Une famille engagée dans la lutte libératrice
Les Khelif de Chlef

Par Bouzid
Publié le 09 avr 2019
Durant la Guerre de libération nationale, certaines familles algériennes ont donné en sacrifice plusieurs de leurs membres pour la libération du pays du joug colonial. C’est le cas de la famille Khelif de Chlef dont pas moins de 18 membres ont rejoint les rangs de l’ALN aux premières heures du déclenchement de notre glorieuse révolution.
Chahid Khelif Lahbib
Djilali Bounaâma
Chouhada de Chlef
Moudjahidine de Chlef
Moudjahidine et leurs enfants de Chlef

Frères et cousins, les Khelif perdront quelques-uns des leurs durant la Guerre de libération tandis que d’autres resteront en vie pour raconter leur combat et leur engagement pour briser les chaînes du colonialisme et arracher cette précieuse liberté.
Dès les premières heures du 1er novembre 1954, Mohamed Belhadj, Slimane, Benouali, Boualem, Abdelkader, Benabdellah, Baghdadi, Maamar, M’hamed et tous les autres membres de la famille Khelif prennent le chemin des maquis. Certains parmi eux étaient très jeunes.
Le premier à mourir en martyr est Benouali dit Si El Hadj M’hamed Khelif. Né à Ardh El Beydha (ex-Saint Facteur) près de Chlef en 1926, le fils de Miloud et de Hadj Ali Aïcha a rallié la cause nationale en 1956. Il est alors déjà marié et père de trois enfants. Mais l’appel de la révolution est plus fort. Aussi, il n’hésite pas à confier son épouse et sa progéniture à la grande famille Khelif pour monter au djebel et accomplir son devoir de révolutionnaire. Dans la Wilaya IV où il opère, Si El Hadj M’hamed fait preuve de qualités indéniables qui le font remarquer auprès de ses chefs. Courage, esprit stratège, dévouement à la cause font qu’en 1959, il est désigné commissaire politique pour la région de Chlef. Dès lors, il s’investit pleinement dans l’action politico-militaire, œuvrant, d’une part, à transmettre le message politique du Front de libération nationale envers la population afin qu’elle apporte aux moudjahidine l’aide nécessaire pour extraire ce mal qui ronge le pays depuis plus d’un siècle et, d’autre part, en mettant en place de solides réseaux de fidayîn, de logistique et de liaison entre les différentes structures de l’ALN pour assurer la réussite des combats sur le terrain. Son intérêt se portera, également, sur les familles des moudjahidine, des chouhada ainsi que des déshérités auxquels il apportera un soutien matériel et parfois psychologique. Cet homme, à la fois, charismatique et bon jouira d’un grand respect de la part de la population de sa région et, lorsqu’il tombe en martyr le 19 février 1961, la nouvelle sera relayée telle une traînée de poudre et pleurée par toute la population.
Concernant les circonstances de sa disparition, il a été rapporté par des témoins de l’époque que Si El Hadj M’hamed et son adjoint Allal se trouvaient à Orléansville (Chlef aujourd’hui). Les deux maquisards qui étaient retranchés dans une villa au centre-ville ont été dénoncés aux autorités coloniales qui ont immédiatement déployé leurs troupes, encerclant la villa de la famille Ould Larbi, connu sous le nom de Rekab où ils s’étaient réfugiés. Sentant la fin proche, Si El Hadj M’hamed et Allal parviennent à s’extraire de leur cache pour se planquer dans un local de photographe appartenant à une certaine Marie-Antoinette puis, dans un hammam appartenant à la même famille. Dans ces ultimes instants où le souffle de vie les anime encore, ils ont la lucidité de brûler tous les documents qui sont en leur possession afin de ne pas laisser derrière-eux des informations compromettantes sur leur organisation dont pourrait se servir l’ennemi. Les deux héros reposent aujourd’hui au cimetière des chouhada, situé à la sortie ouest de Chlef, sur la route d’Oran.
Son autre frère, Abdelkader Khelif dit Si El Ayachi a vu le jour en 1931. Lui aussi engagé dans la lutte armée comme son aîné, il sillonnera les maquis dans les zones 3 et 4 de la Wilaya IV. Véritable baroudeur et ne reculant devant aucun danger, il assumera les fonctions de chef de section sous le commandement du chahid Si Djilali Bounaâma avant de rejoindre le commando de Bissa dans la région de Zeboudja (Chlef). Cette unité de fidaîyin fera parler d’elle dans les monts de l’Ouarsenis jusqu’à Ténès, en passant par le Zaccar, Khemis Miliana, Ain-Defla et le Dahra. Elle multiplie les actions d’éclat contre les unités de l’armée coloniale dont les plus sanglantes furent les embuscades de Ténès, Khemis Miliana, Zaccar, El Abadia, Ain Defla ou Theniet El Had, faisant ainsi changer la peur de camp.
Il luttera aux côtés d’autres valeureux et vaillants combattants de la région dont Moussa Boufarit, Boughrab El Ouazani, Omar Benmahdjoub, Youcef Babou ou encore son cousin Mohamed Khelif.
Il ne posera les armes qu’une fois l’indépendance de l’Algérie proclamée.
De son côté, Boualem Khelif sera lui aussi un redoutable moudjahid qui affrontera l’ennemi les armes à la main jusqu’à son arrestation à quelques mois de l’indépendance, lors d’un accrochage avec les forces coloniales dans les monts de l’Ouarsenis. Connaissant l’engagement nationaliste de la famille Khelif, ses bourreaux useront de toutes les pratiques abjectes de torture pour lui soutirer des informations sur les autres membres de la famille ou sur ses compagnons de lutte. Devant son refus, il sera condamné à la peine capitale et incarcéré à la prison d’Orléansville jusqu’en 1962, date de sa libération.

Hassina Amrouni

Source :
https://www.reflexiondz.net/N-oublions-pas-les-Chouhada-_a36370.html

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