L’ingéniosité d’un système défensif
Alger, ville fortifiée

Par Hassina AMROUNI
Publié le 01 jui 2012
Longtemps appelée «El Mahroussa» ou «La bien gardée», en raison d’un système défensif fort ingénieux, la Casbah d’Alger est ceinte d’un mur dont la vocation est plus défensive qu’esthétique. En effet, ses bâtisseurs, craignant les attaques ennemies, notamment, celles provenant de la mer ont entouré la cité d’une muraille qui a longtemps eu un effet dissuasif. Les bâtisseurs turcs ne sont pourtant pas les précurseurs de ce genre de constructions, les Grecs ou les Romains avant eux, ont construit des villes fortifiées pour parer aux incursions adverses. Se protéger et affirmer sa domination, telles sont, en effet, les motivations immuables présidant à l’érection d’une forteresse. Cependant, les populations antiques se caractérisant par un faible effectif et des moyens très limités, l’utilisation du terrain, et de ses ressources immédiatement disponibles, a été l’un des traits marquants des fortifications de l’époque.
La cité, le port et le mole d'Alger
Alger au début de la Régence )XVIe siècle).
La Grande Mosquée d'Alger construite à l'époque des Almoravides
Maison de la Casbah
Une rue de la Casbah
Sur les ruines d’Icosium Lorsqu’il entreprend de fonder la ville d’El Djazaïr Beni Mezghenna sur les ruines d’Icosium, ancienne ville romaine, le choix de Bologhine, fils de Ziri Ben Menad, n’est pas du tout aléatoire. Outre la présence des îlots et le bon mouillage naturel, le prince envisage très vite la possibilité d’utiliser les pierres provenant de la ville antique, une ville dont il subsistait, par ailleurs, des rues et surtout un mur d’enceinte. La ville se construit alors rapidement et la muraille qui la ceinturait dans le passé est renforcée par endroits et reconstruite en d’autres. C’est ainsi que la citadelle voit le jour en l’an 960. Le géographe arabe Ibn-Hawkal, presque contemporain de la fondation de la ville, la décrit en ces termes : «El-Djazaïr, ville environnée d’un mur, est également au bord même de la mer. …» Les Beni Mezghenna qui cultivaient blé, orge et plantes maraîchères, arriveront même à exporter leurs produits vers d’autres contrées. Malheureusement, cette belle prospérité l’exposera aux convoitises de ses voisins qui tenteront par moult moyens et occasions de l’envahir. Il faut dire que n’étant la capitale d’aucun royaume, El Djazaïr finira par subir les diverses dominations qui se succèdent en Afrique du Nord (Hammadites, Almoravides, Hafçides…).Dès leur arrivée à Alger, les frères Barberousse décident de renforcer les murailles de la médina encore vulnérable à la suite des attaques ennemies, notamment espagnoles. Une fois l’autorité de Aroudj Barberousse proclamée sur la population de la médina algéroise, au début du XVIe siècle, il entame la consolidation des défenses de la cité. Commençant d’abord par la création d’un port, il renforce ensuite l’enceinte qui est alors dotée de bastions pour l’artillerie. Se trouvant à Alger avant 1517, Léon l’Africain décrit la muraille de la ville comme étant «splendide, très forte et construite avec de grandes pierres». Pour sa part, Cervantès, captif à Alger pendant 4 ans et demi, raconte que «la plus grande partie de la muraille est en pisé de terre et par-dessus blanchie à la chaux». L’Espagnol Haëdo décrira, quelques années plus tard,  l’enceinte comme étant «vétuste, bâtie à chaux et à sable avec des créneaux à l’ancienne, la muraille a une largeur de onze à douze paumes (environ 2,5 m), une hauteur de trente paumes (plus de 6m) côté terre, qui atteint les 40 paumes (plus de 8m) côté mer». Quant à Fray Melchor, il écrit, durant la première moitié du XVIIe siècle : «Elle est (…), pour parties de pierre, en particulier celle qui regarde la mer ; et celles qui ont les trois lopins de terre sont toutes en vermeil, et quelques pans en tuf (…)»Au début du XIXe siècle, Napoléon envoie le chef de bataillon Boutin à Alger afin d’étudier une stratégie de conquête de la ville. Dans un compte-rendu fait au général, il écrit que : L’enceinte d’Alger consiste en un mur à l’antique, de 11 à 13 mètres de hauteur, couronné d’ouvertures à meurtrières et en tout de 214 embrasures à canons, garni généralement à petites distances de tours à peu près carrées, sans saillies et sans capacité.»  La Casbah, sa muraille et ses tours Au cours du XVIe siècle, les Turcs travaillent à la consolidation du mur d’enceinte. Six tours sont alors érigées des deux côtés de la muraille, constituant ainsi une partie du système défensif de la ville. Du côté de Bab-El-Oued, la première batterie, appelée Toppanet-Hammam-el-Melah, formait l’un des angles de la ville basse. Sa construction remontait au règne de Ali El-Euldj et son armement est de six canons. Plus haut, à proximité de la mosquée Sidi-Ramdane, s’élevait un second ouvrage portant le nom de ce saint homme. Il était armé de treize canons et était dénommé Toppanet-Ketâa-Erredjel. La troisième batterie, Toppanet-Haoumet-Zian, se trouvait, quant à elle, à proximité de la citadelle. Plusieurs portes étaient ensuite ouvertes dans ces remparts, permettant aux habitants, aux commerçants ou aux pêcheurs d’aller et venir librement. Elles étaient refermées à la nuit tombée.
DOSSIER

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GUERRE DE LIBERATION

L'héroïne oubliée

La Moudjahida condamnée à mort Mme Ghomrani Zohra dite Houria

FIGURES HISTORIQUES

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