Un symbole chargé d’histoire
Le drapeau algérien

Par Fateh Adli
Publié le 29 déc 2013
L'incident du Maroc
Le drapeau algérien toujours brandi pour exprimer l'attachement au pays
Le drapeau algérien toujours brandi pour exprimer l'attachement au pays
L'emblème national présent même à l'étranger
Hussein Dey
Ahmed Bey
Etendard de la période ottomane (XVIe - XIXe siècle)
Etendard de la période ottomane (XVIe - XIXe siècle)
Etendards portés par l'Emir Abdelkader durant les révoltes menées contre les Français, sur lesquels sont transcrits un verset coranique et une signature de l'Emir

L’incident provoqué par le nervi marocain qui arraché le drapeau national algérien au siège du consulat d’Algérie à Casablanca en cette date commémorative de la révolution algérienne, et toute la polémique qui s’en est suivie, ont eu comme effet de renchérir la valeur de cet emblème dans les cœurs des Algériens. On l’a vu lors des fantastiques scènes de liesse qui ont suivi l’annonce de la qualification de l’équipe nationale algérienne à la Coupe du monde de 2014, où le drapeau vert rouge et blanc a envahi les rues et drapé les balcons dans toutes les villes du pays.
Jamais l’Algérien ne s’est senti aussi attaché à ses valeurs nationales représentées par cet emblème qu’il redécouvre avec un bonheur inégalé. Chez la jeunesse, c’est le sentiment d’identification à une nation glorieuse qui supplante, d’un coup, une certaine distanciation aggravée par un sentiment de mal-vie pourtant ancré. Encore faut-il entretenir cette flamme et savoir fructifier l’enthousiasme qui renaît au sein de larges franges de la société algérienne.
C’est l’occasion alors de chercher à connaître l’histoire de ce drapeau, ses origines, ses évolutions, sa symbolique. Une recherche qui peut remonter jusqu’à la naissance de la nation algérienne. Car, dans sa forme actuelle, le drapeau national a accompagné le mouvement national à sa création, au début des années 1920 ; mais il est l’aboutissement final d’un long processus de représentation qui nous mène jusqu’à l’époque turque, voire encore plus loin. Les motifs portés sur l’étendard changent, d’une période à l’autre, mais les références idéologiques et nationalistes (le croissant symbolisant l’islam figurait comme le point commun à toutes les versions connues au moins depuis trois siècles), s’affirmaient au fur à mesure que se forgeait l’esprit nationaliste face à l’agression étrangère, avant de se fixer sur cette version aboutie que nous connaissons aujourd’hui.
Le besoin d’un étendard distinguant les nations les unes des autres s’est tôt fait sentir en Algérie, en proie à des invasions successives depuis les Romains et les Byzantins. Mais c’est durant la présence ottomane (du XVIe au XIXe) que l’Algérie commençait à avoir un étendard qui la distinguait des nations chrétiennes, même si jamais aucune autorité n’a réussi à imposer un emblème unique et durable. De l’époque de Dey Hussein et Bey Ahmed, par exemple, on ne trouvait pas le même drapeau. Encore que celui-ci était rarement reconnu par les autres nations, ni même par tous les alliés. C’est encore une fois l’invasion étrangère, celle des Français en 1830, qui va amener les Algériens à chercher à se doter d’une bannière unique et fédératrice, qui sera portée dans les révoltes menées contre l’occupation. L’Emir Abdelkader est considéré comme le premier dirigeant algérien à avoir brandi cet étendard sur lequel il prit soin de transcrire les symboles de la lutte contre le colonialisme, mais aussi ceux de l’appartenance identitaire : le choix des couleurs (vert et blanc), un verset coranique et une signature de l’Emir. D’autres mouvements de résistance ont institué des étendards, mais plus éphémères et plutôt improvisés, bien que le vert et le croissant revenaient presque dans toutes les tentatives initiées.
La vraie naissance du drapeau algérien coïncida avec les premières années de l’Etoile nord africaine, premier parti nationaliste algérien fondé en 1926. La première ébauche a été conçue en 1934 par les dirigeants du parti, avant d’être fixée définitivement par Emilie Busquant, l’épouse de Messali Hadj, alors leader de l’Etoile Nord africaine, dans sa forme affinée (couleurs, motifs avec le croissant et l’étoile et positionnement). La fille du leader nationaliste, Djanina Benkelfat-Messali est revenue longuement sur cet épisode dans un livre sorti cette année, et intitulé : Une vie partagée avec mon père, Messali Hadj. Cette mouture sera maintenue, mais légèrement modifiée, au début des années 1940. Le drapeau dans sa forme définitive fera son apparition, d’après les historiens, lors des manifestations réprimées du 8 mai 1945.
Durant la guerre de Libération, le drapeau vert rouge blanc flottera dans toutes les zones où l’ALN est implantée, et sera hissé dans les bâtiments abritant la délégation algérienne à l’étranger, et présenté dans les conférences et forums internationaux où les représentant algériens étaient conviés. Il sera particulièrement mis en valeur par la troupe artistique et sportive du FLN qui a sillonné le monde entier pour porter la voix de l’Algérie combattante.
Le 5 juillet 1962, date officielle de la proclamation de l’Indépendance de l’Algérie, un moment historique lorsque le colonel Mohand-Oulhadj, dernier chef de la Wilaya III historique, lève l’emblème national à Sidi-Fredj, lieu symbolique de l’invasion française. Autre geste solennel, quand, le 27 octobre 1962, l’équipe technique chargée de lancer la RTA hissa le drapeau algérien sur le siège de l’ancienne ORTF et entonna l’hymne national pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie indépendante.

Adel Fathi

GUERRE DE LIBERATION

Repère et Symbole

Le 1er novembre 1954

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Syphax et la rencontre de Siga

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