Sportif, syndicaliste et Chahid
Bouzrina Arezki « Hdidouche »

Par Hassina AMROUNI
Publié le 23 déc 2018
Nombreux sont ceux qui connaissent la rue Bouzrina, ex-rue de la Lyre, à la basse Casbah d’Alger mais ne connaissent pas le parcours révolutionnaire de ce martyr de la révolution.
Port Gueydon (Azzefoun)
Port Gueydon (Azzefoun)
Les sportifs de la V.G.A « Vie Au Grand Air Algéroise »
Arezki Bouzrina

Originaire de Port Gueydon (Azzefoun), Arezki Bouzrina voit néanmoins le jour rue de la Gazelle, dans la Casbah d’Alger en septembre 1908.
Avant d’être militant nationaliste, Arezki Bouzrina surnommé « Hdidouche » était un sportif pluridisciplinaire, excellant à la fois en gymnastique, athlétisme, basket-ball et natation.
C’est en 1923 qu’il entame sa carrière sportive au sein de Vie Au Grand Air Algéroise (VGA). Entre 1925 et 1928, il prépare et obtient son brevet de natation et devient officiellement nageur sous les couleurs du club l’Avant-Garde (AG). Il sera à la fois athlète, nageur, gymnaste et basketteur pour l’un ou l’autre des deux clubs. En 1931-1932, il entraîne la section basket-ball du Gallia sport algérois (GSA).
Entre 1933 et 1939, Arezki Bouzrina est co-fondateur des Gymnastes Saint-Eugénois (GSE) et nageur sous la bannière du même club. Un an plus tard, il porte les couleurs des Dragons Gymnastes Algérois (DGA) et participe à la fondation de la section basket-ball du Mouloudia Club d’Alger (MCA) puis de la section gymnastique du même club, l’année suivante.
En 1944, il est membre fondateur, assesseur, président des sections basket-ball et natation de la Jeunesse sportive musulmane algéroise (JSMA).
Bien que très investi et très impliqué dans le milieu sportif algérois, Arezki Bouzrina n’en demeure pas moins très au faite de la chose politique. L’Algérie qui connaissait alors ses premiers mouvements islahistes et nationalistes va amener Arezki Bouzrina à militer dès 1927 d’abord au sein de l’Etoile Nord-Africaine (ENA) avant de rejoindre, dix ans plus tard, le Parti du peuple algérien (PPA) aux côtés de son ami, le chahid Ahmed Ghermoul, qu’il a connu dans le milieu du sport vu qu’il était lui aussi gymnaste.
Arezki Bouzrina qui était également marchand de légumes à la rue Randon, à Alger, va profiter de son statut de syndicaliste pour organiser la corporation des commerçants et mettre sur pied un syndicat qui défendrait leurs droits auprès de l’administration coloniale.
1947 sera une nouvelle étape dans sa carrière de militant nationaliste puisqu’il adhère au Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), avant de devenir un membre de l’Organisation Spéciale (OS). Recherché par les autorités coloniales en raison de son activisme, il fera appel aux membres de son syndicat pour lui fournir les informations qui pourraient servir la cause nationaliste. Durant cette période, il trouvera refuge à Saint-Eugène, chez le comédien Ahmed Ayad, plus connu sous le nom de Rouiched. Ce dernier s’inspirera du parcours de son ami Arezki Bouzrina pour écrire Hassan Terro qui se veut une sorte d’hommage au héros de la bataille d’Alger.

Bouzrina rejoint les premiers réseaux FLN

Alors que le 1er novembre se prépare en secret, Bouzrina est mis au courant de l’imminence de l’insurrection par son beau-frère Yacef Saâdi. Bouzrina, qui milite depuis de nombreuses années, ne veut pas rater ce rendez-vous avec l’Histoire. Il rejoint alors les premiers réseaux du FLN à Alger, dès début 1955.
Commissaire politique et responsable de la région d`Alger, il met en contact Krim Belkacem avec Amar Ouzegane et Mohamed Lebdjaoui pour renforcer le FLN dans la capitale. Il réactive ainsi l’organisation de la Zone autonome d’Alger (ZAA) aux côtés de Krim Belkacem et Amar Ouamrane.
Un an plus tard, il est désigné chef d’un réseau politico-militaire avec son ami Ahmed Ghermoul, tout en continuant à mener, en parallèle, ses activités syndicales. Il sera à ce titre associé à la création de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA).
Figure dérangeante pour les autorités coloniales françaises, Arezki Bouzrina sera longtemps activement recherché. Finalement, il sera arrêté. Soumis à d’atroces séances de torture pour dévoiler tous les secrets qu’il détenait, Arezki Bouzrina ne cèdera pas. Il mourra en 1958 des suites des tortures subies.

Hassina Amrouni
Sources :
http://sebbar.kazeo.com/martyrs-chouhadas-c30110952
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