GPRA
L’Etat algérien se dessine

Par Hassina AMROUNI
Publié le 01 jui 2012
Le 19 septembre 1958 naissait le Gouvernement provisoire de la République algérienne. L'annonce officielle en avait été faite depuis Le Caire, et c'est ce même jour que son président, Ferhat Abbas, définissait les circonstances de cette naissance et les objectifs recherchés.
Assis de g à dr: Rabah Bitat, Krim Belkacem, Benyoucef Ben Khedda et Ahmed Ben Bella tous membres du GPRA
Visite des représentants du GPRA au CUBA
Ferhat Abbas assis au centre

La proclamation du GPRA est intervenue à peine trois mois après l'installation de de Gaulle à la tête de la Ve République. Ce dernier avait alors cru que c'était un coup dirigé contre lui. Pourtant, l'idée de création d'un gouvernement provisoire avait été émise bien avant par Hocine Aït Ahmed, alors qu'il était en prison. Il adresse, en effet, en février 1957, une lettre au CCE lui enjoignant de proclamer le GPRA dont la création serait une réponse à l'enlèvement, le 22 octobre 1956, des principaux dirigeants de la Révolution, dans un avion détourné. La réponse à cette doléance ne sera pas immédiate mais interviendra en temps voulu.

Naissance du GPRA

La création du GPRA a été le résultat d'un long processus, celui d'une maturation politique. La guerre de Libération nationale entrait, en effet, dans sa quatrième année à la veille de la naissance du GPRA. Compte tenu de la situation induite par la lutte armée, à savoir les nombreux succès enregistrés depuis son déclenchement aussi bien sur les plans interne qu'externe, la réussite des attaques du 20 août 1955, les nouvelles organisations issues du Congrès de la Soummam, l'unification de la Direction nationale à travers le Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA) et le Comité de coordination et d'exécution, l'intensification de l'activité diplomatique pour l'obtention du soutien de la majorité des pays arabes et de pays amis à travers le monde, il était important pour les dirigeants de la Révolution au sein du Comité de coordination et d'exécution (CCE) d'annoncer la constitution du Gouvernement provisoire de la République algérienne, surtout pour faire face à l'amplification des manœuvres françaises à l'encontre de la question algérienne et contredire toutes ces affirmations de la France relatives à l'inexistence d'un représentant légitime pour engager des négociations. Le Gouvernement provisoire mettait ainsi les autorités françaises devant le fait accompli. Entre 1958 et 1962, (trois formations du Gouvernement provisoire de la République algérienne se succédèrent.

La première formation (1958-1960) sera présidée par Ferhat Abbes. Krim Belkacem, qui sera désigné vice-président, sera aussi ministre des Forces armées. Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed et Rabeh Bitat seront les trois vice-présidents de ce gouvernement provisoire ; Mohamed Boudiaf et Mohamed Khider occuperont la fonction de ministre d'Etat ; Mohamed-Lamine Debaghine sera ministre des Affaires étrangères, Chérif Mahmoud, ministre de l'Armement et de l'Approvisionnement, Lakhdar Bentobbal, ministre de l'Intérieur, Abdelhafid Boussouf, ministre des Liaisons générales et des Communications, Abdelhamid Mehri, ministre des Affaires nord-africaines, Ahmed Francis sera chargé du portefeuille des Affaires économiques et financières, M'hamed Yazid sera à la tête du ministère de l'Information, Benyoucef Benkhedda, ministre des Affaires sociales, Ahmed Tewfik El Madani occupera la fonction de ministre des Affaires culturelles, Lamine Khene et Omar Oussedik seront secrétaires d'Etat.

La réaction de la France à la création du GPRA

Dès l'annonce de la création du GPRA, la réaction du gouvernement français ne s'est pas fait attendre. En effet, elle a immédiatement annoncé la rupture diplomatique avec tous les pays qui reconnaîtraient cette instance. Toutefois, cette menace n'a jamais pu être mise à exécution car elle aurait conduit à l'isolement de la France de la scène internationale.

Fort de la reconnaissance de 35 nations dont la Chine, l'Union soviétique et l'Inde, conscientes de la légitimité de ses actions, le GPRA a pu conclure des accords avec plusieurs pays. Il a, en outre, été signataire des conventions de Genève sur la guerre. Du côté français, il y avait une volonté d'intensifier l'action armée de la Révolution algérienne. Aussi, le gouvernement français a-t-il pris des initiatives politiques afin d'assurer une couverture à cette intensification militaire. En dépit de ces basses manœuvres, la France n'aura d'autre choix que d'aller vers la négociation avec ce qu'elle désignera comme la délégation du FLN, refusant de reconnaître au GPRA la qualité de représentant du peuple algérien. Après la signature des accords d'Evian, de Gaulle décide de recourir au droit à l'autodétermination du peuple algérien car convaincu qu'il ne peut plus poursuivre sa politique.


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