Zoom sur 50 ans d'indépendance1962-2012
Un cinquantenaire placé sous le signe de la transition

Par Abderachid MEFTI
Publié le 01 jui 2012
Ahmed Ben Bella
Houari Boumediene
Chadli Bendjedid
Liamine Zeroual
Abdelaziz Bouteflika

Au lendemain de son indépendance, l'Algérie était sortie exsangue d'une longue période de colonisation (1830-1962) qui n'a pas profité, ou peu, à son peuple en matière d'enseignement et de formation et ne disposait pratiquement d'aucune assise dans le domaine socioéconomique (échanges commerciaux, système bancaire public, enseignement supérieur et recherche scientifique, santé publique, justice, enseignement général et formation, hydrocarbures et richesses naturelles), secteur névralgique de développement par excellence qui permet de faire prospérer la population. Après le déclenchement de la révolution, un certain 1er novembre 1954, l'Etat français a été amené à la table des négociations après sept ans et demi de lutte armée qui a causé des centaines de milliers de morts. L'indépendance a été recouvrée à la faveur d'un référendum prévu par les Accords d'Evian et par le biais duquel les Algériens se prononcèrent massivement pour l'autodétermination, le 5 juillet 1962.

Le 5 juillet 2012, l'Algérie célèbre le cinquantenaire de son indépendance sous le signe de la modernité et de l'essor économique, vecteurs de l'évolution de son peuple vers des lendemains meilleurs. C'est dans cette optique que les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête de l'Etat ont travaillé, bon an mal an, à la mise en place de mécanismes destinés à faire fonctionner les institutions et concouru à la mise en marche de son appareil de production. Au fil des années, le développement de l'Algérie a connu diverses étapes, dictées par des conjonctures économiques, sociales et politiques aussi bien au plan national qu'international.

Ahmed Ben Bella (1963-1965)

Les débuts laborieux du socialisme

Ahmed Ben Bella est né le 25 décembre 1917 à Maghnia, dans la wilaya de Tlemcen. Plébiscité par les urnes en 1963, il avait pour objectif d'entreprendre la construction de l'Etat et la mise place de ses institutions. Comme première mesure, il a procédé à la nationalisation des dernières propriétés coloniales et, dans la foulée, mettait en place les premières unités agricoles autogérées. Militant indépendantiste de la première heure, Ahmed Ben Bella est élu président du Conseil des ministres en 1962. Il était devenu très populaire lors de son élection à la Présidence le 16 septembre 1963. Resté peu de temps au pouvoir, il n'a pas eu le temps de mettre en œuvre ses projets. Il est renversé en 1965 lors d'un coup d'Etat organisé par son ministre de la Défense, Houari Boumediene. Il sera assigné à résidence puis libéré en 1980. Il rentre définitivement en Algérie en 1990 qu'il a quittée après une dizaine d'années d'exil. Il présidait depuis 2007 le Groupe des sages de l'Union africaine. Le président Ahmed Ben Bella est décédé le 11 avril 2012 à l'âge de 95 ans.

Houari Boumediene (1965-1978)

Début et fin d'un règne

Mohamed Boukherouba, dit Houari Boumediene, est né le 23 août 1932 à Héliopolis, dans la wilaya de Guelma. En 1955, il se retrouve dans la wilaya 5 (Ouest), à la tête de laquelle il sera élu responsable en 1957. Il occupe les postes de vice-président du Conseil et ministre de la Défense dans le premier gouvernement de l'Algérie indépendante. Son arrivée au pouvoir, le 19 juin 1965, inaugure la mise en place de structures politico-économiques destinées à encadrer la population. En 1967, la Charte communale confère aux Assemblées populaires communales, élues au suffrage universel, le soin de gérer les affaires de chaque commune. En 1969, la Charte de la wilaya crée sur le même modèle une assemblée populaire de wilaya. Celle-ci est dirigée par le wali. Sous sa présidence, la première Assemblée populaire nationale (APN) est élue le 25 février 1977. Le 24 février 1971, Houari Boumediene procède à la nationalisation des hydrocarbures et des richesses naturelles, une étape décisive vers l'indépendance économique. L'Algérie prendra possession de ses richesses naturelles et suite au conflit israélo-arabe d'octobre 1973, qui a conduit au premier choc pétrolier, elle multiplie par trois ses recettes. Ce qui a permis de développer les capacités de production de pétrole et de gaz, puis d'entreprendre des investissements destinés à conforter son économie. Le président Boumediene décédera le 27 décembre 1978 des suites d'une brève maladie.

Chadli Bendjedid (1979-1992)

Une libéralisation économique anticipée

Après la mort de Houari Boumediene, l'Algérie a un nouveau président : Chadli Bendjedid. Celui-ci est le seul à avoir exercé de hautes responsabilités sans discontinuer, depuis son engagement dans la révolution, en 1955, à janvier 1992 : chef maquisard de la base de l'est, chef de la 5e région militaire, chef de la 2e région militaire regroupant les plus importantes forces de l'ANP, coordinateur des services de sécurité et, enfin, président de la République. Il procède, dès 1980, à une libéralisation de l'économie en ouvrant les circuits de commercialisation à l'international, lance de grands chantiers de réalisation d'infrastructures (autoroutes, métro d'Alger, liaisons ferroviaires, logements…) Il favorisa les importations au détriment du développement local national. A partir de 1986, la chute des prix du pétrole mettra fin à cette politique socioéconomique. Ce qui conduisit à des événements douloureux : les émeutes du 5 octobre 1988. Elles causeront la mort de centaines de personnes. La suite des événements sera encore plus douloureuse avec la décennie noire (1992-2001), qui verra l'Algérie sombrer dans la violence suite à l'arrêt du processus électoral en décembre 1991. Le 14 janvier 1992, le Haut Comité d'Etat (HCE), un organe en charge provisoire des affaires de l'Etat, est installé sous le système d'une présidence collégiale de transition. Il sera chargé de gérer les affaires courantes du pays suite à la démission du président Chadli Bendjedid. Mohamed Boudiaf en sera désigné président le 16 janvier 1992. Il sera assassiné le 29 juin de la même année. Ali Kafi lui succède le 2 juillet 1992 jusqu'au 30 janvier 1994, lorsque le HCE est dissous et remplacé par un nouveau chef de l'Etat, Liamine Zéroual.

Liamine Zéroual (1994-1999)

Le premier président élu dans un scrutin pluraliste

Il est né le 3 juillet 1941 à Batna. A 16 ans il intègre les rangs de l'Armée de libération nationale (ALN) de 1957 à 1962. Après l'indépendance, il est envoyé suivre des formations à l'Ecole militaire de Moscou puis à l'Ecole de guerre de Paris. De retour au pays, il exercera diverses fonctions au sein de l'Armée nationale populaire (ANP), dont celles de Commandant des écoles militaires de Batna, Cherchell et de plusieurs régions militaires (6e, 3e et 5e). Il deviendra commandant des forces terrestres en 1989 avant de démissionner en 1990. Il sera nommé ambassadeur d'Algérie en Roumanie avant de quitter ce poste en 1991. En juillet 1993, il est ministre de la Défense nationale et le 30 janvier 1994, il est désigné à la tête de l'Etat pour assurer la période de transition jusqu'à l'élection présidentielle du 16 novembre 1995. Il sera le premier président algérien à avoir été élu dans un scrutin pluraliste.

Le 11 septembre 1998, il annonce, dans un discours à la nation, l'organisation d'élections présidentielles anticipées. Il quitte la Présidence de la République le 27 avril 1999.

Abdelaziz Bouteflika (de 1999 à ce jour)

De la transition à la concorde civile Avant d'être élu président de la République, Adelaziz Bouteflika fut ministre de la Jeunesse, des Sports et du Tourisme dans le premier gouvernement de l'histoire de l'Algérie de septembre 1962 à septembre 1963. Il occupera ensuite les fonctions de ministre des Affaires étrangères de septembre 1963 à mars 1979, dans les trois gouvernements sous Ahmed Ben Bella et les quatre gouvernements sous Houari Boumediène. Il a exercé la fonction de président de l'Assemblée générale des Nations unies en1974. Par la suite, il devient ministre conseiller du président de la République de mars 1979 à juillet 1980 dans le gouvernement Abdelghani. Après avoir quitté la scène politique durant 20 années, il se présentera candidat indépendant à l'élection présidentielle de 1999 qu'il remportera avec 73,8% des suffrages et devient le cinquième président de la République algérienne démocratique et populaire le 27 avril 1999. Il est réélu chef de l'Etat dès le premier tour du scrutin présidentiel de 2004, avec 84,99% des voix, puis de l'élection de 2009 avec 90,24% des voix.


Sources : divers documents historiques et archives de la Bibliothèque nationale
GUERRE DE LIBERATION
MOUVEMENT NATIONAL

Combattre pour l’Algérie

Fatiha et Cherifa Tayeb Brahim

FIGURES HISTORIQUES

L’engagement d’une femme-courage

De Toumya Laribi à Baya El Kahla

GRANDES DATES

Un camouflet pour les troupes coloniales

La grande bataille de Fellaoucène

MEMOIRE
UNE VILLE, UNE HISTOIRE

Les terres blanches des Aurès

Histoire de la ville d’ARRIS

CONTRIBUTION

IMAGES DE FEMMES NORD AFRICAINES GENEALOGIE ET CHANTS DE RESISTANCE

COLLOQUE INTERNATIONAL DE TEBESSA - Les aspects de la résistance des femmes dans L’histoire ancienne de l’Afrique du Nord