Musée à ciel ouvert
Les gravures rupestres de Tiout

Par Hassina AMROUNI
Publié le 01 avr 2018
Remontant au néolithique, les gravures rupestres de Tiout, dans la région de Aïn Sefra ont été découvertes en 1847 par le capitaine Koch et le Dr Jacquot qui, alors, participaient à une colonne de pacification menée par le général Cavaignac.
Hadjrat Mahisserat

Se situant le long de l'Atlas saharien, ces gravures préhistoriques font suite à celles de la région de Figuig à l’ouest et précèdent celles des régions d'El-Bayadh, Tiaret et Aflou, à l’Est.
Découvertes par les troupes françaises au fur et à mesure de leur progression dans l’oasis de Aïn Sefra, ces stations rupestres ont, dès 1863, fait l’objet d’études.
En 1955 et après l’indépendance, en 1964, le préhistorien français, Henri Lhote, effectue plusieurs longs séjours dans le sud-oranais complétant ainsi ses précédentes recherches en y ajoutant des centaines de descriptions. En 1970, il publie « Les gravures rupestres du Sud-oranais dans la série », Mémoires du Centre de recherches anthropologiques préhistoriques et ethnographiques (CRAPE) dirigée par Mouloud Mammeri.
Plus récemment, c’est l’anthropologue Malika Hachid qui consacrera de nombreux travaux de recherche à ce legs historique, plusieurs fois millénaire, en effectuant sur le terrain plusieurs inventaires et en publiant les fruits de ses recherches, dans plusieurs revues spécialisées.
Il faut savoir qu’il y a à Aïn Sefra plusieurs sites de gravures rupestres, à savoir : oued Dermel, Hadjrat Mahisserat, Moghar et Tahtani ainsi que Tiout nord et Tiout sud.

Oued Dermel

Se trouvant à 4 km au sud-ouest de la petite gare d'Hajrat-m-Guil, le site de Oued Dermel est situé sur l’un des deux pitons rocheux par lesquels passe l'ancienne piste construite par la Légion menant d'Aïn-Sefra à Bechar. L’ensemble de gravures, visible sur la partie ouest du piton rocheux représente quatre personnages longiformes associés à deux quadrupèdes aux pattes effilées, une antilope ou une chèvre et un bélier. Henri Lhote qui a eu à étudier ces dessins note que cet ensemble « est à rapporter à l'« école de Tazina » (du nom de la station de la région d'El Bayadh).

Hadjrat Mahisserat

Représentant un ensemble d’éléphants, les gravures de la station Hadjrat Mahisserat ont été, malheureusement, défigurées par une peinture jaune indélébile.

Moghar el-Tahtani

Située au-dessus du village de Moghar el-Tahtani, la station rupestre du même nom est, avec celle de Tiout, parmi les plus anciennes connues dans le sud-oranais. Les gravures rupestres sont visibles sur des dalles horizontales. La « Momie », figure la plus remarquable du site a été moulée et déposée au Musée du Bardo d’Alger. Quant aux autres gravures visibles sur les parois rocheuses, elles représentent des bovidés, autruches ainsi que des personnages dont le style et la technique s’apparentent à l’école de Tazina.

Tiout nord et sud

La première est connue depuis 1847, quant à la seconde, elle a été découverte plus d’un siècle plus tard, plus exactement, en 1967. On y retrouve des gravures représentant trois éléphants dont la hauteur dépasse un mètre. L’exécution des trois figures est différente, l’exécution des premières étant moins jolie que celle de dernière. C’est le constat que fera, là encore, l’un des spécialistes en la matière, en l’occurrence Lhote qui estimera qu’ « elles présentent trois styles, trois techniques de trait et trois profils différents ainsi que trois formes d'oreilles différentes, alors qu'elles sont incontestablement de la même époque ».

Hassina Amrouni  
Sources :
http://www.persee.fr/doc/jafr_0037-9166_1968_num_38_1_1426
*Divers articles de presse