De Aïn El Fouara à Sidi El Kheir
Histoire de Sétif

Par Hassina AMROUNI
Publié le 24 nov 2012
Connue sous le nom d’Esedif à l’époque punique, puis Colonia Nerviana, Augusta Martilis, Veteranum Sitiiusum, sous l’ère romaine, devenant ensuite capitale de la Maurétanie sitifienne au IIIe siècle, l’occupation humaine de Sétif remonte à la préhistoire.
Histoire de Sétif
Une vue de la ville de Sétif à l'époque coloniale
Mosaïque du triomphe de Dionysos de Sétif
Muraille datant de l'époque byzantine
Ville de Sétif
La mosquée El Attik
Le mausolée du Sidi El Khier
Jardin Emir Adbelkader
Gare ferroviaire de Sétif

Lors de l’arrivée des Français en 1838, le site de Setifis ne présentait qu'un tas de ruines abandonnées à la place d'un fort byzantin et un seul arbre à proximité d’une source (signe de vie) au pied de cette ancienne citadelle. Près d’un siècle plus tard, en 1928, des fouilles effectuées ont permis de mettre au jour des stations datées du paléolithique inférieur (Ain El Hnech) et de l’épipaléothique (Maezloug et Ain Boucherit), des gisements d'industries et de silex ainsi que des ossements et autres animaux.

Terre fertile, d’où son nom (Zdif signifiant terres noires en berbère), cette contrée a connu plusieurs occupants, attirés par sa position stratégique (porte d'entrée ouest des hauts-plateaux constantinois) et point d'eau important grâce à ses nappes phréatiques, situées au pied des montagnes au seuil d'une plaine immense.

Ainsi, avant de subir la domination romaine, Sétif a été d’abord numide. Elle fait également partie du royaume des messasyliens avant d’être désignée capitale berbère en l’an 25 avant J.-C. Elle perd pourtant ce titre lorsque Juba lui préfère Cherchell.

En 57 après J.-C., l'empereur Nerva décide d'y établir une colonie de vétérans, elle reçoit alors divers noms tels que Colona Nerviana, Augusta Martialis ou Veteranum Sitiiusum.

Lorsque les Vandales partent de Tingi (Tanger) pour rallier Carthage, ils traversent Sétif. Aussi, en arrivant à leur tour dans la région, les Byzantins trouvent une population fort réduite. En s’y installant en l'an 539 de l'ère chrétienne, le général byzantin Salomon la dote de remparts. Il fait de Sétif la capitale de la province de la Maurétanie première. Durant la période de leur règne sur Sétif, les Byzantins tentent d’atteindre le niveau de progrès de l'empire romain, mais ils n’y parviennent pas, en raison des révoltes successives des Berbères. Ils se trouvent même dans l’incapacité de maîtriser cette situation qui devenait de plus en plus intenable notamment avec l'arrivée des premières campagnes de la conquête musulmane.

 Arrivée de la première expédition musulmane

Au milieu du VIIe siècle, les musulmans conquièrent la ville qui joue par la suite un rôle efficace dans la propagation de l'islam au niveau de toutes les régions environnantes. Trois siècles plus tard, Sétif se retrouve rattachée au califat musulman des Omeyyades, puis des Abbassides et des Fatimides. L'Etat fatimide a vu le jour grâce à l'efficace contribution de la tribu des Koutama très répandue dans cette région, plus précisément aux alentours de Beni Aziz. C’est, en effet, de là qu'est parti à la conquête de l’Egypte le chef Johar Essiqili (le Sicilien) à la tête d'une imposante armée. La ville de Caire est édifiée en 969 par les Fatimides qui s’y installent définitivement. Après le départ de ces derniers, Sétif est rattachée, au XIIe siècle, au royaume des Hammadites et ce, jusqu'à l'arrivée des Beni Hilal qui entrent en conflit avec les Almohades.

 Les Ottomans et les Français se succèdent à Sétif

Après l'invasion espagnole, les Ottomans ne tardent pas à étendre leur mainmise sur les différentes régions du pays. Durant cette période, l'autorité ottomane sur Sétif ne s'est pas faite de façon directe puisqu'elle relevait du beylik de Constantine. La ville a donc été dirigée par de grandes familles originaires de la région ou par des gouverneurs nommés par le bey de Constantine. Et c'est l'occupation française qui met fin à la régence ottomane sur Sétif.

A l’époque turque, Sétif était dominée par les grandes familles locales dont les Ameur et gouvernée par les chefs turques envoyés par les Beys de Constantine. Cette organisation a maintenu la ville loin des pouvoirs politiques et l’a menée à sa marginalisation jusqu'à l'arrivée des troupes françaises le 15 décembre 1848, guidées par le général Galbois. Cependant, ce dernier ne s’y installe qu’un an plus tard, à la hâte, n’accordant aucun égard pour les vestiges anciens, utilisant une quantité importante de pierres de tailles romaines pour les fortifications militaires.

A partir de 1870 et jusqu’à 1930, le système colonial commence à se stabiliser mais seulement au seul profit de la population européenne. Ce qui poussera des groupements à se soulever pour exprimer leur ras-le-bol et leur refus de l'inégalité. C’est d’ailleurs, au cours de cette période que naît le mouvement de renouveau culturel et religieux «Nahda» sous la direction de cheikh Ibn Badis dont l’action trouve un très large écho auprès de la population musulmane de la région de Sétif.

Hassina Amrouni

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