Du soldat analogique au soldat numérique -Les convois de l’armement de l’ALN à l’ANP - Prévenir les menaces futures dans les armées
64e Anniversaire de la Révolution

Par La Rédaction
Publié le 23 déc 2018
Vous me faites l’honneur et le plaisir de conférer devant votre illustre assistance à l’Institut de recherche et développement de la Défense aérienne du Territoire relevant de la 1re Région militaire- Réghaia à l’occasion du 64e anniversaire de notre glorieuse Révolution. Permettez-moi alors de vous présenter brièvement ce qu’était l’Algérie durant la période préhistorique, c’est-à-dire dans l’Antiquité où la Numidie avait produit les meilleurs cavaliers de toute l’Afrique, voire du monde occidental de la Méditerranée. Ce fut le temps où les cavaliers étaient armés de javelots.
2e à g. : El Facih Mohamed, directeur général de l’institut de recherche  et de développement de la 1re région militaire
Printemps 1955 : arrivée d’Egypte au Maroc, de Houari Boumediene, chef des convoyeurs algériens à bord du bateau « Dina », le premier chargement d’armes à destination de l’Oranie
Massinissa, Syphax, Jugurtha : chefs guerriers de la NumidieCes tirailleurs sont pratiquement impossible à les cerner au combat. Ils étaient des coureurs réputés pour ne pas utiliser une selle ou des rênes. Ces cavaliers numides avaient une grande endurance surtout avec leur cheval, ancêtre du cheval barbe, adapté pour les mouvements rapides sur des longues distances.C’est Polybe (Histoire Livre 1, Paragraphe 5), qui a fait mention de la cavalerie numide utilisée par Carthage lors des guerres puniques en Sicile contre les Romains affaiblis. Les cavaliers numides étaient présents dans tous les affrontements importants des guerres puniques jusqu’à la défaite finale de Carthage. Hannibal parvint à aligner plus de 4000 de ces cavaliers à Cannes (Tite-live, Histoire romaine, livre XXII, paragraphe 46).Il rapporte également l’art de faire la guerre chez les Rois numides en disant que les cavaliers n’employaient pas de selles ni de brides et guidaient leurs chevaux avec la pression de leurs jambes. L’escadron de la cavalerie lourde (Strabon dans son Livre 17.7) les décrit comme étant à demi nus, à l’exception d’une peau de léopard qu’ils enroulaient autour du bras gauche pour servir de bouclier. En vérité, la tactique des fantassins numides consistait à approcher l’ennemi sans engager de combat de proximité. Ils le harcelaient pour l’attirer sur un terrain défavorable pour être battu par le gros de la cavalerie. (Voir Wikipédia /cavalerie numide).L’histoire militaire de l’Algérie couvrait une longue période marquée par des événements complexes à mettre avec l’histoire militaire du Maghreb. (Voir la présence des Rois numides, l’un à l’Est Massinissa et sa capitale Cirta, et Syphax à l’Ouest dont la capitale est Siga l’actuel Aïn Témouchent dont je voudrais narrer quelques facettes durant les guerres puniques qui ont duré cent ans).La résistance anticoloniale et l’effort de guerre : l’Emir Abdelkader et Hadj Ahmed BeyL’Emir Abdelkader (1808/1883)dont le pouvoir succéda en 1832 à la présence turque constitua le plus redoutable adversaire de la conquête française. Son projet d’établir un Etat musulman ne pouvait se concilier avec la politique coloniale. Après plusieurs années d’affrontements, l’Emir fut un remarquable chef de guerre et un véritable stratège de guerre, fidèle à une généreuse et intelligente lecture du message coranique. Il s’imposera par son humanisme et son courage.L’Emir Abdelkader était un adversaire redoutable à ne pas négliger sur le champ de bataille. En juin 1835, il infligea à la colonne du général Trézel une défaite cuisante à la Macta à une trentaine de kilomètres de Mostaganem. Au début de 1836 le maréchal Clauzel n’a pas pu tirer aucun succès de l’occupation de Mascara et Tlemcen.Le texte de l’accord du traité de la Tafna en arabe n’est pas le même en français. Cette ambigüité de juxtaposer deux textes non conformes à l’esprit de la négociation, fait que l’Emir n’a jamais reconnu la souveraineté de la France sur le sol algérien.Profondément croyant et mystique, l’Emir Abdelkader a construit son Etat sur les ruines de l’organisation turque en faisant appel à des docteurs (oulémas de Fès en 1837) puis en 1840 en jouant sur le devoir de la solidarité musulmane. Tout en rendant proscrit le luxe, il appelait à l’achat des armes et des chevaux grâce aux excédents de leurs ressources.Le rigorisme de l’Emir Abdelkader va de pair avec un certain nombre d’innovations modernes notamment dans le domaine militaire. (Voir Jacques Frémeaux : Revue historique des Armées 205/2008 et l’Afrique à l’ombre des épées 1830/1940 service historique de l’armée de terre).En tant que détenteur du pouvoir temporel, il commande personnellement son armée au combat en même temps qu’il dirige l’administration de son Etat naissant divisé en kalifaliks, placés sous les ordres de khalifs. Deux d’entres eux Ben Allal Ould Sidi Embarek de Miliana et Mustapha Ben Thami Khalifa de Mascara témoigneront de véritables talents militaires.Après l’effondrement des Turcs, la résistance aux Français a été menée essentiellement par les tribus, redoutables combattants contre l’envahisseur. Pour soutenir l’effort de guerre et affermir son autorité dans de bonnes conditions, l’Emir Abdelkader se dote de forces régulières. Il atteint le nombre de 8000 fantassins organisés en bataillons de 2000 cavaliers et 240 tirailleurs.Elles reçoivent des instructions modernes, dispensées par des instructeurs venus de Tunisie, de Tripolitaine et des déserteurs de l’armée française. Ces soldats sont équipés de matériel européen acheté en France, au Maroc et d’Angleterre. L’Emir va se doter également d’une manufacture de canons et d’une autre de fusils.En 1840 une véritable crise oppose Londres et Paris qui menace de déclencher une guerre européenne, mais l’entente cordiale établie par le Premier ministre du Roi Louis-Philippe, François Guizot à partir de 1841, permet aux Français d’entretenir en Afrique un corps expéditionnaire nombreux grâce à la neutralité de la flotte anglaise et à la paix européenne. L’Emir durant ce temps en chef de guerre installe l’essentiel de ses ressources sur la ligne la plus reculée du Tell, à Sebdou, Saïda, Tagdempt, Taza, Boghar et Biskra en bordure des hauts plateaux.Il cherche l’épuisement de l’adversaire dans une interminable guérilla. L’Emir se dote d’une Smala regroupant plusieurs dizaines de milliers de personnes comme capitale itinérante.Deux ans passent en combats, en marches et contre marches éprouvantes qui ont défait à plusieurs reprises les contingents qui leur sont opposés. Alors que le duc d’Aumale réussit à s’emparer de la Smala en mai 1843 avec plus de cent mille hommes en 1846, l’Emir n’a pu trouver l’aide du Maroc qui le chasse des terres marocaines en tant que base arrière pour pouvoir conduire sa stratégie.Mais l’Emir arrive à prendre le dessus sur le chef de garnison de Nemours, le lieutenant-colonel de Montagnac qui périt avec 300 de ses hommes près du m’rabet Sidi Brahim le 25 septembre 1843. Face à 18 colonnes française, l’Emir a pu porter des pertes à l’ennemi. Chez l’Emir Abdelkader l’idéal patriotique et l’idéal religieux se confondent. Une problématique d’un combat multiforme va sceller le destin d’un dessein commun entre l’Emir Abdelkader et Hadj Ahmed Bey, qui deviendront deux stratèges militaires contre une redoutable armée encadrée par les plus valeureux des guerres napoléoniennes. L’Emir Abdelkader, ce chevalier de la foi, présentait déjà les caractéristiques d’un illustre homme d’Etat. Homme d’épée, il fut éduqué dans la plus pure tradition confrérique de la Qadiriya. Son père était mokadem dans la tribu des Béni Hachem. Investi par la Moubayya, ce grand commandeur dirigera la résistance anticoloniale de 1832 à 1847. L’Emir issu donc d’une famille de chorfa est décédé en exil le 26 mai 1883 à Damas.Quant à Hadj Ahmed Bey né en 1783 et mort le 30 août en 1850, il est enterré à Sidi Abderahmane Thaalibi à Ager. Il a combattu farouchement les conquérants français durant dix-huit ans.Il refuse, du moins intérieurement, de dépendre de la Sublime porte et que son beylik (de BBA à Tébessa) soit rattaché à une colonie de janissaires. Il concentrera ses efforts sur la modernisation de son armée. Il commande lui-même les fantassins dans les expéditions. Il mobilisera toutes les tribus de l’Est pour affronter les forces coloniales et qui révèlent sa stature de guerrier notamment durant les deux grandes batailles dans la province de Constantine 1836/1837 où de nombreux généraux français ont péri.D’imposantes insurrections populaires de résistance anticoloniale ont été menées telles que celles des Ouled Sidi Cheikh, cheikh Bouamama, Cheikh El Mokrani, Cheikh el Haddad, Cheikh Bouziane des Zaatchas, de Sidi Lazrag, les Ouled Aïdoun à El Milia, dans la vallée du Mzab, à Tiaret, à Mascara, à Chlef, au Touat, à Béchar, dans la région de Tlemcen, les confins de Tamanrasset, Illizi, à Oran, les Aurès et le nord constantinois, l’Edough etc.Pélissier, sinistre et lugubre personnage, enfumait en juin 1845 toute la tribu des Ouled Riah femmes, enfants et vieillards réfugiés dans les grottes. Le Duc d’Isly écrivait : « Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux Sbéas. Fumez-les à outrance comme des renards. » Saint-Arnaud, Montagnac et Damrémond – tué durant le siège de Constantine – Lamoricière, Cavaignac sont tous de cruels officiers de l’armée d’Afrique, qui sont les auxiliaires de Bugeaud.En 1857, le maréchal Randon, que les lauriers de Saint-Arnaud empêchaient de dormir, monte à l’assaut de la Kabylie avec 25000 hommes, pour incendier toute la région. Des razzias ont été opérées chez les Ouled Naïl où plus de 25.000 moutons ont été pris et 600 chameaux chargés de butins. Dans Lettres d’un soldat, Montagnac écrivait : « Je lui ai fait couper la tête et le poignet gauche et j’arrivais au camp avec sa tête piquée au bout d’une baïllonnette et son poignet accroché à la baguette d’un fusil. Les carnages furent affreux et les rues jonchées de cadavres. Les oreilles d’Algériens valent dix francs et les femmes sont du gibier parfait ». Telle était la France dite civilisatrice.Le maréchal Bugeaud n’a pas hésité à parler du génie d’Abdelkader, même en faisant la part de l’intérêt qu’il y a pour le vainqueur à faire l’éloge du vaincu (A vaincre sans péril…) on doit reconnaître le prix de cet hommage du vieux soldat de l’empire à son jeune adversaire.Le MALG et l’industrie de l’armementDans la continuité de la résistance anticoloniale, des insurrections populaires et du mouvement national, la Révolution du 1er Novembre 1954 avait cette ambition de créer une industrie de l’armement pour faire face aux difficultés d’approvisionnements de l’étranger tant l’Algérie était surveillée par les forces coloniales. C’est dans cet esprit , à la faveur de la création du MALG, que le ministère de l’Armement et des liaisons générales dirigé par feu Si Boussouf Abdelhafid alias Si Mabrouk organisa les réseaux devant prospecter à la fois le marché des armes et surtout réfléchir à installer des fonderies en vue de fabriquer nos propres armes.C’est dans le feu de l’action révolutionnaire, raconte Si Mohamed Boudaoud, alias Si Mansour, officier supérieur de l’ALN, que la direction de l’armement avait fourni 5000 mitraillettes avec chargeurs et 5000 autres mitraillettes fabriquées en terre marocaine, rapatriées dans la région Ouest et remises aux différents bataillons de la Révolution.Ces premiers ateliers installés dès 1957 dans la partie occidentale du Maroc, faisaient travailler 300 personnes sans que les autorités marocaines découvrent que c’était bien des armes qui étaient fabriquées. Si Mansour, désigné par Ouamrane, s’est déplacé au Maroc pour l’acheminement des armes pour la Wilaya IV, telle l’opération Cadix, le 22 décembre 1956 d’Espagne, considérée comme l’une des plus importantes dans l’acheminement des armes et bombes pour l’intérieur soit 20 tonnes transportées par des camions de fruits et légumes vers Alger.Lors d’un voyage en Chin, une délégation de l’ALN, mandatée par le CNRA, dirigée par Omar Oussedik, raconte le commandant Azzedine dans Le Soir d’Algérie, a pu, après être reçue par le chef d’état-major chinois, engranger des armes et des minutions pour 180.000 hommes. De même que la Chine mettait à la disposition de notre Révolution un budget de toute une année de guerre, aide financière déposée dans une banque en Suisse.Toujours au plan de l’approvisionnement en armes pour la Révolution, Tripoli a joué un rôle important dans l’acheminement des armes pour notre cause. Bachir El Kadi, militant nationaliste des années 1940, a mis en place un réseau qui va fournir en armes la Wilaya I et les maquis de l’intérieur. Mohamed Bouazza, tombé en martyr avec le grade de capitaine, fut un de ces passeurs d’armes dans la Wilaya I.La filière par le Sud Tunisien permettait l’acheminement des armes vers Tébessa que Si Mostefa Benboulaïd faisait passer par Ghadames et Oued Souf. En 1948, l’OS avait utilisé la route de Ghadames pour le transport des armes qui ont servi pour le déclenchement de la Révolution dans les Aurès. Ahmed Ben Bella avait acheté une jeep d’occasion à Benghazi pour transporter les moudjahidine de Tripoli à la frontière tuniso- libyenne au hameau de Ragdaline où un passeur résistant tunisien Mabrouk Zenati se chargeait de la suite. Il faut dire qu’il y avait une forte présence des militaires français en Tunisie où fut arrêté Si Mostefa Benboulaïd en février 1955. C’est Med Belhadj, un militant de Biskra chargé par Si Mostefa, qui poursuivra l’acheminement des armes vers l’intérieur.Bachir Chihani, lui, qui va continuer pour reprendre contact pour l’acheminement des armes. Il établit alors le contact avec Tripoli où il dépêchera Mohamed Laourassi pour faire passer les armes. La première caravane d’armes est partie de Ragdaline vers le mois de mai 1955 grâce à un camion de huit tonnes de marque Bedford.C’est l’ère des caravanes d’armement vers l’Algérie qui va durer plus d’une année et demie. Il faut dire qu’une caravane d’une dizaine de chameaux pouvait transporter une tonne et demie d’armes. Un seul chameau peut porter plus de dix fusils, mais aussi des grenades, des mitraillettes Stern. Une fois, une caravane dirigée par Othmane Hihi a essuyé un accrochage durant trois jours dans le sud tunisien. Il faut se rappeler qu’elle coïncidait avec la bataille de Djorf dans les Nememcha entre l’ALN et l’armée française en un lieu où Chihani Bachir était en réunion avec les chefs de tribus.Athos et les premières armes en provenance d’EgypteC’est «Athos» le bateau affrété par la délégation extérieure du FLN qui, venant d’Alexandrie, a déchargé une partie de sa cargaison à Khémais, un petit port à 100 km à l’est de Tripoli. Très vite, un autre yacht, le «Dina» amènera aussi des armes d’Alexandrie.Le Président Ben Bella publiera une lettre en Novembre 1991 dont il rappelle le récit de l’épisode de ce qui va être l’affaire du «Dina» du nom de la reine de Jordanie. «C’est au Caire, dira Ahmed Ben Bella, que je rencontrais pour la première fois le frère Nadir Bouzar qui se met au service de la Révolution. C’est lui qui va se charger de diriger le yacht «Dina» où se trouvait également Mohamed Boukherouba alias Houari Boumediene. Ce fut un exploit de notre de libération nationale.» Ahmed Ben Bella dira que « jamais je n’oublierai Nadir Bouzar ; il symbolise avec d’autres le génie profond et fécond de notre merveilleux peuple. »Le 16 octobre 1956, l’«Athos», bateau battant pavillon britannique, avait été arraisonné au large d’Oran par l’armée coloniale française. La cargaison contenait 400 caisses pesant près de 100 tonnes au total dont mille mitraillettes, six canons antiaériens, 300 fusils et les minutions y afférentes acquise aupès de la Fabriqa nazionale di armi pour une somme de 80 000 dollars par Ibrahim Enayl d’origine soudanaise, spécialiste dans la fourniture d’armes. Selon des historiens, l’échec de cette odyssée est due à la trahison du radio de l’«Athos» Nicolas Cocavessis qui avait vendu la mèche.Ce Grec d’origine, aventurier parlant parfaitement le français, l’anglais, l’arabe, l’italien, l’espagnol, le grec et peu l’allemand avait déjà servi d’informateur aux services spéciaux français. Mais il est aussi en grande partie responsable de l’agression tripartite Angleterre-France-Israël. Les Français étaient au courant quatre mois à l’avance du départ de la cargaison. Ce sont les services du Mossad qui ont dévoilé l’opération.Je ne peux ne pas aborder le nom de Messaoud Zeghar sans le lier à la fabrication de l’armement au Maroc et pourvoyeur en armement à la Révolution algérienne.L’auteur du livre Seddik Larkeche n’a pas manqué de dire combien a été périlleux l’exercice de retracer la vie militante de ce résistant qui a joué un rôle majeur dans la logistique et donc l’armement au profit de la Révolution. Est-il l’homme-clé dans la diplomatie parallèle surtout dans les relations algéro-américaines avant et après l’indépendance ? C’est sous l’autorité de Si Abdelhafid Boussouf et de Houari Boumediene qu’il entama sa mission dans l’armement où il a été chargé de créer un atelier d’armement et d’approvisionner la révolution de matériel en télécom, obus, mortiers et roquettes.Le personnel de ces ateliers, en particulier à Témara près de Rabat, à Souk Laraba (Kénitra), Bouznika et Mohamadia ne pouvait sortir que de nuit pour des raisons sécuritaires. Revenons aux activités du MALG dont la base Didouche est devenue la cheville ouvrière de la Révolution et du contreespionnage. La filière se fait sur 2000 km essentiellement terrestre. Ainsi la Révolution va se doter de la base Didouche Mourad en plein désert libyen. La Wilaya II du Nord s’ouvre aux convois d’armes. La rencontre de Ben Bella avec Bourguiba va permettre, dès l’automne 1955, de faire circuler des convois de trente tonnes d’armement de Gabes vers la base de l’Est sur la frontière algéro-tunisiennes.C’est le lieu à partir duquel s’opère désormais le partage des armes entre les différentes wilayas de l’intérieur. La sortie du CCE à l’extérieur en 1957 ne change en rien l’approvisionnement en armes du maquis de l’Est algérien.(voir «Les armes de la Révolution», El Watan du 1er Novembre 2004 et Huffpost Algérie du 15 juillet 2017).Du soldat analogique au soldat numériqueL’ANP comme toutes les armées dans le monde commence à percevoir les enjeux de l’apport des TIC dans les réseaux informatiques et les télécommunications modernes. Il s’agit de les adopter dans les formations interarmées. La tendance aujourd’hui est de relever le défi sur le terrain. Une numérisation mal maîtrisée peut en effet rapidement devenir contre-productive.L’enseignement assisté par ordinateur a-t-il eu des progrès qualitatifs et pédagogiques ? Les paradigmes classiques cèdent-ils à de nouveaux paradigmes, le processus d’intégration des NTIC dans l’institution militaire notamment dans les anticipation ? Les armées bénéficient aujourd’hui d’importants transferts de connaissance de la part de la recherche civile renversant la situation qui a longtemps prévalu au cours de la guerre froide. Le flux net des informations scientifiques et techniques s’est en effet inversé au bénéfice du secteur militaire. L’émergence de ces technologies entretient cependant des relations plus complexes avec la défense. Tout comme l’économie, la défense se métamorphose autant dans les équipements que dans les logiciels. Les armées dans le monde vivent la révolution numérique et satellitaire qui codifie profondément la sécurité nationale pour laquelle recherche et développement militaire vont de pair. L’électronique n’échappe pas à cette tendance. La microélectronique a été intimement associée aux générations successives d’armement.A titre d’exemple, le Pentagone a dépensé pour la seule année 1990 environ 11 milliards de dollars, soit 10% de ses dépenses d’équipement et la maintenance des logiciels. Aux Etats-Unis ces initiatives sont intégrées dans le cadre de l’Initiative de Défense Stratégique.Comment prévenir les menaces du futur ?La sécurisation des réseaux de communication constitue la condition sine qua non du développement commerce électronique par l’intermédiaire de l’Internet. Les militaires sont appelés à engager des dépenses de R&D pour combler un vide dans la recherche appliquée.Les avancées technologiques sont de nature à améliorer les échanges d’informations, mais les systèmes ainsi crées constituent en contrepartie le point cardinal de l’économie et de la défense. Les TIC sont une arme à double tranchant car pouvant entraîner des menaces s’il y a recours à des systèmes ouverts qui faciliteraient des intrusions au cœur même du système à travers de multiples malversations.Les menaces encore potentielles qui apparaissent montrent combien les frontières de la sécurité nationale sont fluctuantes dans une longue période. C’est cette nécessité pour la défense et donc pour le secteur militaire, à un moment où on est passé du « soldat analogique » vers le « soldat numérique », d’avoir les moyens pour soutenir la recherche fondamentale. Il s’agira au secteur de prendre conscience pour anticiper toute forme de menace. C’est en ce sens par exemple que les USA, défenseurs acharnés de la libéralisation de l’économie économique mondiale, se retranchent derrière les arguments de sécurité nationale pour financer la R&D.Le secteur de la défense doit engager d’importants fonds en R&D pour sécuriser et protéger les réseaux informatiques contre toute cyber-attaque pouvant nuire aux données tenues très confidentielles par l’intrusion des virus ou toutes autres formes de logiciels nuisibles à la destruction des fichiers en temps de paix ou en temps de guerre, même s’il n’existe pas de protection absolue.En apothéose, les mots significatifs qu’avait consacrés son Excellence le Président de la République Abdelaziz Bouteflika à l’ANP dans son message adressé à la Nation à l’occasion du 64e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération: « Dans ce même sillage, nous avons fortifié les capacités de l’Armée nationale populaire (ANP), digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN) par des moyens humains et matériels, qui en ont fait une armée professionnelle, au sens propre du terme, et un bouclier solide qui préserve la sécurité du pays, des citoyens et la souveraineté territoriale de l’Algérie.A l’évocation de notre armée, je m’incline, respectueusement et humblement, à la mémoire de nos martyrs, parmi les éléments de l’Armée et des corps de sécurité tombés au champ d’honneur en accomplissant le devoir national. De même que j’adresse mes salutations et mes hommages à l’ensemble des éléments de l’ANP, officiers, sous-officiers, soldats et agents en saluant leur sens de nationalisme élevé, en étant stationnés aux frontières de notre territoire national et en s’acquittant, avec bravoure et persévérance, de leurs missions au service de l’Algérie.»Par Dr Boudjemâa Haichour REFERENCES :1-Bellais R : « Technologies d’informations et Défense » Terminal n°74 été/automne 1997.2-Bellais R/ La Perche B : « Système national d’innovation et base industrielle de Défense » 1997.3-Reimer D: « The Army and the Cyberspace at Crossroads Defense Issues 1997.4- Bellais Renaud : « Les enjeux de la maîtrise de l’information dans la Défense » Réseaux n°91 CENT/1998.5- Mohamed El Hadi Hamdadou : « Adhaa 3la Hadithet Yacht Dina et le bateau Ahos » édition Djoussour 2013 (version arabe).6- Boudaoud Mohamed alias Si Mansour « Aslihat Al Hourrya “ édition Rafar ministère Moudjahidine Alger 2016.7-Seddik S Larkeche : « Messaoud Zeghar- l’Iconoclaste algérien- La véritable histoire de Rachid Casa ». Casbah éditions Alger 2015.8- Sahli Med Cherif : « Décoloniser l’histoire- introduction à l’histoire du Maghreb et le message de Yougourtha » - Alger 2014.
DOSSIER

Un rôle précurseur à redécouvrir

La délégation extérieure du FLN

MOUVEMENT NATIONAL
FIGURES HISTORIQUES

Il était l’un des conseillers du colonel Amirouche

Il y a 60 ans, Tahar Amirouchen tombait en martyr

MEMOIRE
UNE VILLE, UNE HISTOIRE