Ainsi se forma le premier groupe féminin composé de Massika Ziza, Mériem Bouatoura, Samia Kéraguel, Malika Kherchi, Fatima Bensamra, Houria Mostefai, Khadra Bellami, Aïcha Guénifi, Kheïra Zérouki, Yamina Cherrad, Leïla Moussaoui, et Samia Maïza. Elles travailleront dans le service Santé ALN/FLN de la Wilaya II sous la responsabilité du docteur Lamine Khene.
Après la mort de sa sœur Mériem, Fadhila Saâdane rejoint le commando des fidayines de Constantine et sera avec Malika Bencheïkh Hocine chargée des liaisons. Elles constitueront des cellules féminines sur ordre du colonel Si Salah Boubnider dit
« Sawt el Arab » et si Messaoud Boudjériou.
Elle assistera désormais aux réunions des chefs de la Wilaya II tout en livrant bataille à l’ennemi. Elle sera arrêtée lors d’un accrochage dans la nuit du 26 au 27 avril 1960 dans une maison de la vieille ville.

Dr Boudjemâa HAICHOUR
Chercheur Universitaire, Ancien Ministre

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