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Par Hassina AMROUNI, aoû 2012.

La prise de Constantine par les troupes françaises

L'assaut donné par l'armée française lors de la prise de la ville de Constantine

Ahmed Bey a été le dernier bey de Constantine (1826-1837). Né vers 1784 d’un père turc et d’une mère algérienne, de la tribu des Ben Gana, Amed Bey prit part à la défense de la capitale lors de la prise d’Alger en 1830. Après le départ du dey Hussein pour Istanbul, Ahmed Bey continua à organiser la résistance dans la province. Avec l’accord de la population constantinoise, il choisit le drapeau rouge orné du sabre bifide, de même qu’il fit battre monnaie entre 1830 et 1837.

Le 21 novembre 1836, le maréchal Clauzel, à la tête de 10 000 hommes, se positionne sur le plateau de Mansoura, mais il ne réussira pas à prendre la ville, les autochtones y opposant une farouche résistance. D’ailleurs, lors des combats, le général Trézel sera grièvement blessé, ce qui poussera le maréchal Clauzel à battre en retraite.

Le 6 octobre 1837, une seconde expédition est décidée. Le duc de Nemours et le général Trézel stationnent près du Rocher. Après quatre jours d’attente, ils finissent par ouvrir une brèche dans l’enceinte et accèdent à l’intérieur de la ville. Là, la population les attend de pied ferme et s’engage avec eux dans un affrontement sanglant. Ahmed Bey continue à résister, y compris dans le sud et ce, jusqu’en 1848, lorsqu’il se rend à Biskra et est placé en résidence surveillée. Il mourra le 30 août 1850 à Alger. A la suite de l’occupation française, le tissu urbain de la ville de Constantine connaîtra d’importantes transformations qui iront jusqu’à sa défiguration.

Le dernier bey de Constantine fit construire son célèbre palais de 1826 à 1835. Il fit appel à deux artistes réputés, El Hadj el-Djabri, originaire de la ville, et le Kabyle El-Khettabi.

Ce palais est, aujourd’hui encore, la trace vivante du faste et du génie des bâtisseurs ottomans. Sa construction débute en 1826 et s’achève en 1835. Pourtant, le bey n’en jouira pas longtemps puisque le palais ne tardera pas à être occupé par l'armée française.

Le palais Ahmed-Bey (également appelé palais de la Division) occupe tout un côté de la place Foch (ancienne place du Palais, aujourd'hui place Si Haouès). Ce vaste édifice (5609 m2) fut construit à l'emplacement de vieilles maisons accolées les unes aux autres et fut achevé peu de temps avant la prise de Constantine par les Français.

Les bâtiments d'ordonnance assez irrégulière s'organisent autour de deux jardins spacieux et de deux cours plus petites. Au milieu se trouve le kiosque du bey qui, éclairé de tous les côtés par des fenêtres, permettait une active surveillance. C'est dans ce palais que le harem était logé.

Pour construire son palais, Ahmed Bey n'hésita pas à utiliser des matériaux de toutes provenances. Les colonnes et autres pièces de marbre furent achetées en Italie et transportées, par l'entremise du Génois Schiaffino, de Livourne à Bône, où les attendaient des caravanes de muletiers et de chameliers. Le bois de cèdre fut demandé aux tribus de l'Aurès et de la Kabylie. Les pierres de taille furent prélevées sur les ruines de l'antique Cirta. Cela ne suffit pas au bey qui réquisitionna tout ce que les principales habitations de Constantine possédaient de remarquable comme marbres, colonnes, faïences, portes et fenêtres. Visitant le palais en 1837, le peintre Horace Vernet en fera la description suivante : « Figurez-vous une délicieuse décoration d'opéra, tout de marbre blanc et de peintures de couleurs les plus vives, d'un goût charmant, des eaux coulant de fontaines ombragées d'orangers, de myrtes... enfin un rêve des Mille et Une Nuits. »

Après en avoir délogé le bey, les Français en feront d’abord le lieu de résidence du général commandant la division de l’état-major, avant d’abriter les services de la direction du génie, du bureau arabe divisionnaire, du conseil de guerre et du bureau arabe subdivisionnaire. Un buste en bronze de Napoléon III rappelle le séjour que fit l'empereur dans ces lieux en 1865.

H.A

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